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Interview de Franck   Gayraud  : Directeur général de la société Arcure

Franck Gayraud

Directeur général de la société Arcure

Nos objectifs à horizon 2023 sont d'atteindre 60 millions d'euros

Publié le 14 Février 2019

La société Arcure a décidé de lancer une procédure d’introduction sur Euronext Growth, le marché dédié aux valeurs moyennes de la Bourse de Paris en vue de faire coter ses actions (code ISIN FR0013398997 - code mnémonique ALCUR) le 26 février prochain. Pourriez-vous dans un premier temps nous rappeler en quoi consiste l’activité de la société ?
Arcure, créée en 2009, est une entreprise industrielle spécialisée sur l’intelligence artificielle appliquée au traitement de l’image pour l’industrie. Concrètement, nous développons et commercialisons des solutions associant des capteurs de vision 3D et de puissants algorithmes d’Intelligence Artificielle embarqués par des outils industriels, pouvant être utilisés dans des environnements exigeants. Nous avons réalisé 7.4 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2018, dont 54% à l’export. 5000 Blaxtair ont déjà été vendus dans plus de 30 pays. La société est en forte croissance avec une hausse annuelle moyenne du chiffre d’affaires de +61% entre 2014 et 2018.

Vos solutions visent à adresser aujourd’hui deux enjeux majeurs : la détection des piétons pour véhicules industriels de manière à éviter les collisions et le développement de la vision industrielle dans le cadre du déploiement des usines connectées. Pourriez-vous développer ces deux points ?
Arcure commercialise deux solutions. Blaxtair qui est au cœur de notre plan de développement, commercialisé depuis 2011, est notre produit phare qui associe notre expertise industrielle et des hautes technologies. Il s’agit d’un système qui allie une vision 3D stéréoscopique de pointe et des algorithmes d’Intelligence Artificielle, basé sur le « machine learning », pour répondre efficacement à l’enjeu crucial de sécurité des exploitants de sites industriels.

Oméga, en phase de commercialisation depuis novembre 2018, est issu du savoir-faire développé avec Blaxtair. Il s’agit d’un capteur 3D, qui constitue une brique technologique de vision industrielle pour les acteurs de l’automatisation industrielle, tant sur la robotique « outdoor », pour le guidage d’engins ou les récoltes automatisées par exemple, que « indoor » pour le guidage des machines, l’identification ou la détection.

A quel potentiel de marché correspondent ces deux solutions que vous qualifiez de « disruptives » ?

Chacune des solutions s’adressent à un marché potentiel estimé à 3 milliards d’euros par an. Blaxtair a un potentiel d’équipement de 1 300 000 de véhicules par an. Oméga s’adresse quant à lui à un marché en pleine expansion où la demande d’automatisation est grandissante pour optimiser les productions.
Deux zones géographiques apparaissent particulièrement clés dans votre plan stratégique, l’Allemagne et l’Amérique du Nord. Pourquoi ?
Ces deux pays pris comme objectif de déploiement sont des pays à forte culture industrielle, comme c’était le cas au Japon où nous avons déjà déployés nos systèmes Blaxtair. Certains des plus importants constructeurs sont basés dans ces pays, et au-delà de ces constructeurs que nous visons pour des partenariats, nous y voyons un potentiel auprès des industriels présents dans ces pays pour des installations prenant pour modèle ceux que nous avons en France avec Vinci par exemple.

Vous avez déjà été en mesure de développer des partenariats importants avec de grands constructeurs mondiaux parmi lesquels Jungheinrich, spécialisé dans la fabrication de chariots élévateurs. Pouvez-vous nous en parler ?
L’accord avec Jungheinrich, troisième constructeur au monde de chariots élévateurs, représente une réalisation majeure pour Arcure à plusieurs titres : validation de la solution auprès des constructeurs mais également de notre stratégie de croissance. Acté en 2018, cet accord pour l’installation en première monte de Blaxtair sur les engins de Jungheinrich, nous ouvre un potentiel commercial de plusieurs milliers d’unités par an, et a amené Arcure à être certifié « Serial Supplier » par le constructeur. Nous sommes à l’heure actuelle en discussions avancées avec plusieurs autres grands noms du marché de la construction d’outils industriels.

A quelles finalités est destinée l’opération d’introduction dans laquelle vous vous inscrivez aujourd’hui ? Quel montant espérez-vous collecter ?

Cette opération vise une levée de fonds d’un montant de 12 millions d’euros pouvant être porté à 15.9 millions d’euros en cas d’exercice intégral de la cause d’extension et de l’option de surallocation.
Le but est de donner à la Société les moyens de poursuivre son plan de développement produit et d’accélérer son déploiement commercial, à l’international notamment.
60% des fonds levés seront consacrés à l'accélération du déploiement commercial de l'offre Arcure, notamment à travers le déploiement déjà évoqué en Allemagne et en Amérique du Nord. Nous voulons aussi intensifier nos partenariats avec des constructeurs d’engins à travers le monde, à l’image de l’accord que nous avons depuis 2018 avec Jungheinrich, 3ème constructeur mondial de chariots élévateurs, pour une intégration de Blaxtair en option d’usine.
40% seront dédiés à la poursuite des efforts de R&D, pour permettre à Arcure d’enrichir sa gamme de produits et services sur ses deux produits, et maintenir son avance technologique.

Quelles ambitions affichez-vous en termes de chiffre d’affaires, de rythme de développement, de résultat d’exploitation ?

Nos objectifs à horizon 2023 sont d’atteindre 60 millions d’euros et 25% de résultat d’exploitation ajusté. Ce sont des objectifs forts mais justifiés par la stratégie que nous suivons et que nous comptons pérenniser.

Tout d’abord, nous visons un marché à équiper de grande taille, à hauteur de 3 milliards d’euros par an pour chacun de produits, et les solutions proposés actuellement aux industriels ne répondent pas à leurs attentes. Nous avons également une stratégie axée sur des partenariats forts avec les constructeurs d’engins, à l’exemple de celui qui est en cours avec Jungheinrich. Nous avons des discussions avancées avec plusieurs partenaires potentiels qui devraient porter leurs fruits. La taille du marché à prendre s’y prête et Blaxtair a déjà fait ses preuves auprès des industriels et des constructeurs.

En outre, nous avons un solide historique de croissance de +61% par an en moyenne entre 2014 et 2018. Nous travaillons chaque jour à entretenir cette dynamique.

Il est intéressant de relever que vous comptez aujourd’hui parmi vos principaux actionnaires Inocap Gestion. Ce dernier dit être investi dans le capital de la société depuis 7 ans, notamment en raison des considérations ISR (investissement socialement responsable) et ESG (environnementales, sociales et de gouvernance) auxquelles répond Arcure… Un dernier mot à ce sujet ?
Nous sommes ravis par le soutien réaffirmé d’Inocap Gestion, qui a pris un engagement de souscription à hauteur de 2.6 millions d’euros dans le cadre de l’introduction en Bourse. Il, témoigne de la confiance qu’ils ont dans la stratégie proposée et dans notre capacité à atteindre les objectifs financiers que nous avons fixés à horizon 2023.

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