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Interview de Stéphane RAGUSA : Fondateur et PDG de Predilife

Stéphane RAGUSA

Fondateur et PDG de Predilife

Nous prédisons l'avenir

Publié le 30 Novembre 2021


Pouvez-vous nous présenter en quelques mots votre société Predilife ?


J’ai fondé Predilife en 2004 sur un postulat : chercher à prédire le futur pour éviter certaines conséquences fâcheuses. Dans notre domaine d’application, celui du médical, ces conséquences fâcheuses sont des pathologies lourdes et parfois fatales comme les cancers. Predilife s’est donc construit sur la volonté de mettre au point des méthodes basées sur des modèles mathématiques pour évaluer le risque et anticiper. Ce qui, pour un genre de maladies qu’on ne soigne bien qu’en les décelant le plus tôt possible, représente une véritable révolution : la prédiction permet en effet d’agir efficacement, avec un fort niveau de gain médical et un moindre coût. Predilife base son modèle sur la méthode statistique des voisins: une approche innovante qui évalue, sur un nombre de personnes présentant des caractéristiques semblables, combien d’entre elles ont développé la maladie. Bref, nous puisons en quelque sorte dans l’histoire de quoi prédire le futur.

Votre dispositif Mammorisk concerne la détection du cancer du sein. Comment le décririez-vous ?

La première méthode que nous avons mise au point, Mammorisk, concerne en effet le cancer du sein. Une maladie qui touche une femme sur huit et cause environ douze mille décès annuels en France. Comme l’infarctus, c’est une pathologie qui tue beaucoup de personnes relativement jeunes. Concrètement, notre fournissons au médecin partenaire notre dispositif sous la forme d’un logiciel, d’un questionnaire et d’un test salivaire. Une fois la densité mammaire de la patiente évaluée, le questionnaire rempli et le prélèvement effectué, c’est l’institut Curie ou Eurofins qui est chargé d’analyser les résultats génétiques. Quand ceux-ci sont disponibles, ils sont intégrés dans le logiciel qui produit alors un résultat prédictif. Au médecin ensuite, en fonction de ses conclusions, d’adapter au mieux la méthode de suivi de la patiente.

Predilife a réalisé en novembre 2020 une augmentation de capital réussie. Où en est l’entreprise depuis un an ?

Depuis un an, nous avons tenu nos promesses. Les chiffres que nous avions donnés sont en effet exacts : nous aurons réalisé à la fin de l’année 2021 les 1 000 tests que nous visions, pour l’essentiel sous forme de bilans cancers du sein et de bilans généralistes. L’entreprise se porte donc bien et le déploiement commercial s’effectue selon ce que nous avions envisagé, notamment du point de vue de l’élargissement de notre offre. Nous avons aussi opté pour un changement de schéma commercial. On vendait avant via des médecins qui proposaient le test à leur patient, une stratégie trop complexe pour les circuits administratifs. Predilife a initié une nouvelle stratégie B2B via des partenariats stratégiques établis avec des mutuelles et des cabinets de conseil spécialisés RH. Une initiative qui, en s’appuyant sur l’engagement de l’entreprise en faveur de la santé de ses salariés, a entraîné une forte accélération de nos ventes.

À côté de Mammorik, centré sur la détection du cancer du sein, les bilans généralistes étaient l’un de vos objectifs de développement annoncés en 2020. Quel en est le principe ?

Nous évaluons, via le même dispositif, les principaux risques qui guettent une personne de moins de 65 ans : sein, prostate, mélanine, poumon, colon et pathologies cardio-vasculaires. Pourquoi ce type de maladies ? Parce que ce sont les principales pathologies des salariés, notre cible principale. Le perfectionnement permanent de nos solutions fait que nous prédisons de mieux en mieux l’avenir. À la manière d’un GPS, même si lui connaît avec précision la position de départ du véhicule, nous évaluons la situation initiale et ses évolutions possibles. Le type de calcul effectué est le même, et nous l’améliorons sans cesse. Ce qui nous donne la certitude que cet outil déjà fonctionnel fonctionnera de mieux en mieux. Aucune maladie n’arrive par hasard, et plus tôt on les repère, mieux on les soigne. À l’exception d’Alzheimer, c’est vrai de toutes les maladies !

Pouvez-vous nous rappeler votre stratégie de croissance et vos objectifs ?

Notre prochain objectif concerne 2022 et la réalisation de 10 000 tests. Il est bien entendu toujours valable, de façon à nous amener vers la fin 2022 à un rythme d’environ 1 000 tests par mois qui représente notre break-even. Par la suite, le déploiement se poursuivra de manière beaucoup plus large avec l’ambition de toucher un million de salariés dans cinq ans ans. 300 000 en France où travaillent 30 millions de salariés, un objectif tout à fait raisonnable. Nos interlocuteurs privilégiés pour y parvenir ne sont pas la médecine du travail mais les services RH des entreprises, souvent engagées via leurs mutuelles. Car le vrai financeur est l’entreprise, habituée à payer pour ses salariés. Ce schéma classique se retrouve dans les pays anglo-saxons et les pays peu développés. Même si, en France, la médecine du travail rend le prisme un peu différent.

Quel est le sens de la nouvelle augmentation de capital que vous allez lancer ?

Nos besoins de fonctionnement actuels sont de l’ordre de 2 millions d’euros annuels. Avec notre trésorerie actuelle nous avons donc un peu de temps devant nous, mais cherchons à alimenter notre trésorerie en vue de financer l’accélération de la commercialisation de nos produits. Pour cela, nous devons en priorité recruter de nouveaux commerciaux. Notamment sur des stratégies grands comptes, représentant des cycles de ventes longs. Nous ne prévoyons pas d’engagement de souscription pour cette opération car nous cherchons aussi à élargir la base de notre actionnariat : de 2 000 actionnaires actuellement, nous en visons 4 000 à la fin de l’opération afin d’augmenter notre liquidité.

Predilife, un investissement avisé ?


Nous sommes une entreprise de pointe de classe mondiale, actuellement encore sans concurrents sur ce segment de la médecine prédictive pour les principales pathologies. Nos produits ont fait leurs preuves, sont déjà commercialisés. Certes la durée de leur adoption massive peut être plus ou moins longue, mais l’activité est totalement dérisquée et la demande importante. C’est la raison pour laquelle je pense qu’investir dans Predilife représente aujourd’hui une réelle opportunité avec un upside potentiel très élevé.

Cet article ne doit en aucun cas s'apparenter à une recommandation d'acheter, de vendre ou de continuer à détenir un investissement. Easybourse ne saurait être tenue responsable d'une décision d'investissement ou de désinvestissement sur la base de cet article. Le placement en bourse est risqué, vous pouvez subir des pertes.

Propos recueillis par Aymeric Jeanson