Pré-ouverture
La France inquiète toujours, mais le vert s'impose en Europe
publié le 06/10/2026
(Zonebourse.com) - Les Bourses européennes devraient ouvrir en légère hausse mardi matin, même si la situation financière de la France continue d'inciter les investisseurs à la prudence et à limiter leurs prises de positions. A un peu plus d'une demi-heure du coup d'envoi des échanges, le CAC 40 affiche des gains théoriques de l'ordre de 0,2%, tandis que le DAX de Francfort est attendu en hausse de quasiment 0,6%.
L'Euro STOXX 50 devrait lui aussi débuter sur une progression de quelque 0,6%.Les incertitudes au sujet de la dette française n'ont cessé d'alimenter la volatilité des marchés européens depuis une semaine, entretenue par une remontée des rendements obligataires dans l'ensemble de la région.Après une première phase d'inquiétude caractérisée par une hausse relativement ordonnée des primes de risque sur la dette française, le stress a pris une tournure nettement plus inquiétante vendredi dernier, avec une brusque accélération de l'écart de taux (spreads) entre la France et l'Allemagne.
Celui-ci a dépassé le seuil des 140 points de base vendredi, un niveau inédit depuis le début de la crise de la dette de la zone euro, en 2011.Cet accroissement montre que certains investisseurs cherchent à se prémunir plus activement contre un risque de crédit, qui pourrait prendre la forme d'un défaut ou d'une restructuration de la dette hexagonale.Certains analystes jugent cependant qu'après une chute de près de 8% ces trois derniers mois, le risque politique français commence à être bien intégré dans les cours.L'évolution du dossier français reste cependant très incertaine et aucune solution ne semble de nature à se manifester sur le court terme.
"Par sa nature très psychologique, ce risque est difficile à quantifier", reconnaît François-Xavier Chauchat, économiste et stratégiste chez Dorval Asset Management."Cette pression vendeuse s'annonce difficile à inverser d'ici les échéances électorales présidentielles et législatives de 2027", prévient l'analyste, qui souligne que les craintes se nourrissent du vide politique.Certains professionnels font remarquer que le vote d'un budget affichant une réduction de déficit et la mise en oeuvre de programmes économiques plus sages pourraient permettre de débloquer la situation, sans toutefois afficher trop d'optimisme sur le sujet."Dans notre scénario de base, la France va finir par adopter les mesures budgétaires nécessaires pour apaiser la pression des marchés financiers, mais ces turbulences viennent ajouter un nouveau risque au niveau de ses perspectives de croissance", s'inquiètent ce matin les équipes de Danske Bank.
Les craintes sur l'évolution du dossier français devraient continuer de pénaliser les valeurs affichant les profils les plus risqués, telles que les financières et les cycliques.Des difficultés surtout cantonnées aux actifs hexagonaux Si certains observateurs redoutent un effet contagion, les difficultés françaises pèsent essentiellement sur les actifs locaux, le CAC 40 ayant de nouveau perdu 0,8% à 7 834 points pour de nouveau enfoncer son support immédiat fixé à 7 850 points, à des planchers de six mois.La question française et les doutes qui peuvent en découler ne font, en tout cas, absolument pas trembler Wall Street, qui a débuté la semaine en force, le Nasdaq ayant inscrit un nouveau record.La technologie et les valeurs liées à l'intelligence artificielle ont une nouvelle fois fourni l'essentiel du soutien, en particulier les mastodontes comme Meta ( 2%), Microsoft ( 2%), Nvidia ( 2%) et Tesla ( 2%).Les opérations de fusion-acquisition ont apporté un autre moteur à la séance, comme l'entreprise de logiciels autour de l'Internet des objets et de la réalité augmentée PTC ( 34%), qui s'est envolée après l'annonce de son rachat par le français Schneider Electric pour 22,6 milliards de dollars.
A la clôture, le Dow Jones progressait de près de 0,2%, le S&P 500 gagnait non loin de 0,7% et le Nasdaq 100 s'adjugeait plus de 0,8%.Malgré les incertitudes concernant le dossier français, l'euro se maintient au-dessus du seuil critique de 1,12, qu'il avait franchi à la baisse hier, ce qui montre que les cambistes sont encore loin de céder à la panique.Pour Michael Kramer, le fondateur de Mott Capital Management, la monnaie unique a toutefois atteint un niveau survendu en revenant à des plus bas depuis mai 2025."Cela ne veut pas dire que l'euro ne va plus baisser face au dollar, mais cela signifie que l'on se dirige probablement vers une pause", explique le gérant.Du côté du pétrole, les cours du Brent de mer du Nord et du brut léger américain poursuivent leur consolidation des derniers jours en réaction à quelques timides signes d'avancées au Moyen-Orient.Bien qu'aucun progrès concret vers un accord n'ait été révélé, des informations publiées par le média Axios font état d'une réunion organisée vendredi dernier à Camp David, où les principaux conseillers de Donald Trump se seraient rassemblés pour discuter des prochaines étapes concernant la guerre avec l'Iran.Sur le marché obligataire, la détente de l'or noir a entraîné une baisse du rendement des obligations d'Etat françaises à 10 ans, qui se tasse à 4,85%, mais pas du taux de référence des Bunds allemands, qui remonte lui à 3,49%.
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