Ouverture
Hausse continue des marchés européens malgré la montée des taux de la Fed
publié le 17/09/2026
(Zonebourse.com) - Près de 90 minutes après l'ouverture de la séance, les Bourses européennes poursuivent leur trajectoire haussière. Ce mouvement intervient au lendemain de la hausse des taux de la Fed, la première décidée par l'institution depuis 2023, mettant fin à près de deux ans de statu quo.
La Réserve fédérale a augmenté ses taux de 25 points de base, portant sa fourchette cible à 3,75-4%. Cette décision est conforme aux attentes et n'entrave pas la bonne dynamique des indices en Europe. Le CAC 40 se dirige vers une deuxième séance de suite dans le vert, gagnant 0,24% à 8 159,95 points.
Londres, Francfort et Amsterdam progressent respectivement de 0,45%, 0,29% et 0,22%.Pour justifier ce resserrement, la Fed s'appuie sur la fermeté des indicateurs macroéconomiques outre-Atlantique. Dans son communiqué, la banque centrale américaine juge toujours que l'activité progresse à un rythme "solide", mais souligne désormais la résilience des dépenses intérieures et qualifie l'investissement des entreprises de "robuste".
Le marché du travail ne montre parallèlement pas de faiblesse marquée à ses yeux, puisque les créations d'emplois évoluent toujours au même rythme que la population active et que le taux de chômage a "peu changé."En outre, au sujet de l'inflation, la Fed indique désormais simplement qu'elle "reste élevée", abandonnant la référence précédente aux chocs d'offre et à l'énergie, tout en précisant que la hausse annoncée doit permettre un retour "plus rapide" vers l'objectif de 2%.
Discours restrictif et divergence d'anticipations sur les marchésLors de sa conférence de presse hier, le patron de la Fed Kevin Warsh n'a pas souhaité donner d'indication précise sur la prochaine décision, rappelant qu'il n'était "pas dans le métier de la forward guidance". Il a néanmoins assuré que la Fed empêcherait les hausses de prix de se diffuser davantage dans l'économie, laissant ainsi ouverte la possibilité d'un nouveau resserrement sans préciser les conditions qui le déclencheraient.
Les marchés ont pour leur part interprété l'ensemble de sa communication comme plus restrictive encore que les projections officielles. Selon l'outil FedWatch de CME, ils intègrent désormais trois nouvelles hausses de taux, en décembre, janvier et avril, alors que le "dot plot" publié plus tôt par le FOMC ne suggère qu'une seule hausse supplémentaire d'ici la fin de l'année.Toutefois, en comparaison, le "dot plot", publié hier, fait ressortir une hausse de taux supplémentaire cette année et aucune en 2027.
"Le ton restrictif de la conférence de presse a entraîné une hausse des anticipations de taux intégrées dans les contrats à terme sur les Fed Funds et des rendements des obligations à long terme, ainsi qu'un recul des actions américaines, la hausse des taux qui en a résulté pesant sur les valorisations des actions", a commenté, suite à la réunion de la Fed, Jeff Schulze, responsable de la stratégie économique et de marché chez ClearBridge Investments (filiale de Franklin Templeton).Bastien Drut, responsable Stratégie & Analyse chez CPR AM explique de son côté qu'un cycle de hausse pourrait rester limité : " Le fait que Warsh ait ressenti le besoin d'affirmer que la Fed ne devait pas endommager le marché du travail pour juguler l'inflation trahit probablement sa vision qu'il n'est pas nécessaire d'effectuer un vrai cycle de hausses de taux.
"Au-delà des annonces de la Fed, les investisseurs gardent un oeil sur les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Les tensions se poursuivent. Les Houthis du Yémen ont fait état hier de 40 frappes saoudiennes en 24 heures dans l'ouest du pays. Cette intensification des combats survient alors que ces combattants pro-iraniens ont renforcé leur emprise sur le stratégique détroit de Bab el-Mandeb après une offensive éclair. "Des avions de guerre saoudiens ont lancé 40 frappes aériennes à l'aide d'appareils F-15 ayant décollé de la base aérienne de Khamis Mushait, visant les provinces de Taëz, Marib et Hodeida au cours des dernières 24 heures", a déclaré le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.Malgré cette escalade militaire perturbant les voies maritimes, les cours du pétrole continuent de reculer, portés par les craintes d'un ralentissement de la demande mondiale.
Le baril de Brent de la Mer du Nord perd 1,19% à 104,34 dollars. Le WTI américain recule de 0,64% à 101,34 USD.Exosens flambe, départ d'Eurobio Scientific de la Bourse Dans l'actualité des sociétés cotées, Exosens vire largement et tête du SBF 120. Le titre bondit de près de 10%, porte par le relèvement de ses objectifs pour 2026. L'entreprise de haute technologie le justifie par une forte performance au 1er semestre 2026, une dynamique commerciale soutenue ainsi que par la poursuite d'une exécution rigoureuse, qui "confortent le profil de rentabilité de référence du groupe dans le secteur". Exosens prévoit désormais un chiffre d'affaires compris entre 558 MEUR et 570 MEUR (contre 520 MEUR à 540 MEUR précédemment) et un EBITDA ajusté compris entre 186 MEUR et 192 MEUR (contre 168 MEUR à 178 MEUR précédemment) pour l'année en cours.En outre, Eurobio Scientific prépare sa sortie de la Bourse. La société EB Development, contrôlée notamment par le fonds IK Partners et la société NextStage, va déposer une offre publique de retrait (OPR) suivie d'une sortie obligatoire de la cote de l'entreprise française spécialisée dans le diagnostic in vitro et les sciences de la vie.
Cette opération est prévue en même temps que la publication des résultats semestriels de la société, le 24 septembre 2026. EB Development détient déjà 90,14 % des actions d'Eurobio Scientific et propose de racheter les titres restants au prix de 25,30 euros l'action (le même tarif que lors de l'OPA de 2024). En Bourse, Eurofins Scientific gagne 2,22%, figurant parmi les plus fortes hausses du CAC 40.En Europe, Bilfinger dévisse de 20% après avoir révisé à la baisse certains de ses objectifs financiers annuels. Le chiffre d'affaires annuel du fournisseur allemand de services industriel est attendu entre 5,3 et 5,7 milliards d'euros, contre de 5,4 à 5,9 MdsEUR précédemment. La marge d'Ebita devrait se situer entre 3,2 et 3,6%. Auparavant, elle était espérée entre 5,8 et 6,2%. Enfin, le flux de trésorerie disponible, initialement prévu entre 250 et 300 MEUR, ne devrait finalement être compris qu'entre 180 et 220 MEUR.Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.