Investir dans les valeurs télécoms : les principaux moteurs de performance à surveiller
(Easybourse.com) Bien que n'étant pas destiné à être épargné par la crise économique qui devrait caractériser l'année 2012, le secteur des télécoms reste un secteur sur lesquels de bons choix d'investissement peuvent s'avérer gagnants à la fois en raison des dividendes élevés que les opérateurs ont tendance à verser, mais également et surtout du fait de la performance qui peut être générée. Trois moteurs en particulier justifieraient ainsi d'importantes appréciations des cours de bourse pour certains opérateurs : le retour du pricing power, l'innovation, et le positionnement sur les marchés émergents. Cependant, la sélection de valeurs sera nécessaire. Tout ne sera pas bon à prendre.
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Interview
Yves Maillot
Directeur des investissements
Robeco Gestion
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Interview
Joffrey Ouafqa
Analyste-Gérant
Convictions AM
Les frais financiers devraient augmenter. «Les taux d’intérêt sont en progression sur le marché obligataire or le secteur des télécoms est le
Au-delà du niveau de cash flow et du niveau d’endettement, trois éléments seront déterminants à considérer dans sa sélection de valeurs 
Les conditions d’octroie de crédit sont par ailleurs plus compliquées. « Le cas de Telenic Telecom a montré que la liquidité était bien un problème essentiel pour le secteur » prévient Mme Capron.
Mais de belles performances pourraient bien être délivrées. Au-delà du niveau de cash flow et du niveau d’endettement, trois éléments seront déterminants à considérer dans sa sélection de valeurs.
L’investissement comme facteur de hausse des prix
Le premier catalyseur pour le secteur résidera dans le retour du pricing power, autrement dit dans la capacité pour les opérateurs de répercuter une hausse des prix sur les abonnés.
Cela peut paraître surprenant lorsque l’on tient compte de ce qui s’est produit avec l’arrivée de Free sur le marché français. L’entrée en scène sur le marché du mobile d’Iliad (maison mère de Free) a eu pour conséquence un repositionnement à la baisse de l’ensemble des acteurs français sur la grille tarifaire.
Cela ne devrait cependant pas durer, assurent les analystes de Groupama Asset management et ce parce que les opérateurs, Iliad compris, vont devoir massivement investir dans les infrastructures de réseau pour répondre aux besoins de leurs clients.
«Il y a une obligation à aller investir. La technologie n’est pas suffisamment puissante aujourd’hui pour absorber l’ensemble du trafic. Si l’on prend en compte le trafic des données par les téléphones fixes, par les téléphones mobiles et par les PC mobiles et tablettes, les opérateurs n’auront pas d’autre choix que de trouver des solutions pour permettre la circulation de ces données sans engorgement» soutient Gabrielle Capron.
Le fixe n’échappera donc pas à cette nécessité de l’investissement. La quatrième génération de mobile, le LTE met quelque peu en danger le business du fixe dans la mesure où il induit une vitesse par utilisateur bien plus importante sur un réseau partagé. La concurrence par rapport au DSL peut alors s’avérer très rude, notamment dans les zones non denses. Des dépenses d’investissement dans la fibre seront nécessaires.
Les opérateurs seront, en conséquence, amenés à investir pour se différencier de par la qualité de leur réseau. Et il est très probable que les abonnés les plus exigeants soient prêts à payer davantage pour bénéficier d’un service à plus forte valeur ajoutée.
En cela, l’Allemagne, où la construction de la 4G a été lancée, peut servir
Les abonnés les plus exigeants seront prêts à payer davantage pour bénéficier d’un service à plus forte valeur ajoutée 
Une telle affirmation semble confirmée par une étude d’AlphaWise qui montre qu’en Suède et aux Etats-Unis, où l’internet mobile est déjà très fortement déployé et où des problèmes de saturation ont été rencontrés, les abonnés sont enclins à débourser davantage pour une meilleure couverture internet.
Assez ? le ratio investissement sur revenus aujourd’hui de 12% pourrait évoluer à 15%. Dès lors, un des premiers paramètres à surveiller dans la sélection de sa valeur concernera les dépenses d’investissement et les segments sur lesquels ces investissements seront effectués.
