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Interview de Marc Schillaci : Président et fondateur d'Oxatis

Marc Schillaci

Président et fondateur d'Oxatis

Nous voulons doubler notre taille en trois ans

Publié le 13 Avril 2018

Pourriez-vous en quelques mots nous présenter votre société ?
Oxatis est une société dont l’activité repose sur deux piliers importants : le e-commerce et le SaaS.

Le e-commerce qui a profondément changé les habitudes des consommateurs est devenu pour de nombreuses entreprises un enjeu considérable pour continuer à se développer.
Le SaaS e-commerce représente quant à lui une nouvelle manière de mettre à disposition des entreprises de nouvelles technologies divers domaines comme la vente sur mobile, la gestion des places de marché, le commerce social afin de leur permettre de rester compétitives.

Une analogie peut en cela être faite avec le secteur de la musique. L’achat de disques et CD a laissé place à des abonnements à des fournisseurs comme Spotify ou Deezer qui donnent accès en continue à toutes les nouveautés avec la meilleure qualité possible.

Oxatis s’efforce ainsi d’apporter le plus rapidement, le plus simplement, et le plus économiquement possible des solutions technologiques aux petites entreprises afin qu’elles accroissent leur positionnement sur le marché du e-commerce.

Quelle est l’histoire de la société ?

La société a été créée il y a seize ans, à l’initiative d’un grand technicien Marc Heurtaut et d’un entrepreneur à savoir moi, à une période où le e-commerce était encore balbutiant et le SaaS avant- gardiste. Nous avons en cela été visionnaire sur ce qui allait se passer. La longueur d’avance que nous avons prise nous a clairement été profitable.

Entre 2001 et 2008 nous avons travaillé sur la mise en place et la.consolidation de notre plateforme. En 2008, nous avons procédé à une première levée de fonds qui nous a conduit à nous projeter au delà des frontières hexagonales, en Angleterre, en Espagne, en Italie. Aujourd’hui nous réalisons plus de 20% de notre chiffre d’affaires en dehors de la France.

Pourquoi avoir commencer par un positionnement au Royaume-Uni, en Italie et en Espagne ?
Le Royaume-Uni est un pays qui se trouve en pointe du e-commerce en Europe. Chaque Anglais dépense en ligne deux fois plus que chaque Français tous les ans. Outre-Manche, le e-commerce représente 18% du commerce de détails contre 9% en France. Nous confronter au marché anglais revient à nous confronter à un marché plus exigeant qui nous tire vers le haut.

Parallèlement l’Italie et l’Espagne affichent un claire retard dans ce domaine par rapport à la France. Les dépenses faites dans le e-commerce dans ces pays sont quatre fois moindres que celles faites en France. Nous misons sur un phénomène de rattrapage auquel nous souhaitons pleinement participer.

Quels sont les prochains pays visés ?

Nous visons l’Allemagne et la Hollande.

Pourriez-vous illustrer un apport concret des services que vous proposez ?

Nous avons aidé un grand jardinier qui faisait de la vente à distance et qui a basculé sur Internet à économiser en cout d’infrastructures, et en coût de main d’oeuvre, environ 250 000 euros par an. Cette entité qui réalise 8 millions de chiffre d’affaires utilisait entre autres la plateforme open-source Magento.

Pourquoi ne pas vous être introduit en Bourse plus tôt ?

Nous voulions atteindre une taille critique avant de nous lancer.

Combien espérez-vous collecter ?

Nous avons pour ambition de collecter entre 10 et 15 millions d’euros avec une ce qui devrait élever la valorisation pre-money de la société comprise entre 30 et 39 millions d’euros.

A quoi doit vous servir la levée de fonds ?

La levée de fonds nous servira à poursuivre le financement de notre croissance et l’amélioration des services apportés à nos clients.

La cotation devrait par ailleurs nous donner, une exposition et une transparence qui contribueront à renforcer la confiance dont nous témoignent les PME.
Notre notoriété devrait s’en trouver grandit, ce qui nous facilitera le recrutement de très bons talents au sein de nos effectifs. Nous envisageons notamment d’augmenter notre équipe commerciale en France pour mieux être en mesure de saisir les opportunités qui se présentent à nous.
Enfin, nous espérons que notre entrée en Bourse augmentera notre agilité à acquérir des entreprises en Europe.

Vous envisagez des opérations de croissances externe à court-moyen terme ?

Absolument. Nous avons déjà pu racheter trois entreprises depuis notre création ; une entreprise en Angleterre en 2011, une autre treprise en Espagne en 2015, et la division e-commerce du groupe Sage en France en 2017.
Ces différentes opérations ont été à chaque fois des accélérateurs de croissance locale.

Pour l’heure nous regardons tous les sommes sur plusieurs dossiers mais nous n’avons pas encore de piste avérée.

Avez-vous des objectifs chiffrés à moyen terme ?

Nous escomptons doubler la taille de la société en trois ans en générant une croissance annuelle de 25% à 30%, de manière analogue à ces dix dernières années.

Nous visons l’équilibre en 2020 grâce en partie à notre aptitude à adresser des marchands de plus grande taille que par le passé.

Quelle vision avez-vous de la concurrence à laquelle vous êtes confrontés ?

Nous avons deux types de concurrence. L’une d’entre elle est source de dynamique pour notre activité. En effet, 95% des sites marchands qui existent en Europe sont conçus en open source ou à la main. Une société comme la notre est en capacité d’apporter de la performance et des économies à une grande partie de ces sites.

Une autre concurrence existe de l’autre coté de l’Atlantique, avec par exemple une société comme Shopify qui avec l’appui de son introduction en Bourse a réussi à atteindre une capitalisation de 15 milliards de dollars.

Nous avons des atouts phares par rapport aux sociétés américaines de notre secteur. Nous avons une meilleure connaissance des consommateurs en Europe, et de la législation européenne.
De ce fait, nous pensons être en mesure de nous ériger en dominant européen dans le domaine du SaaS comme le groupe Sage a pu le faire dans le domaine des logiciels de gestion.

Quels sont les principaux risques auxquels une société comme Oxatis est confrontée ?

Nous avons un risque technologique lié à notre capacité à continuer à innover. C’est un risque que nous maitrisons. Nous avons également un risque associé à une mauvaise compréhension de notre offre par les entreprises auxquels nous nous adressons. C’est en cela que nous nous devons de communiquer pour présenter notre savoir-faire et expliquer les avantages sous-jacents en termes de performances commerciales des sites marchands et d’économies que nous générons pour les PME.

Est-il envisageable qu’Oxatis finisse par se faire racheter par un groupe américain ?

Ceci n’est pas inscrit dans notre feuille de route. Mais clairement, notre développement favorisera pourrait favoriser notre aptitude à nous adosser à un grand leader américain pour qui il sera plus intéressant et plus relutif d’acquérir une societe comme Oxatis afin d’étendre son emprise en Europe.

Propos recueillis par Imen Hazgui

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