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Titrisation : le marché français reste extrêmement concentré

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(Zonebourse.com) - Deux sociétés de gestion contrôlent à elles seules près des trois quarts des encours logés dans des fonds de droit français.

Bien qu'ayant quasiment doublé en dix ans, le marché français de la titrisation* demeure relativement modeste. C'est ce qui ressort de la lecture du dernier bulletin publié par la Banque de France, qui recense 414 milliards d'euros d'encours pour les fonds de droit français (à la fin de l'année 2025).

En marge de ce chiffre, le principal enseignement du rapport concerne les spécificités du marché local, lequel demeure particulièrement concentré.

La titrisation traditionnelle domine

Alors que des pays comme l'Irlande ou le Luxembourg utilisent un large éventail d'outils (dépôts, titres de créance et actifs titrisés variés), la France reste centrée sur les créances titrisées (près de 76% des actifs). Cela tient aux différences de réglementations mais aussi à certaines particularités. " 80 % des titres émis par les fonds de titrisation de droit français sont autodétenus par les établissements de crédit résidents. Les grandes banques françaises utilisent ainsi la titrisation principalement comme instrument de gestion pour alléger leur bilan, libérer des fonds propres et améliorer leur capacité de financement ", indique le document en ajoutant que d'autres pays sont davantage tournés vers des opérations complexes.

Cette approche traditionnelle se retrouve ainsi dans les stratégies mises en oeuvre. La titrisation dite " cash " regroupe près de 88% des encours en France. Cette forme de titrisation la plus classique consiste à céder purement et simplement les créances sous-jacentes au fonds de titrisation. Les autres formes de titrisation (basées sur des dérivés ou des transferts de risques d'assurance) n'ont vu leur poids augmenter que faiblement ces dernières années.

Le poids des RMBS

Dans le détail, le bulletin indique également que les créances hypothécaires résidentielles (RMBS) s'élèvent à 184 milliards d'euros, soit 45% de l'ensemble du marché français de la titrisation. " Entre 2020 et 2025, elles ont progressé à un rythme plus rapide que les crédits à l'habitat eux-mêmes et représentent désormais 14,3 % des crédits à l'habitat à fin 2025, contre 9,1 % à fin 2020 ", précise le rapport. Ceci s'explique notamment par la décision de la Banque de France de ne plus accepter les créances immobilières en direct depuis 2023, mais uniquement par le biais de créances titrisées.

463 fonds

Enfin, il est à noter que la concentration est également forte en termes de fonds et d'acteurs présents. Le marché français compte 463 fonds, mais les 10 plus gros d'entre eux captent près de 54% des encours. A l'opposé, 404 fonds pèsent conjointement moins de 20% des encours, aucun de ces fonds ne dépassant la barre du milliard d'euros.

Quant aux sociétés de gestion, " deux d'entre elles gèrent respectivement 187,7 milliards d'euros pour 104 fonds et 115,3 milliards d'euros pour 172 fonds, soit 60 % du nombre de fonds représentant 73,2 % du total des encours du marché des fonds de droit français ". La Banque de France ne donne pas de nom, mais on pense bien évidemment aux deux poids lourds que sont France Titrisation (BNP Paribas) et EuroTitrisation (actionnariat multiple).


*La titrisation est un mécanisme qui permet à une entreprise (souvent une banque ou un assureur) de transformer ses créances en titres négociables. Ces derniers peuvent alors être cédés comme produits financiers à des investisseurs. Le cédant peut quant à lui récupérer de la trésorerie plus rapidement et alléger son bilan pour engager de nouvelles opérations (des prêts bancaires par exemple).

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Publié le 17 Septembre 2026 - 14h44

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