Le dollar ne sera pas mis au tapis
(Easybourse.com) Le dollar aura connu un scénario en V cette année. Fin 2008, début 2009, le dollar était haussier contre toutes les devises et les matières premières, servant de valeur refuge dans un contexte d’importante aversion au risque. Depuis le mois de mars, la normalisation des marchés a porté préjudice au billet vert, l’amenant à atteindre son plus bas niveau depuis 1978.
Ce n’est que depuis quelques jours, que le billet vert affiche une certaine remontée. Dans un contexte macroéconomique caractérisé par une forte incertitude (reprise plus forte qu’attendue versus rechute), les facteurs se contrarient, et compliquent sacrément la vie des investisseurs.
À lire dans ce dossier.
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Interview
Dominique Plihon
Professeurs d'Economie Financière
Université Paris XIII
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«Vers un raffermissement du dollar en 2010 ... »
«Vers une guerre des monnaies ?»
«Pendant une bonne partie de l’année 2009 le monde entier était vendeur de dollars, au profit de l’euro» indique Dominique Netter, présidente du comité stratégique d’allocation d’actifs au sein de la Compagnie financière Edmond de Rothschild. La devise américaine avait alors remplacé le yen en tant que première monnaie des opérations de carry trade (méthode d'intervention consistant à s'endetter dans une devise à faible taux d'intérêt et à placer ces fonds empruntés dans une autre devise à taux d'intérêt plus fort pour profiter du différentiel de taux).
La faiblesse des taux d’intérêt compte tenu de l’action très offensive de la Fed donnait la tentation à l’investisseur d’emprunter du dollar pour pas cher, et de le revendre pour le convertir en un autre actif sur la planète, exerçant de ce fait une pression baissière.
Nous apprenions ainsi le 21 octobre 2009 que pour la première fois depuis 14 mois, autrement dit depuis l'été 2008, la monnaie unique européenne avait repassé le seuil symbolique de 1,50 dollar. Le dollar avait baissait de 10% depuis le début de l’année 2009.
«Alors qu’en 2001, 100 euros équivalait à peine à une centaine de dollars, aujourd’hui 100 euros représentent environ 150 dollars. Le pouvoir d’achat d’un Européen se rendant aux Etats-Unis a progressé d’une cinquantaine de pourcentage» commente Laurent Crosnier, directeur de la gestion taux euro et crédit de Crédit Agricole AM.
Mais cette réalité est faussée car en dehors de toute spéculation sur le marché de changes, «lorsque l’on base le calcul de la valorisation du dollar par rapport à l’euro sur une approche basée sur les fondamentaux économiques qui a prévalu pendant des décennies (différentiel de taux des banques centrales, différentiel de croissance de PIB entre l’Europe et les Etats Unis), la parité se situe précisément à 1,27» explique Christophe Donay, chef stratégiste de la banque privée Pictet.
Selon le même expert, le taux d’équilibre du taux de change euro-dollar en considérant l’ensemble des forces qui font pression sur la valorisation du dollar et des forces de rappel se situe quant à lui entre 1,45 et 1,40.
Après avoir atteint un pic à 1,53, la parité est descendue de près de 10 points, permettant au dollar de toucher aujourd’hui un plus haut de trois mois et demi. Comment expliquer cette progression? Par le reverse carry trade répond Christian Rabeau. «Beaucoup d’opérations sont en train de se dénouer pour la fin de l’année. Après avoir porté des actifs autres que du dollar, les investisseurs débouclent leurs positions et rachètent du dollar pour rembourser le prêt en dollars qui leur avait été consenti. Cela est purement technique, nous ne pouvons parler de tendance».
Imen Hazgui
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Publié le 18 Décembre 2009





