Pré-ouverture
Wall Street vue dans le désordre après les "midterms", l'Europe prend de l'élan
publié le 04/11/2026
par Diana Mandia
4 novembre (Reuters) - Wall Street est attendue dans le désordre et les Bourses européennes progressent également mercredi à mi-séance, les valeurs bancaires s'envolant de plus de ?4% et les actions prenant de l'élan au fur et à mesure que les investisseurs réfléchissent aux implications de la victoire, bien plus écrasante que prévu, du Parti démocrate américain aux élections de mi-mandat.
Les contrats à terme sur les indices new-yorkais ont regagné du terrain au cours de la matinée ?et laissent désormais entrevoir une ouverture en hause de 1,56% pour le Dow Jones et de 0,78 % pour le Standard & Poor's-500. Le Nasdaq, à forte composante technologique, pourrait s'avérer beaucoup plus volatil, les indications étant passées d'un gain de plus de 1% à une ouverture stable (-0,01%). À Paris, le CAC 40 gagne 1,76% à 8.161,77 points vers 13h06 GMT. À Francfort, le Dax avance de 1,51% et à Londres, le FTSE 100 prend 1,63%.
L'indice EuroStoxx 50 gagne 1,71%, le FTSEurofirst 300 1,59% et le Stoxx 600 1,55%, ce dernier évoluant autour de son plus haut niveau depuis environ deux ?mois.
Les marchés européens rompent avec la tendance observée sur les marchés asiatiques pendant la nuit et enregistrent de forts gains à mi-séance, faisant pour l'instant fi des craintes concernant un éventuel durcissement de la réglementation dans des secteurs tels que l'IA ou un frein au développement des centres de données aux Etats-Unis, des questions qui étaient au centre de l'attention depuis des semaines face aux ?sondages qui laissaient présager un changement dans les majorités au Congrès américain.
Le revers essuyé mardi par le Parti républicain du président Donald Trump, ?que le locataire de la Maison blanche lui-même a attribué à l'impopularité de la guerre lancée par Washington et Israël contre l'Iran en février, est en effet cuisant et confère aux démocrates le contrôle de la Chambre et du Sénat, mais les investisseurs se ?montrent hésitants quant aux chances réelles de voir se produire des changements de cap majeurs affectant les secteurs les plus sensibles de l'économie.
"Donald Trump conserve son droit de veto présidentiel, ce qui pourrait limiter la portée des initiatives démocrates (...) Si sa capacité à faire évoluer la législation est désormais considérablement réduite, il conserve donc une marge de manoeuvre importante pour orienter les politiques publiques par voie exécutive", écrit dans une note Andrew Lake directeur des investissements chez ?Mirabaud Asset Management.
"Trump perd donc la Chambre et le Sénat. Mais quelle est la portée réelle de cette défaite ? (...) ?Le pouvoir exécutif reste néanmoins considérable, notamment sur les plans international et commercial, et grâce à un puissant droit de véto", ajoute Antoine Andreani, analyste de XTB, qui souligne que l'indice de volatilité ?du CBOE, souvent appelé "indice de la peur", recule mercredi avant l'ouverture de la Bourse de New York.
Les facteurs de risque persisteront toutefois, notamment les craintes d'une nouvelle escalade du conflit en Iran et le risque de blocage budgétaire, qui pourrait exercer une pression supplémentaire sur les titres du Trésor, dans un contexte d'anticipations inflationnistes et d'endettement public élevé.
Yanick Jetha, fondateur et dirigeant du hedge fund MYJ Capital, offre dans ce contexte une lecture nuancée sur les perspectives des obligations américaines, dont les gains pourraient être limités même si les valorisations des entreprises liées à l'IA étaient affectées par ?le nouveau contexte politique.
"Une baisse de l'appétit pour le risque ?pourrait favoriser les emprunts d'État américains et faire reculer leurs rendements. Mais je ne considérerais pas ce mouvement comme acquis ni forcément durable : un Congrès divisé ne règle pas, à lui seul, la question du déficit et des besoins ?de financement américains. Le risque serait donc une pression sur les actions, sans détente durable des taux pour la compenser", dit-il.
