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Après Lagarde et les Houthis, les marchés relèvent la tête
publié le 24/07/2026
(Zonebourse.com) - Les principales places boursières européennes achèvent cette dernière séance de la semaine sur une note positive, le CAC 40 s'adjugeant 0,88%, à 8 372 points, juste derrière Londres ( 0,9%) et Francfort ( 1,33%). Sur l'ensemble de la semaine, les performances sont un peu plus modestes avec 0,40% pour Paris, 1,05% pour Francfort et 1,28% à Londres.
La semaine qui s'achève a été marquée par une intensification des tensions au Moyen-Orient. Alors que les États-Unis bombardent maintenant depuis 13 nuits consécutives des installations en Iran, les Houthis, ont annoncé un blocus du détroit de Bab-el-Mandeb ciblant les navires battant pavillon saoudien.Ces rebelles yéménites, soutenus par Téhéran, s'élèvent contre "l'ennemi criminel saoudien".
Selon leur porte-parole, Yahya Saree, Riyadh conduit "un siège injuste et oppressif contre notre cher peuple depuis près de douze ans, pillant nos ressources et imposant un blocus complet sur nos ports et aéroports par voies terrestre, maritime et aérienne".Toujours sur le front géopolitique, Donald Trump vient d'annoncer sur Truth Social avoir eu l'assurance de Pékin et de Moscou qu'ils ne vendaient pas d'armes à l'Iran.
Ces "deux pays majeurs souvent évoqués dans le contexte du dossier iranien ne sont pas, à mon avis, impliqués dans ce type de transactions. S'ils le faisaient, les conséquences seraient très néfastes pour eux", a soutenu le président.Le pétrole sous surveillanceL'extension du conflit au Moyen-Orient vers la mer Rouge a toutefois provoqué une envolée des cours du pétrole : hier, le Brent a même franchi le seuil symbolique des 100 USD le baril (après que les Houthis ont ciblé deux navires saoudiens en mer Rouge) avant de se détendre aujourd'hui autour des 98 USD (-2,7%).
Cette légère décrue pourrait être due à plusieurs facteurs : aucun autre navire n'a pour l'instant été pris pour cible à Bab-el-Mandeb depuis hier. Par ailleurs, l'OPEP devrait approuver une nouvelle hausse des quotas de production de 188 000 barils par jour pour le mois de septembre lors de la réunion du 2 août, ce qui constituerait une quatrième hausse mensuelle consécutive.Depuis avril, l'organisation a augmenté les quotas d'environ 1,15 million de barils/jour (mb/j), rapporte Frédéric Lorec, analyste pétrole chez AlphaValue, se rapprochant des niveaux d'avant guerre.
Sauf que les chiffres de production, eux, évoluent autour des 36,3 mb/j en juin, contre environ 43 avant le déclenchement de la guerre. Ainsi, si les quotas augmentent, la production diminue. "Nous demeurons convaincus que l'écart entre les quotas annoncés et les barils réellement disponibles soutient les prix bien au-delà de ce que suggère la communication de l'OPEP ", pointe l'analyste. BCE : rendez-vous en septembreSans surprise, la BCE a laissé ses taux directeurs inchangés en juillet. "Le ton implicitement plus restrictif adopté en juin s'était progressivement atténué lors du forum de Sintra, à mesure que les prix du pétrole reculaient après le protocole d'accord (MOU)", note-t-on chez Deutsche Bank.
Sauf que le ton s'est à nouveau durci avec la reprise de l'escalade du conflit au Moyen-Orient. Lors de sa conférence de presse, Christine Lagarde a d'ailleurs révélé que certains membres du Conseil étaient favorables à un relèvement des taux dès cette réunion et a souligné que la BCE suivrait les données économiques avec une très grande attention d'ici la réunion de septembre."Au vu de cette communication et de la nouvelle flambée des prix de l'énergie, une deuxième hausse des taux en septembre apparaît désormais très probable. Une telle décision serait également cohérente avec les simulations de notre modèle macroéconomique, qui continue d'anticiper un dernier relèvement. Nous maintenons donc notre prévision d'un taux de dépôt terminal de 2,50% en septembre", indiquent les économistes de chez Goldman Sachs.
Les valeurs en mouvementSur le front des marchés, l'indice parisien est tiré par Dassault Systèmes, qui s'adjuge 7,90% après avoir publié ses résultats hier. Le titre a gagné 11,64% en deux séances.Parmi les autres mouvements notables, Carrefour signe la plus forte baisse du CAC 40 et abandonne 4,85% après un 1er semestre en demi-teinte, laissant apparaître un résultat opérationnel courant (ROC) de 757 millions d'euros, inférieur au consensus, qui tablait sur 779 millions d'euros.Notons aussi la performance d'Argan ( 14,98%) après l'annonce d'un projet de fusion transfrontalière par échange d'actions avec le belge WDP. Cela donnerait naissance à un géant de l'immobilier logistique valorisé à 13 MdsEUR et présent dans huit pays.Ailleurs en Europe, SAP se distingue avec un gain de 9,26%. Si le géant informatique a dévoilé des profits décevants en raison de dépenses en R&D, ceux-ci ont été éclipsés par des revenus meilleurs que prévu grâce au dynamisme du Cloud.
Enfin, Neste recule de 6,43% après la publication d'un résultat opérationnel au deuxième trimestre légèrement inférieur aux attentes, malgré une marge record dans le segment des énergies renouvelables. La déception sur le bénéfice suffit à sanctionner le titre dans un marché déjà fragilisé par la remontée du Brent au-delà de 100 USD.Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.