Pré-ouverture
Wall Street vue dans le désordre, l'Europe prudente face à l'inflation
publié le 08/09/2026
par Diana Mandia
8 septembre (Reuters) - Wall Street est attendue en ordre dispersé à son retour d'un week-end prolongé et les Bourses européennes se ?montrent timides mardi à mi-séance, les craintes inflationnistes liées au Moyen-Orient continuant de peser sur le moral des investisseurs avant la décision de la Banque centrale européenne (BCE) sur les taux.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en baisse ?de 0,80% pour le Dow Jones et de 0,3% pour le Standard & Poor's-500, tandis que le Nasdaq devrait ouvrir presque inchangé.
À Paris, le CAC 40 grappille 0,02% à 8.307,57 points vers 11h20 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,13% et à Londres, le FTSE 100 prend 0,05%.
L'indice EuroStoxx 50 cède 0,02%, le FTSEurofirst 300 0,13% et le Stoxx 600 0,08%.
Les prix du pétrole continuent de grimper et avoisinent mardi les 100 dollars le baril, les tensions persistantes ?au Moyen-Orient montrant à quel point une paix durable est encore lointaine.
Les Houthis, mouvement soutenu par l'Iran, ont revendiqué mardi des attaques de drones et de missiles balistiques contre des installations du géant pétrolier Aramco dans le sud de l'Arabie saoudite, et les autorités saoudiennes ont annoncé que l'activité avait été suspendue ?sur plusieurs sites énergétiques du pays, premier exportateur mondial de pétrole.
Les frappes de mardi interviennent après un avertissement lancé ?par l'Iran déclarant que les infrastructures énergétiques à travers le Golfe, notamment les intérêts pétroliers et gaziers des Etats-Unis dans la région, étaient vulnérables.
Le Brent, le contrat de référence pour le marché, avance de 1,59% ?à 98,54 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) gagne 2,54% à 93,80 dollars.
"L'évolution des cours reflète à la fois une véritable pénurie physique ? le trafic de pétroliers dans le détroit d'Ormuz reste bien inférieur à la normale ? et une prime de risque géopolitique manifeste. À l'heure actuelle, c'est cette prime de risque qui pèse le plus lourd", ?estime Tim Waterer, analyste chez KCM Trade.
Comme à chaque fois que les tensions s'intensifient, les ?craintes liées à l'inflation énergétique viennent assombrir le moral, cette fois-ci à quelques jours de la décision de politique monétaire de la BCE, prévue jeudi.
Un relèvement ?de 25 points de base des coûts d'emprunt de la zone euro est quasiment acquis, et les marchés estiment à environ 80% la probabilité d'une nouvelle hausse d'ici décembre.
Les marchés américains ont également les yeux rivés sur la politique monétaire. La Bourse de New York est restée fermée lundi en raison d'un jour férié, mais elle rouvre mardi avec deux indicateurs clés à l'ordre du jour de la semaine : l'indice des prix à la production (PPI), prévu jeudi, et celui ?des prix à la consommation (CPI), qui sera publié ?vendredi, à une semaine de la décision de la Réserve fédérale (Fed) sur les taux.
Les investisseurs ont revu leurs paris sur l'évolution des coûts d'emprunt de la Fed à la suite d'un ?rapport sur l'emploi du mois d'août plus solide que prévu. Selon l'outil FedWatch de la CME, les opérateurs estiment désormais à 58,4% la probabilité d'une hausse des taux ce mois-ci, la banque centrale disposant, grâce à la résilience de ?l'économie américaine, d'une plus grande marge de manoeuvre pour se consacrer à sa mission de maîtrise de l'inflation.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
VALEURS EN EUROPE
À Paris, Société générale recule de 1,47% après que ?JP Morgan a abaissé sa recommandation sur la valeur et conseillé d'éviter les banques françaises, invoquant notamment les risques liés à l'incertitude politique et budgétaire ?de la deuxième économie de la zone euro.
Crédit Agricole et ?BNP Paribas perdent 0,8% chacune.
Rubis bondit de 4,3% à la faveur du relèvement de son objectif annuel de résultat opérationnel, tandis que BIC recule de 1,3% après avoir dit anticiper un taux de croissance annuel moyen du chiffre d'affaires ?organique d'environ 3% sur la période 2026-2030.
Ailleurs en Europe, l'action Novartis plonge de 9,5%, le groupe pharmaceutique suisse ayant annoncé qu'une ?étude portant sur son médicament del-desiran, destiné au traitement d'une forme d'atrophie musculaire, n'avait pas atteint un critère clé. Il s'agit du deuxième revers en une semaine pour le groupe, qui avait vu lundi son action chuter de 3,1% après l'échec de son médicament contre ?le cholestérol.
TAUX
Les rendements obligataires de la zone euro sont quasi inchangés mardi, tout en restant proches de leurs plus hauts depuis plusieurs années, sur fond de craintes inflationnistes, d'incertitude politique en Allemagne et en France et d'attentisme avant la réunion de la BCE.
Le rendement du Bund allemand à dix ans cède 0,6 point de base à 3,3772%. Le deux ans est quasi stable à 2,9893%.
En France, le rendement de l'OAT à dix ans ressort à 4,2430%, près ?de son plus haut niveau depuis 2008.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans avance de 1,8 point de base à 4,8023%. La vente massive d'obligations américaines a poussé le rendement des titres du Trésor à 10 ans à avoisiner les 5%, un niveau inédit depuis près de deux décennies et dont les répercussions seraient diverses.
Le deux ans est stable à 4,3790%.
CHANGES
Sur le marché des changes, les investisseurs sont attentifs à la forte appréciation du yen, déclenchée en partie par les attentes croissantes d'un relèvement des coûts d'emprunt de la Banque du Japon (BoJ)la semaine prochaine.
La devise japonaise a atteint mardi son plus haut niveau depuis près de sept mois, à 152,89 pour un dollar, ce qui a exercé une pression sur le billet vert, qui perd 0,19% face à un panier de devises de référence.
L'euro perd à son tour 0,09% pour s'établir à 1,1611 dollar.
PLUS AUCUN INDICATEUR ÉCONOMIQUE MAJEUR À L'AGENDA DU 8 SEPTEMBRE
(Certaines données ?peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)