Pré-ouverture
Le pétrole complique la donne et fait encore plier les actions
publié le 08/10/2026
(Zonebourse.com) - Les Bourses européennes sont toutes attendues en baisse jeudi matin, la nouvelle flambée des prix du pétrole ravivant les craintes d'inflation et de ralentissement économique et incitant les investisseurs à se détourner des actifs risqués.
Les contrats à terme suggèrent pour l'instant une ouverture en repli de 0,3% pour le CAC 40 à Paris, de 0,4% pour le DAX à Francfort et de 0,5% pour le FTSE 100 à Londres. L'Euro STOXX 50 devrait lui aussi céder autour de 0,5%.Après avoir reflué ces dernières semaines, le pétrole repart fortement à la hausse en raison de la reprise des hostilités entre les Houthis pro-iraniens du Yémen et l'Arabie saoudite, qui écarte le scénario d'une prochaine sortie de crise au Moyen-Orient tout en sapant au passage les espoirs d'un apaisement des tensions inflationnistes.
Le Brent de Mer du Nord reprend ce matin 2,4% à 102,60 dollars tandis que le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) s'adjuge 2,2% à 90,2 dollars le baril.Pour les actions européennes, qui restent très exposées aux coûts de l'énergie, ce contexte a déjà favorisé un mouvement de repli particulièrement marqué. Depuis ses records du mois d'août, l'Euro STOXX 50 a perdu non loin de 6%. A Paris, le CAC a enfoncé le seuil psychologique des 8 000 points et son support de court terme de 7 850 points, le plaçant en bonne voie pour retracer ses plus bas annuels situés autour de 7 600 points.
Même constat à Wall Street, où l'euphorie boursière liée à l'IA commence aussi à se craqueler.Si le S&P 500 et le Nasdaq 100 ont enchaîné les sommets historiques dernièrement, le rythme de la hausse est de plus en plus porté par une poignée de grandes valeurs technologiques et le reste du marché peine à suivre le rythme, ce qui n'offre pas la physionomie d'une progression saine.Pas de panique, mais ça se complique"La montée des prix de l'énergie, la remontée des rendements obligataires et les valorisations élevées des actions apparaissent de plus en plus inconciliables", prévient Andreas Lipkow, le responsable de l'analyse marchés chez CMC Markets.
"Toute la question est de savoir si cette tension débouchera sur un repli généralisé dépendra largement de la prochaine saison des résultats. C'est elle qui tranchera : les cours actuels intègrent-ils un excès d'euphorie, ou au contraire un pessimisme exagéré ?", prévient le stratège.Après trois séances de hausse, les marchés d'actions américains ont marqué le pas hier, pénalisés par la remontée du pétrole et des rendements obligataires. A la clôture, le Dow Jones cédait 0,7%, le S&P 500 perdait 0,2% et le Nasdaq 100 reculait de 0,2%.La séance a été marquée par un clair retour de l'aversion pour le risque, caractérisé par une baisse de la grande majorité des secteurs et une surperformance des valeurs défensives.
La santé, les services aux collectivités et la consommation de base ont terminé en hausse, tandis que l'industrie finissait en baisse.Le sentiment s'est notamment dégradé avec la publication des "minutes" de la dernière réunion de la Fed, qui ont confirmé que la plupart des responsables monétaires envisageaient encore une nouvelle hausse des taux d'ici la fin de l'année.Les discussions ont néanmoins fait apparaître des divergences sur l'origine des tensions inflationnistes, certains responsables mettant davantage l'accent sur le choc énergétique, tandis que d'autres restent préoccupés par la vigueur de la demande sous-jacente.Le scénario d'une hausse de 25 points de base en décembre demeure ainsi largement intégré par les marchés.
La Banque centrale européenne publiera à son tour le compte rendu de sa dernière réunion de politique monétaire à la mi-journée, ce qui devrait permettre d'éclairer la teneur des discussions en cours au sein du conseil des gouverneurs.Les analystes s'attendent à ce que le document confirme le biais de la BCE en faveur d'une poursuite du durcissement de sa politique monétaire.Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.