Fermeture
Les marchés européens s'éparpillent avant la BCE
publié le 10/06/2026
(Zonebourse.com) - Les Bourses européennes ont clôturé à la séance de ce mercredi en ordre dispersé, dans un contexte d'escalade des tensions au Moyen-Orient. L'Iran et les Etats-Unis ont échangé des frappes mardi, à la suite de la destruction d'un hélicoptère américain.
Le président américain Donald Trump a pointé du doigt Téhéran sur la lenteur des négociations d'un accord de paix. Le CAC 40 s'est replié de 0,51% à 8 161,83 points. L'Eurostoxx 50 a cédé 0,39% à 6 026,03 points. Londres et Amsterdam ont progressé, en revanche, de respectivement 0,27% et 0,64%.
A Wall Street, les indices reculent. Le Dow Jones cède 1,03%, vers 17h45. Dans un message diffusé sur le réseau Truth social, Donald Trump a jugé ce mercredi que les Iraniens avaient "mis trop de temps à négocier un accord qui aurait été excellent pour eux", précisant qu'ils allaient "devoir en payer le prix".
"L'armée iranienne est un chaos complet et total. Une bonne partie, comme leur marine et leur armée de l'air, n'existe même plus - elles ont été totalement vaincues", a-t-il ajouté. "L'Iran, c'est beaucoup de paroles et aucune action. Le tyran du Moyen-Orient est MORT!!!". De son côté, l'Iran a annoncé aujourd'hui avoir visé des bases américaines du Golfe en représailles à des frappes de Washington contre des cibles iraniennes près du détroit d'Ormuz.
Cette escalade intervient après la destruction d'un hélicoptère américain, une attaque que les États-Unis imputent à Téhéran..A la suite de ces affrontements, Esmaeil Baghaei, le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, a reproché à Washington de saper la diplomatie par des messages contradictoires, des changements de position et des violations répétées du cessez-le-feu.Dans un communiqué, ce ministère a "réaffirmé la responsabilité légale et morale de tous les pays de la région du Golfe [.
..] d'empêcher l'armée américaine et Israël d'utiliser leur territoire ou leurs installations pour planifier, organiser, exécuter ou soutenir des actions hostiles contre l'Iran". Il a signalé que l'Iran "n'hésiterait pas à exercer son droit inhérent à la légitime défense" en ciblant notamment les bases et installations logistiques utilisées pour les opérations contre Téhéran.Pékin s'est dit aujourd'hui "profondément préoccupé" par les frappes entre les deux camps et les exhorte à "stopper l'escalade de la situation".
Dans ce contexte, les cours du pétrole remontent mais se situent toujours sous le seuil des 100 dollars. Le Brent gagne 0,24% à 92,56 USD vers 17h45. Le WTI avance de 0,28% à 89,50 USD.Dans l'actualité des sociétés cotées, Soitec (-10,56%) a dévissé enchaînant une deuxième séance de chute. Le titre a été victime de propos défavorables de Jefferies, qui a dégradé son opinion de "conserver" à "sous-performance", ainsi que d'une note assez mitigée de Berenberg, qui a maintenu son conseil à "conserver". Les deux brokers ont pourtant remonté leurs objectifs de cours, passant respectivement de 45 à 85 EUR et de 28 à 138 EUR.
En Europe, adidas ( 2,84%) a signé ce mercredi la plus forte hausse de l'indice DAX 40 à la Bourse de Francfort dans le sillage d'une note de RBC. La banque canadienne estime que "le fabricant allemand d'articles de sport bénéficie d'une forte visibilité au niveau de ses résultats grâce à la vigueur actuelle de ses activités de distribution directe aux consommateurs (DTC), qui regroupent les ventes de ses boutiques exploitées en propre ainsi que ses métiers dans le commerce en ligne". Au vu de ses gains de parts de marché, à la fois dans les chaussures et les vêtements, RBC déclare s'attendre à ce que le groupe finisse par revoir à la hausse ses objectifs financiers pour l'exercice 2026.
En outre, l'action WH Smith (-15,60%) a décroché à la Bourse de Londres à la suite de l'annonce d'un projet d'augmentation de capital destinée à réduire son recours à l'endettement représentant près de 20% de sa valorisation boursière. Cette nouvelle vient s'ajouter à la révision à la baisse de ses objectifs annuels. La chaîne de librairies britannique anticipe désormais qu'un bénéfice imposable hors exceptionnels de 75 à 90 millions de livres sur l'exercice 2026, contre une précédente estimation comprise entre 90 et 105 MGBP.La BCE en ligne de mireDemain à 14h15, les investisseurs prendront connaissance de la décision de politique monétaire de la BCE à l'issue de sa réunion.Patrick Barbe, responsable de l'investissement obligataire Investment grade en Europe chez Neuberger Berman, considère que "le principal risque lié au conflit iranien devrait venir du ralentissement de la croissance, la hausse des prix de l'énergie étant pour l'instant principalement limitée au pétrole.
La détérioration de la confiance des ménages pèse déjà sur la consommation". "Toutefois, les dernières déclarations de plusieurs membres de la BCE indiquent qu'ils n'anticipent pas de récession. La BCE devrait donc privilégier une hausse de ses taux directeurs de 25 points de base lors de cette réunion. Au-delà, en l'absence d'effets de second tour et compte tenu de la faiblesse de l'activité dans la zone euro, nous pensons que la BCE procédera davantage à un ajustement de sa politique monétaire qu'à un véritable cycle de hausses de taux. Nous anticipons ainsi deux hausses de taux cette année", fait-il savoir.De son côté, Indosuez WM anticipe aussi deux hausses de taux temporaires de la BCE cette année, en juin et juillet. "Le principal moteur de notre scénario est la poursuite de la hausse des anticipations d'inflation, les anticipations des ménages atteignant 4%, niveau similaire aux mesures de marché telles que les swaps d'inflation à un an. Selon nous, la BCE est de plus en plus préoccupée par le risque d'ancrage des anticipations d'inflation, d'autant que les enquêtes continuent de montrer une hausse des intentions de hausse de prix de vente".
USA : l'inflation progresse comme prévu en maiAu chapitre statistiques, au mois de mai, l'inflation américaine n'a pas réservé de mauvaises surprises. L'indice des prix à la consommation a connu une hausse de 0,5%, comme prévu, portant l'augmentation en rythme annuel à 4,2%, conformément aux attentes. Elle signale toutefois une accélération par rapport aux 3,8% enregistrés en avril.En données core, hors alimentation et énergie, la hausse mensuelle a été de 0,2%, soit 0,1 point de moins que prévu. En rythme annuel, les données sont conformes au consensus avec une progression de 2,9%, contre 2,8% un mois plus tôt."Alors que les mesures de l'inflation sous-jacente indiquent des hausses de prix plus limitées et qu'une grande partie de la hausse provient directement du pétrole (énergie) ou indirectement des tarifs aériens, cette publication suggère que les pressions inflationnistes résultant du choc pétrolier demeurent, à ce stade, maîtrisées pour l'économie américaine", relève Josh Jamner, Senior investment strategy analyst chez ClearBridge Investments (filiale de Franklin Templeton) à ce sujet.Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.