Pré-ouverture
L'Europe vue dans le désordre, la Fed se fait moins accommodante
publié le 18/06/2026
(Zonebourse.com) - Les principales Bourses européennes sont attendues dans le désordre jeudi matin, au lendemain des annonces plus restrictives que prévu de la Réserve fédérale qui ravivent les inquiétudes sur la persistance de l'inflation et la croissance économique mondiale.
Les premières indications disponibles indiquent un repli initial de 0,3% pour le CAC 40 parisien, de 0,4% pour le FTSE à Londres et de 0,1% pour l'Euro STOXX 50, mais le DAX est attendu sur de légers gains ( 0,1%) à Francfort. Comme cela était largement anticipé par le marché, la Fed a décidé de laisser ses taux inchangés hier soir, tout en refroidissant les espoirs d'une poursuite du récent cycle d'assouplissement monétaire aux Etats-Unis.
Le communiqué publié à l'issue de la réunion de son comité stratégique (FOMC) a été marqué par un changement de ton notable, puisque la formulation qui laissait jusqu'ici entendre que de nouvelles baisses de taux restaient probables au cours de l'année a tout bonnement été supprimée.Le ton se durcit au sein de la Fed"Le FOMC de juin s'est avéré clairement hawkish : neuf décideurs politiques projettent des hausses de taux en 2026 et les prévisions d'inflation ont été nettement revues à la hausse", soulignent les analystes de Bank of America.
"Warsh a lui-même affiché une posture rigoureuse, en insistant sur l'importance de rétablir la stabilité des prix. Nous percevons désormais un risque beaucoup plus élevé d'une hausse des taux dès cette année", indique la banque américaine."La répartition des avis au sein du comité signale un net penchant en faveur d'un resserrement monétaire", renchérissent les équipes de Danske Bank."Si nous maintenons notre scénario de hausses de taux pour les mois de décembre et mars, les risques penchent désormais vers un démarrage plus précoce", avertit la banque danoise.
D'après l'outil FedWatch du CME, les probabilités d'un relèvement des taux dès la réunion des 28 et 29 juillet prochains viennent de grimper brusquement à plus de 70%.Coup de froid sur les indices américains, les taux sous surveillanceCe dernier élément a fait reculer les indices de Wall Street hier, alors que de nombreux investisseurs espéraient un message plus accommodant de la part de la banque centrale américaine au vu du récent reflux des prix pétroliers, qui pourrait laisser espérer une normalisation de l'inflation dans les mois à venir.Au coup de cloche final, le Dow Jones perdait près de 1%, le S&P 500 reculait de 1,2% et le Nasdaq 100 cédait autour de 1%.
L'orientation des contrats à terme sur indices suggère pour le moment un rebond des places new-yorkaises ce jeudi à l'ouverture.Avec la perspective d'un resserrement monétaire plus agressif de la Fed face à l'inflation, qui fait aussi craindre un impact négatif sur l'économie américaine à terme, les investisseurs sont attentifs à l'évolution de la courbe des taux américains.La prudence affichée par la Fed et les propos de Kevin Warsh ne pèsent pas sur les rendements des Treasuries dans l'immédiat, avec un 10 ans américain qui se tasse actuellement vers 4,4630%.Si l'heure est à la détente sur le compartiment obligataire, le dollar s'est vivement repris mercredi soir, soutenu par les commentaires de Kevin Warsh écartant le scénario d'un long cycle d'assouplissement Outre-Atlantique.
L'euro se stabilise pour le moment dans la zone de 1,1515 face au billet vert.L'Asie résiste, le pétrole accélère sa chuteLes annonces de la Fed n'ont pas beaucoup pesé sur la tendance en Asie, où l'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo s'octroyait une progression de l'ordre de 1,9% en fin de séance.L'indice SSE Composite de Shanghai perdait 0,3% mais le CSI 300 des principales capitalisations de Chine continentale avançait de 0,4%.Les cours du pétrole poursuivent leur correction dans le sillage de la signature du protocole d'accord américano-iranien, qui va entraîner la réouverture "instantanée" du détroit d'Ormuz et la levée "immédiate" du blocus américain selon le Pakistan.Le Brent lâche encore 2,4% à 77,6 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) perd 2,7% à 74,7 dollars, au plus bas depuis le début du mois de mars.
Ce dernier a perdu plus de 18% en un peu plus d'une semaine avec la perspective d'une issue diplomatique favorable au Moyen-Orient.Au programme macroéconomique du jour, le marché prendra connaissance cet après-midi des indicateurs avancés du Conference Board, des Inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage et de l'indice de la Fed de Philadelphie.Toujours du côté des banques centrales, la Banque d'Angleterre (BoE) rendra sa décision de politique monétaire à 13h00. Elle devrait laisser ses taux inchangés et conserver une approche prudente en la matière, voire adopter un biais haussier du fait de la résurgence des pressions inflationnistes dans le pays.Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.