Ouverture
L'effet Micron dope les semi-conducteurs européens
publié le 25/06/2026
(Zonebourse.com) - Ce matin, les marchés européens digèrent les résultats spectaculaires de Micron, publié hier soir aux Etats-Unis. Francfort gagne ainsi 0,5%, comblant pratiquement ses pertes de la veille (-0,6%). De son côté Paris gagne 0,14% et tutoie les 8 400 points, suivi de près par Londres ( 0,08%).
Très attendus après le récent trou d'air sur le secteur des semi-conducteurs, les résultats publiés cette nuit par Micron aux Etats-Unis ont largement dépassé les attentes. Concrètement, le chiffre d'affaires du 3e trimestre est passé de 9,3 MdsUSD à 41,46 MdsUSD en un an, contre des attentes à 35,91 MdsUSD.
Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 25,11 USD, nettement au-dessus du consensus situé à 20,86 USD.Cette performance rassure le secteur : STMicroelectronics signe ainsi la plus forte hausse du CAC 40 ce matin en s'adjugeant 4,3%. Soitec progresse de 6,3%, et les autres acteurs européens des "semis" ne sont pas en reste, avec notamment 5,3% pour ASM International, 5,5% pour Infineon, 4,4% pour ASML ou encore 5% pour BESI.
La dynamique globale reste pourtant marquée par la prudence sur les marchés. En effet, "de nombreux investisseurs institutionnels se délestent de leurs actions après avoir engrangé de beaux gains, un phénomène fréquent au mois de juin, tandis que les particuliers continuent d'être massivement acheteurs", analyse Alexandre Schont (iBanFirst)."Une certaine prudence commence toutefois à émerger à moyen terme, ce qui explique en partie la baisse des marchés observée ces derniers jours", ajoute-t-il.
Apaisement au Moyen-Orient, baisse du pétrole Si les armes restent muettes au Moyen-Orient, les parties restent vigilantes et le font savoir. Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a notamment critiqué les Etats-Unis pour leur "manque de sincérité" et leurs positions contradictoires concernant les accords."Les Iraniens savent que l'hostilité de l'ennemi ne s'arrête pas avec la signature d'un accord, et ils agiront à chaque étape avec vigilance et à la lumière de l'expérience acquise au cours des cinq dernières décennies, en particulier des événements des dix-huit derniers mois", a indiqué le porte-parole de la République islamique.
Néanmoins, le récent protocole d'accord entre les belligérants a permis un net recul des cours du pétrole. Ces derniers évoluent ce matin autour de 73,2 USD le baril pour le Brent, tandis que le WTI s'échange à 69,8 USD."Le trafic dans le détroit d'Ormuz se maintient à environ 30% de son niveau d'avant-guerre, mais la dynamique s'améliore. Au moins 172 navires l'ont franchi depuis le 18 juin, les primes d'assurance "risques de guerre" sur les coques ont été réduites de plus de moitié, passant d'environ 5 à 2% de la valeur des navires", souligne ce matin Frédéric Lorec, analyste pétrole chez AlphaValue."Nous estimons que la réouverture du détroit va se maintenir. L'Iran a tout intérêt à rétablir pleinement ses exportations de pétrole, celles-ci représentant environ 40% des recettes de l'Etat", ajoute le spécialiste.
Des banques centrales à la manoeuvreMalgré la détente au Moyen-Orient, Isabel Schnabel, membre du directoire de la Banque centrale européenne (BCE), a rappelé que "le cessez-le-feu ne constitu[ait] pas une raison pour que la politique monétaire baisse la garde". La responsable a fait savoir que de nouvelles hausses de taux seraient encore nécessaires, assurant que la BCE "devra continuer à relever ses taux d'intérêt afin de ramener l'inflation à son objectif de 2% à moyen terme".En Europe, le rendement de l'OAT à 10 ans est stable autour de 3,63%, tandis que le Bund de même échéance est à 2,87% (stable lui aussi).Outre-Atlantique, le rendement des US Treasuries à 10 ans a atteint 4,41%, poussant de nombreux investisseurs à s'interroger quant à l'évolution de la politique monétaire américaine cette année."Les plus optimistes envisagent un statu quo, tandis que les plus pessimistes vont jusqu'à anticiper trois hausses de taux, un scénario qui n'est absolument pas intégré dans les prix de marché.
Il est probable que la politique monétaire constitue l'un des grands thèmes boursiers de la seconde partie de l'année", juge Alexandre Schont.Des statistiques à digérer Dans le reste de l'actualité, la confiance des ménages en France a augmenté plus que prévu en juin, selon l'enquête mensuelle de l'Insee. Ainsi, l'indice est passé de 82 en mai à 84 en juin, alors que les économistes tablaient sur une hausse plus modérée (83).En revanche, la confiance des consommateurs en Allemagne (indice GfK) est passée de -29,7 le mois dernier à -29,2 en juin. Une légère amélioration, certes, mais qui reste largement sous les attentes du consensus (-27,6).Les marchés prendront par ailleurs connaissance dans l'après-midi de nombreuses données concernant les États-Unis : inscriptions hebdomadaires au chômage, commandes de biens durables, croissance du 1er trimestre, revenus et dépenses des ménages...En attendant, l'euro est stable face au billet vert et s'échange autour de 1,136 USD.Copyright (c) 2026 Zonebourse.
com - All rights reserved.