L’innovation, créatrice de valeur
Au-delà des dépenses d’investissement, un autre point crucial à surveiller de près concernera l’innovation des opérateurs du secteur.
Selon une enquête réalisée par Bluenove en mai 2011, l’élément constitutif d’une plus grande valeur ajoutée au sein d’une entreprise est l’innovation, à 57,3%. La maîtrise des coûts compte pour 1,9% dans la création de la valeur ajoutée, le développement à l’international pour 4,9%, la gestion de la marque pour 5,8% et la culture collaborative pour 30,1%.
Jusque là, c’est surtout la maîtrise des coûts qui a été privilégiée par les opérateurs télécom. Celle-ci s’est traduite par une contraction importante de la masse salariale. « L’emploi a été une des variables majeures d’ajustement du secteur. En particulier tous les postes dans les métiers techniques et les métiers spécifiques ont été réduits» précise Luisa Florez, également analyste chez Groupama AM. La marge de manœuvre s’est tellement rétrécie au fil du temps que cette dynamique est maintenant révolue.
A présent, les opérateurs ne pourront clairement se distinguer que par
L'innovation suppose la considération de la dimension utilisateurs, la dimension salariés et la dimension relative à l’écosystème 
Lorsque l’on analyse le classement des acteurs européens télécom par rapport à ces trois axes, plusieurs enseignements peuvent être tirés. En premier lieu, il y a une convergence entre les trois variables. «Les entreprises bien évaluées par rapport à la gestion de leur capital humain se trouvent bien notées sur l’axe client et l’axe écosystème» souligne Louisa Florez. En second lieu, Telenet et Iliad semblent présenter un bon mix de ces trois dimensions. Italia Telecom et Portugal Telecom figurent en revanche en bas du classement. « Ces entreprises sont implantées dans des pays où le régulateur n’a pas un rôle essentiel» explique alors Mme Florez.
L’exposition aux marchés émergents
Un autre point décisif à considérer dans le choix des opérateurs télécoms intéressera le positionnement de ces derniers sur les marchés
On voit davantage une volonté pour ces opérateurs de consolider leur position existante plutôt que de se développer sur de nouveaux marchés 
«On voit davantage une volonté pour ces opérateurs de consolider leur position existante plutôt que de se développer sur de nouveaux marchés. Même si leur situation financière est confortable, ils n’ont pas toutes les opportunités pour aller faire des opérations de M&A lourdes» mentionne Gabrielle Capron.
Et le flux de dividendes dans tout ça ?
Jusque là, pour attirer les investisseurs, le secteur des télécoms avait l’habitude de proposer un rendement des dividendes important. Cette tendance pourrait bien s’atténuer sensiblement à l’avenir.
Le secteur des télécoms avait l’habitude de proposer un rendement des dividendes important. Cette tendance pourrait bien s’atténuer sensiblement à l’avenir
Au-delà de la baisse des dividendes, un autre paramètre d’ajustement pourrait bien être utilisé par les opérateurs, cette fois ci plus positif pour le cours de bourse. Ce paramètre intéresse la rémunération. La rémunération des dirigeants dans le secteur se décompose de la manière suivante : 30% de salaire fixe, 40% de bonus court terme (à 12 mois) et 30% de rémunération long terme. «Aux Etats-Unis, la partie rémunération de long terme représente 70% de l’ensemble de la rémunération des dirigeants. On peut s’attendre à ce que la part de rémunération de long terme en Europe augmente également, en particulier pour répondre à l’impératif d’investissement de long terme» affirme Mme Florez.
Le changement réalisé au niveau de la rémunération des dirigeants pourrait en partie permettre de limiter les coupes dans les dividendes. Ainsi, un dernier point à contrôler pourrait résider dans les changements effectués au niveau de la rémunération des membres de la direction.
A lire également l'article : "Actions : les trois raisons majeures d'avoir Iliad en portefeuille"
Imen Hazgui
Publié le 21 Février 2012