Sur le Vieux Continent, les actions bancaires du Stoxx se démarquent clairement mercredi (+4,38%), les analystes soulignant que les établissements européens pourraient faire l'objet d'une surveillance moins stricte de la ?part des Etats-Unis, tout comme les titres du secteur des énergies renouvelables, généralement la bête noire des politiques de Donald Trump, farouche défenseur des énergies fossiles.
La séance est d'ailleurs riche en indicateurs, parmi lesquels les chiffres préliminaires de l'inflation dans la zone ?euro, qui a accéléré en octobre pour atteindre 4%, soit le double de l'objectif de la Banque centrale européenne (BCE), ce qui ne laisse à Francfort qu'une marge de manoeuvre de plus en ?plus réduite pour éviter une nouvelle hausse des taux d'intérêt en décembre.
LES ?VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
Les actions liées à l'intelligence artificielle (IA), aux semi-conducteurs et aux centres de données feront l'objet d'une attention particulière mercredi à la Bourse de New York, les indicateurs laissent entrevoir une réaction inégale selon les secteurs.
Les actions des entreprises liées aux centres de données ?reculent dans les échanges en avant-Bourse, tandis que les fabricants de semi-conducteurs pourraient bénéficier des prévisions encourageantes d'AMD pour 2027.
VALEURS EN EUROPE
A Paris, BNP Paribas, Société générale ?et Crédit agricole gagnent entre 3,5% et 4,7%, figurant ainsi parmi les valeurs les plus performantes du CAC 40.
Cependant, les actions du secteur de la défense sont en baisse (-0,27%) après la victoire écrasante des démocrates aux élections de mi-mandat, Thales abandonnant 3% à Paris.
Les groupes du secteur des énergies renouvelables Vestas, Orsted et Nordex grimpent de ?3,5%, 6,7% et 5,2% après le revers des Républicains.
Sur le front des résultats d'entreprise, Novo Nordisk bondit de 5%, la laboratoire danois ayant relevé ses prévisions alors que son traitement anti-obésité Wegovy a dépassé les attentes au troisième trimestre.
Pandora et Continental, qui ont également relevé leurs objectifs 2026, gagnent 12% et 5%.
TAUX
Le prix des bons du Trésor progressent mercredi, ce qui entraîne une baisse des rendements, les investisseurs se tournant vers des valeurs refuges dans l'attente de voir les répercussions de la nouvelle composition du pouvoir législatif américain et ses effets sur les politiques budgétaires et économiques de ?Donald Trump.
Le rendement des Treasuries à dix ans perd 2,1 points de base à 4,9291%. Le deux ans cède 0,4 points de base à 4,6101%.
Dans la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans gagne en revanche 1,5 points de base à 3,3258%, tandis que celui du titre à deux ans, sensible aux anticipations sur les taux, grimpe de près de 4 points de base à 3,0571% après les chiffres de l'inflation du bloc.
En France, le rendement de l'OAT à dix ans recule quant à lui de 3,4 points de base à 4,8961%.
CHANGES Le dollar, affecté par la baisse des rendements obligataires et par l'incertitude concernant la politique américaine après les "midterms", perd 0,56% face à un panier de devises de référence.
L'euro gagne à son tour 0,62% à 1,1262 dollar.
PÉTROLE
Les cours du pétrole sont volatils mercredi après avoir atteint leur plus bas niveau depuis quatre semaines lors de la séance précédente, entre l'espoir de voir les négociations progresser au Moyen-Orient et les craintes persistantes concernant l'approvisionnement.
Le Brent perd 1,27% à 102,28 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) cède 1,18% à 94,96 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 4 NOVEMBRE:
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 15h00 Indice ISM des ?services octobre 54,8 54,9
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá; édité par Benoit Van Overstraeten)