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Interview de William Gouesbet : PDG de Kerlink

William Gouesbet

PDG de Kerlink

Nous changeons de dimension

Publié le 04 Mai 2017

Kerlink a lancé jusqu'au 5 mai une augmentation de capital d'environ 18 millions d'euros. A quoi vont servir ces fonds ?
Environ la moitié de cette augmentation de capital sera consacrée à notre développement commercial et à la conquête de nouveaux marchés. En tant que fournisseur de solutions réseau pour l'internet des objets, nous sommes engagés dans 70 nouveaux projets, dont 35 que nous qualifions de majeurs, et ce, dans le monde entier. Nous allons également poursuivre nos efforts de R&D afin de continuer à proposer des équipements et services différenciants. Environ 40% des fonds levés seront consacrés à l'innovation. Le reste servira à financer certains investissements ponctuels liés à nos contrats, notamment celui que nous avons annoncé en mars avec le groupe Tata Communications.

Actility, un autre spécialiste breton de l'internet des objets, vient de lever 75 millions d'euros auprès d'industriels et de fonds spécialisés. Fin 2016 le toulousain Sigfox avait marqué les esprits avec une levée de fonds de 150 millions. N'êtes-vous pas en retard dans la course ?
La raison d'être de notre augmentation de capital est la forte traction observée sur nos marchés. Elle doit nous permettre de passer d'un chiffre d'affaires de 14,1 millions d'euros en 2016 à 70 millions d'euros en 2020. Je note d'ailleurs que des engagements de souscription ont été pris par nos actionnaires historiques et par de nouveaux investisseurs pour un montant d'environ 14 millions d'euros, soit 78% du montant total de l'opération, ce qui montre leur confiance dans notre business model. Ce que font nos concurrents en termes de levées de fonds n'impacte pas nos perspectives. 

En quoi le contrat avec Tata marque-t-il une étape importante pour la société ?
Il s'agit du déploiement à l'échelle du territoire indien d'un réseau IoT (internet of things, ndlr) qui couvrira plus de 2000 communautés et près de 400 millions de personnes. Ce réseau, composé de 10 000 stations Kerlink, constitue notre déploiement le plus important à ce jour. Fidèles à notre modèle "fabless" avons conclu un partenariat avec un nouveau sous-traitant, Flex, chez qui nous sommes en train d'installer des bancs de test. Nous allons également créer dans les prochains mois une filiale en Inde qui viendra s'ajouter à celles que nous avons déjà à Singapour et à Chicago.

L'Asie est-elle un marché prioritaire pour vous ?
Nous sommes sur un marché mondial tiré par trois grandes régions : l'Asie-Pacifique, l'Europe et l'Amérique du Nord. C'est dans ces trois zones que se feront l'essentiel des connections au cours des prochaines années et c'est là que nous connaissons la plus forte traction sur notre chiffre d'affaires. Mais nous sommes également présents sur des projets dans d'autres régions, notamment en Afrique du Sud, en Océanie ou encore au Moyen-Orient.

Vous avez publié une perte d'1,7 million d'euros en 2016. Quels sont vos objectifs de rentabilité ?

Nous ne communiquons pas d'objectif de rentabilité. Depuis notre introduction en bourse (en mai 2016, ndlr) notre activité se développe à un rythme qui dépasse nos attentes avec un chiffre d'affaires en hausse de plus de 90% l'année dernière. Sur le premier trimestre 2017 la croissance a atteint 144% (3,8 millions d'euros). 2017 se dessine comme une année charnière qui doit nous permettre de changer de dimension. Ce sera à nouveau une année de forte croissance et d'investissement.

Quels usages les réseaux IoT permettent-ils aujourd'hui ?
Les principaux usages sont le 'smart-metering' (compteurs intelligents), tout ce qui touche à la 'smart city' (éclairage public, véhicules en libre-service, etc), mais aussi à l'environnement et à l'agriculture (élevages), ainsi qu'à la santé. D'autres usages se développeront au fur et à mesure du déploiement de ces réseaux.

Propos recueillis par François Schott

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