Pré-ouverture
Wall Street vue en ordre dispersé, légères fluctuations en Europe en l'absence de catalyseur
publié le 17/08/2026
par Diana Mandia
17 août (Reuters) - Wall Street est attendue en ordre dispersé et les Bourses européennes demeurent prudentes lundi à mi-séance en l'absence de ?catalyseurs majeurs, tandis que le Moyen-Orient reste dans l'impasse et que les données publiées la semaine dernière ont réduit les anticipations d'une hausse des taux aux Etats-Unis.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en baisse de 0,08% pour le Dow Jones, mais ?un gain de 0,16% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,55% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 perd 0,07% à 8.630,63 points vers 10h42 GMT. À Francfort, le Dax prend en revanche 0,10% et à Londres, le FTSE 100 gagne 0,17%.
L'indice EuroStoxx 50 avance de 0,36%, le FTSEurofirst 300 de 0,25% et le Stoxx 600 de 0,19%.
L'agenda est plutôt léger ce lundi, mais le climat devrait rester propice à la prise de risque, les investisseurs ayant revu à la baisse leurs anticipations d'une hausse ?des taux par la Réserve fédérale (Fed) le mois prochain, grâce à des données sur l'inflation plus favorables que prévu et à une baisse des ventes au détail en juillet pour la première fois en neuf mois.
Selon l'outil FedWatch du CME Group, la probabilité d'une hausse des coûts d'emprunt le mois prochain s'établit désormais à 30%, ce ?qui représente une révision considérable par rapport à l'estimation de 50% la semaine précédente.
En Europe, bien que le blocus du ?détroit d'Ormuz reste une source d'incertitude, Goldman Sachs a relevé son objectif à 12 mois pour l'indice Stoxx 600 et prévoit qu'il atteindra 695 points, contre 660 auparavant, en s'appuyant sur une croissance économique résiliente et des résultats ?d'entreprises solides.
Les craintes d'inflation restent de toute façon au premier plan, avec peu de signes d'avancées dans les négociations entre l'Iran et les États-Unis et après une nouvelle progression du prix du pétrole ces derniers jours.
L'Iran a exhorté samedi les États-Unis à accepter leur défaite, tandis que le président Donald Trump a appelé les Américains à endurer la hausse des prix du carburant, dans un contexte ?d'impasse diplomatique à laquelle le marché semble s'être plus ou moins habitué.
La semaine réserve également quelques moments ?forts, notamment dans le secteur de la consommation, avec la publication prévue dans les jours à venir des résultats de Home Depot, Target et Walmart, ainsi que les ?données préliminaires des indices des directeurs d'achat (PMI) du mois d'août dans la zone euro.
Les opérateurs ont freiné leurs ventes, du moins pour l'instant, dans le secteur des puces électroniques, même si l'ensemble des actions technologiques restent sous surveillance. Selon un billet de blog de la Banque centrale européenne (BCE), qui ne reflète toutefois pas les opinions de cette institution monétaire, une correction du marché est probable, compte tenu de l'optimisme excessif qui entoure les valeurs technologiques aux Etats-Unis.
Les investisseurs analysent également une série de données macroéconomiques ?publiées ce lundi en Chine, notamment une production industrielle ?qui a ralenti plus que prévu en juillet et une progression des ventes au détail inférieure aux attentes.
"Cette nouvelle salve de chiffres chinois montre que la morosité de la demande domestique devient persistante. ?Aucun sursaut ne s'est matérialisé sur les derniers mois et l'économie est de plus en plus dépendante de son secteur exportateur. La Chine reste une source de désinflation pour le reste du monde", écrit dans une note Bastien Drut, analyste chez CPRAM.
LES ?VALEURS À SUIVRE À WALL STREET [L8N44E0BM]
VALEURS EN EUROPE
Le laboratoire belgo-néerlandais ArgenX bondit de plus de 11% après la publication des résultats d'une étude avancée sur son médicament efgartigimod.
Le secteur européen des puces est également dans le vert, ?STMicroelectronics se hissant en tête de l'indice CAC 40 (+4,17%), tandis que les titres Soitec, ASML, ASMI et BESI emportent entre 2,5% et 3,6%. L'indice sectoriel gagne 1,14%.
Accelleron ?progresse de 7,7% après que Berenberg a relevé la recommandation sur ?le fabricant suisse de turbocompresseurs, invoquant de meilleures perspectives de croissance à moyen terme.
L'action SIG Group plonge en revanche de 16%, l'entreprise suisse d'emballages en papier ayant nommé une nouvelle directrice générale en remplacement de Mikko Keto, moins de six mois ?après sa prise de fonction.
TAUX Le rendement des Treasuries à dix ans recule de 0,8 point de base à 4,6882%, tandis que celui de l'obligation ?à deux ans perd 1 point de base à 4,1605%.
Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans avance légèrement pour s'établir à 3,2045%. Celui du titre à deux ans est quasi inchangé à 2,7868%.
Ils évoluent quand même autour de leurs plus hauts niveaux depuis ?plus de 15 ans, la perspective d'un conflit prolongé au Moyen-Orient faisant craindre que les pressions inflationnistes ne s'avèrent plus tenaces.
Contrairement aux États-Unis, les marchés monétaires estiment à plus de 90% la probabilité d'une hausse des taux en septembre par la BCE.
Le rendement des OAT françaises à 10 ans a atteint vendredi dernier 4,0448%, son plus haut niveau depuis juin 2009, dans un contexte également marqué par les craintes budgétaires dans la deuxième économie de la zone euro.
CHANGES Le dollar ressort lundi à son plus ?bas niveau depuis deux mois, les marchés ayant revu à la baisse leurs anticipations concernant une hausse imminente des taux de la Fed.
Le billet vert perd ainsi 0,23% face à un panier de devises de référence; tandis que l'euro en profite pour s'apprécier et gagne 0,21% à 1,1593 dollar.
PÉTROLE
Les cours du pétrole augmentent légèrement en raison de l'impasse au Moyen-Orient.
Le Brent, référence mondiale du marché, grappille 0,66% à 89,10 dollars le baril après avoir progressé de 6% la semaine dernière, tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 0,38% à 82,71 dollars.
"Bien que l'impasse entre l'Iran et le détroit d'Ormuz ne soit toujours pas résolue, notre scénario de base reste que les cours du pétrole se maintiendront dans une fourchette comprise entre 70 et 100 dollars, l'Iran empêchant toute baisse et les États-Unis intervenant pour tenter d'apaiser la situation dès que les cours dépassent les 100 dollars", estime dans une note Shane Oliver, chef économiste chez AMP Capital.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 17 AOÛT :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Empire State août 11 15,6
(Certaines ?données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)