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Interview de Daniel Tondu : Président directeur général de Gestion 21

Daniel Tondu

Président directeur général de Gestion 21

Cap Gémini, Sopra Steria, Neurones, Akka, Assystem : nous aimons bien les services informatiques

Publié le 13 Mars 2017

Quel regard portez-vous sur la valorisation du segment des small caps françaises ?
La cherté des small caps peut être appréciée de deux manières. Tout d’abord, par rapport aux large caps. Si elles ne me paraissent pas bon marché, les small caps ne me semblent pas non plus extrêmement chères à ce jour. Pour la première fois depuis longtemps, elles n’ont pas surperformé les large caps en 2016.
Par ailleurs, le segment des small caps peut être également jaugé sur un plan historique. Là-dessus, nous pouvons de prime abord admettre que la valorisation actuelle est bien plus élevée que la moyenne de ces dix dernières années. Cependant quelle pertinence doit-on accorder à cette moyenne dans un contexte de taux maintenus artificiellement bas durablement dans un contexte de faible croissance et de faible inflation ?
Nous pouvons dire que l’importance des multiples de valorisation se justifient par le fait que nous ne retrouverons pas avant longtemps des taux d’intérêt supérieurs à 3%.

A quelle dynamique de ce segment doit-on s’attendre cette année ?

Il n’y a fondamentalement pas de raison pour que nous n’ayons pas en 2017 une performance de l’univers des small caps aussi remarquable qu’en 2016 compte tenu du potentiel de croissance bénéficiaire sous-jacent.
Cependant il y a lieu de ne pas considérer les small caps comme un ensemble homogène et de veiller à bien choisir la société dans laquelle on choisit d’investir.
L’inconvénient des small caps c’est qu’elles peuvent, prises isolément, souffrir bien davantage que les large caps dans la mesure elles sont plus petites et ont une moindre diversification pays et produits.

Peut-on admettre que les secteurs qui se paient autour de 30 fois les bénéfices à 12 mois sont les secteurs les plus « dangereux » aujourd’hui ?
On peut effectivement considérer que se positionner sur des valeurs ayant des multiples très élevés autour de 30, comme les valeurs de santé, peut être dangereux. Ceci étant, investir dans des titres ayant des multiples bas n’est pas gage de sécurité.
De manière générale, les « utilities » sont à manier avec beaucoup de prudence. Nous sommes d’avis que la faiblesse de leur valorisation est globalement justifiée. En particulier, nous assistons à une véritable révolution en ce qui concerne la production d’électricité.

Quels secteurs ont votre faveur en ce moment ?

Nous aimons bien les services informatiques en écho à la montée en puissance du numérique avec des sociétés de conseil comme Cap Gémini, Sopra Steria, Neurones ; des sociétés de recherche externalisée comme Akka, Assystem ; ou encore des sociétés de logiciels.
Compte tenu de la reprise économique nous avons un certain engouement pour les secteurs d’activité liés à la construction comme les sociétés de distribution de matériaux comme Vicat, Erige.
Nous apprécions aussi les équipementiers automobiles tels que Faurecia, qui ont réussi progressivement à défendre leur rapport de force avec les constructeurs. Leur gain en valeur ajoutée se reflète dans l’accroissement de leur marge opérationnelle.

De quels secteurs vous efforcez-vous de rester à l’écart ?

La technologie et la santé. Nous sommes méfiants à l’égard des dossiers de technologie un peu compliqué car les choses évoluent très rapidement. Il n'est pas évident d’avoir une position concurrentielle acquise durable.

A quels principaux risques est confronté le segment ?

Au risque politique, et au risque lié aux taux d’intérêt. La question se pose de savoir comment les grandes banques centrales vont parvenir à sortir de la politique ultra accommodante qu’elles mènent depuis plusieurs années.

Quels sont les derniers mouvements que vous avez opérés ?
Nous avons fait entrer récemment Nexans, société de fabrication de câblage pour les opérateurs télécoms et les sociétés d’énergie renouvelable. Le titre a été sanctionné depuis le début de l’année du fait d’une petite déception par rapport à la publication des résultats. Mais nous jugeons celle-ci passagère et nous restons convaincus que l’action renferme un bon potentiel de performance à trois ans. Le dossier pourrait faire 10% par an sans trop de difficultés.

Nous avons aussi investi dans une société belge, CFE, spécialisée dans l’installation de l’éolien offshore. Le titre est susceptible de bien performer sur les trois à cinq prochaines années.

Dans le même registre nous avons décidé de miser sur la société Voltalia. La société a procédé à une augmentation de capital l’an dernier et a présenté un plan de développement très intéressant.
Aujourd’hui, les nouvelles installations de production d’électricité sont composées à hauteur de 80% d’énergie renouvelable. En 2016, l’éolien a représenté 1600 mégawatts de nouvelles capacités électriques en France, soit l’équivalent d’un EPR.


Propos recueillis par Imen Hazgui