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Interview de Laurence Stoclet : directeur financier d’Ipsos

Laurence Stoclet

directeur financier d’Ipsos

Nous allons continuer d’acheter des sociétés spécialisées

Publié le 20 Novembre 2006

Un commentaire sur les résultats que vous venez de publier ?
Notre chiffre d’affaires sur les 9 premiers mois de l’année a entraîné une croissance soutenue de 24%, ce qui est tout à fait satisfaisant.

A quoi attribuez-vous la décélération de la croissance de votre activité au T3 et la faible reprise observée en septembre ?
Nous sommes dans un secteur d’activité où traditionnellement le 3ème trimestre est toujours le plus faible de l’année. En septembre, nos clients rentrent de vacances et préparent leur plan pour la fin de l’année. Mais c’est vrai que dans certaines zones géographiques, nous avons été déçus par la lenteur de la reprise au mois de septembre.

Vous tablez sur une croissance organique supérieure ou égale à 8% pour 2006 mais vous prévoyez seulement une stabilité de la marge opérationnelle. Comment l’expliquez-vous ?
Nous avons mis en œuvre un certain nombre de plans de restructuration de nos activités afin d’améliorer structurellement notre rentabilité. La fusion avec Mori réalisée l’année dernière en fait partie. Elle a entraîné des coûts exceptionnels que nous enregistrons en 2006.

Par ailleurs, nous avons revu la structure de rémunération variable de nos managers il y a 2 ans, ce qui a entraîné un coup additionnel cette année. A l’époque, nous avons voulu nous assurer que la rémunération était en ligne avec le marché, et ce n’était pas toujours le cas. Nous réalisons 50% de notre chiffre d’affaires avec une soixantaine de multinationales, et nous avons voulu associer nos principaux managers qui gèrent nos grands clients à la création de valeur, quel que soit leur pays.

Ainsi, nous avons abandonné nos plans de stocks-options pour les remplacer par l’allocation d’actions gratuites. L’objectif était d’en faire une véritable association au capital pour ceux à qui on allait les allouer. Cette revalorisation a eu un effet de 50 points de base sur notre marge.

Sans ces éléments, notre marge se serait améliorée.

Le titre Ipsos a lourdement chuté suite à votre avertissement sur la marge. Estimez-vous la sanction disproportionnée ?
Nous avons souhaité être prudents, car la reprise au mois de septembre était plus lente que ce que l’on pensait. La chute du titre a été d’autant plus disproportionnée qu’il était monté la veille, ce qui prouvait la confiance des investisseurs. La marge sera légèrement inférieure à ce que l’on escomptait, mais cela reste une très bonne performance.

Parmi vos différentes lignes de métier, quelles seront celles qui enregistreront la croissance la plus forte au 4ème trimestre et en 2007 ?
Les études publicitaires sont l’une de nos lignes de spécialisation qui croit le plus rapidement. Nous avons un savoir-faire incontestable en la matière et nous avons racheté des sociétés spécialisées dans ce domaine, ce qui a permis de mettre en commun nos savoir-faire et nos bases de données.

Nous sommes aussi l’un des acteurs majeurs du marché de l’opinion publique, dont Mori est le leader incontesté en Grande-Bretagne. C’est une activité qui apporte de la visibilité à la marque, et c’est un véritable atout pour nous.

En France, le duel Royal-Sarkozy est de nature à déchaîner les passions et alimenter de nombreuses études d’opinion. Avez-vous une idée de l’impact qu’auront les élections sur vos comptes ?
Depuis la loi sur le financement des partis politiques, les élections n’ont pas beaucoup d’impact sur nos comptes, en tout cas jamais plus d’1% de notre chiffre d’affaires. C’est très puissant en termes de visibilité, mais en termes de croissance ça l’est moins.

En matière de croissance externe, envisagez-vous de nouvelles acquisitions? Dans l’affirmative, quelle zone géographique privilégiez-vous ?
Nous venons d’annoncer une acquisition en Egypte et en Irak. Nous avons des priorités assez claires sur l’Asie du sud-est. Nous allons continuer car nous sommes dans une stratégie d’expansion géographique de notre réseau. Il y aura sans doute d’autres annonces d’ici la fin de l’année. Nous regardons notamment vers les pays émergents : nous ne sommes pas présents en Inde, en Turquie et en Indonésie et nous souhaiterions l’être. En Europe occidentale, nous allons aussi continuer d’acheter des sociétés spécialisées qui viendront renforcer certains domaines d’activité spécifiques. A l’heure actuelle, nous sommes implantés dans 46 pays et nous prévoyons de passer à 60 d’ici 2/3ans.

Quelle sera votre politique en matière de dividende cette année ?
Nous avons distribué 21% de notre résultat net en 2005 et 2006. Sur le long terme, nous souhaitons en distribuer entre 20 et 25%.


Propos recueillis par M.L.H.

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