ADP : la facture fiscale monte mais un dossier clé se débloque

Publié le 05 Octobre 2026

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(Zonebourse.com) - ADP maintient ses objectifs 2026 malgré un trafic parisien toujours poussif et une nouvelle menace fiscale. Pour AlphaValue, ces vents contraires pourraient ramener l'Ebitda vers le bas de la fourchette annoncée. Mais l'essentiel est ailleurs : le futur accord de régulation 2027-2034 avance, avec un rendez-vous décisif attendu en novembre.

Les vents contraires s'accumulent pour ADP : à Paris, le trafic a reculé de 0,2% à fin août sur un an, le groupe continuant à subir les conséquences du conflit au Moyen-Orient, auxquelles se sont ajoutés les travaux à Orly, où le trafic a chuté de 7% en août.Le groupe maintient pourtant son objectif d'un Ebitda compris entre 2,3 et 2,35 MdsEUR en 2026, s'appuyant notamment sur 40 à 60 MEUR d'économies, principalement au second semestre, ainsi que sur la résistance de TAV Airports.

Une facture fiscale de 40 MEURLe projet de budget français pour 2027 ajoute toutefois une difficulté supplémentaire. Dans sa forme actuelle, il pourrait entraîner dès cette année une charge additionnelle d'environ 40 MEUR au titre de la taxe sur les infrastructures. Pour Egor Sonin, analyste chez AlphaValue, cette fiscalité constitue même "le principal élément négatif à court terme". Rapportés à l'Ebitda du groupe, les 40 MEUR restent néanmoins modestes, autour de 1,7%. Mais ils représentent 80% de l'écart entre le haut et le bas de la fourchette d'Ebitda annoncée par ADP et absorberaient une bonne partie des économies prévues cette année.

Malgré cette charge potentielle, le groupe n'a pas modifié ses objectifs.AlphaValue privilégie donc le bas de la fourchette, avec un risque supplémentaire si le trafic parisien reste faible. La prolongation de la surtaxe d'impôt sur les sociétés en 2027 pourrait également coûter entre 70 et 75 MEUR au résultat net, selon le bureau d'études. Une partie de la facture devrait néanmoins pouvoir être récupérée par la suite à travers les tarifs régulés.Le dossier ERA avanceLe tableau est plus favorable du côté de l'accord de régulation économique (ERA) pour 2027-2034. Pour rappel, ce contrat-cadre fixe notamment pour plusieurs années la trajectoire des tarifs, des investissements et de la rentabilité des activités aéroportuaires régulées.

Une majorité des compagnies aériennes a approuvé le projet en septembre et l'Autorité de régulation des transports (ART) doit rendre son avis contraignant d'ici la mi-novembre. ADP espère toujours signer l'accord en décembre, pour une entrée en vigueur début 2027.Pour AlphaValue, le risque entourant ce dossier diminue donc progressivement. La remontée des taux sans risque depuis le dépôt du projet devrait en outre aider ADP à défendre le WACC de 5,8% demandé dans le cadre de l'accord.Côté commerce, enfin, pas de mauvaise surprise à ce stade. ADP maintient son objectif d'environ 32 euros de dépense par passager en 2026. Les travaux du hall K du terminal 2E de Roissy-CDG, qui pénalisent actuellement l'activité, devraient également moins peser en 2027.

AlphaValue s'attend donc à une certaine pression sur les estimations 2026 et 2027, sans remettre en cause le scénario de valorisation. Pour Egor Sonin, ADP reste avant tout une "histoire d'ERA". L'avis de l'ART attendu en novembre sera, à ce titre, le prochain rendez-vous important pour le dossier.Peu avant 13h, le titre ADP reculait de 1,1% à la Bourse de Paris, autour des 106,3 euros.Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.

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