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Interview de Luisa  Florez : Directrice Thématiques durables au sein de La Banque Postale Asset Management

Luisa Florez

Directrice Thématiques durables au sein de La Banque Postale Asset Management

Responsabilité sociétale d'une entreprise : notre modèle propriétaire repose sur quatre piliers

Publié le 01 Octobre 2019



De quelle manière appréciez-vous la responsabilité sociétale d’une entreprise ?

Nous avons défini une méthodologie propriétaire qui repose sur quatre piliers que l’on surnomme GREaT et qui renvoient aux notions de Gouvernance responsable, de gestion de Ressources, de transition Energétique et économique, et du développement des Territoires. Ces quatre piliers font écho à l’ADN de notre maison mère, « banque et citoyenne ».
C’est à partir des solutions apportées par les entreprises en matière de développement durable, que nos quatre piliers nous amènent à appréhender les risques et les opportunités des titres analysés.

Une méthodologie basée sur quatre piliers fondamentaux



A quels enjeux ces quatre piliers font-ils écho ?

Nous avons arrêté 16 critères à ce jour qui tendent tous à répondre aux grands enjeux du développement durable.
Sous l’angle de la gouvernance, LBPAM évalue la qualité des instances de décision et de supervision d’une entreprise, la rémunération des dirigeants, la répartition de la richesse créée par les entreprises, les pratiques liées à la concurrence et les pratiques fiscales.
S’agissant des ressources, nous considérons à la fois les ressources naturelles (telle que la biodiversité) et les ressources humaines (respect des droits d l’Homme, développement du droit du travail, relations durables avec les fournisseurs, protection de l’environnement).
Pour ce qui est de la transition énergétique, LBPAM analyse le business model des entreprises qui se projettent dans un monde moins carboné. Nous jaugeons la manière dont les entreprises insèrent dans leur stratégie le passage vers de nouveaux modes de consommation responsables et durables.
La prise en compte du développement des territoires se fait notamment par la promotion de l’emploi et de la formation, le transfert de compétences et de technologies, et l’accessibilité aux services de base.
C’est une manière d’adresser le risque de fracture sociale identifié comme un risque majeur dans le rapport sur les risques de l’OMC de 2018. Notre objectif est d’identifier les entreprises qui développent des produits à impact sociétal et économique positif...

L’évaluation de ces critères vous permet d’établir une notation pour les entreprises et les Etats qui se trouvent dans votre univers d’investissement.

Absolument, l’ensemble des scores obtenus sur chacun des quatre piliers est consolidé afin d’obtenir une note par pilier, puis une note globale.
Notre méthodologie dans sa philosophie s’applique à toutes les entités dans lesquelles nous investissons ou dans lesquelles nous sommes enclins à investir. Les critères d’appréciation différent selon que l’on évalue une entreprise ou un Etat.

Il est intéressant de relever que les quatre piliers n’ont pas la même importance suivant les spécificités sectorielles…

Effectivement. Ainsi, dans le secteur automobile, c’est le pilier de la transition énergétique qui aura le plus de poids. Dans le secteur financier, c’est le pilier de la gouvernance qui prédomine.
Nous suivons au total environ 25 secteurs.

De quelle manière se décompose votre notation ?

La notation va de 1 à 10, 1 étant la meilleure note.
Cette notation nous permet de comparer des entreprises au sein de secteurs ou au sein de zones géographiques et d’avoir une idée d’ensemble des bonnes et mauvaises pratiques au sein de l’univers d’investissement.

Processus d’investissement dans le cadre du Label ISR


En plus de cette méthodologie de notation, vous avez une deuxième démarche qui conduit à des exclusions…

Ces exclusions sont de trois types et sont déterminés à l’intérieur d’un comité spécifique.
Tout d’abord, nous avons des exclusions réglementaires. Par exemple, nous avons exclus toutes les entreprises impliquées dans la fabrication d’armes interdites comme les bombes à sous-munitions ou des mines antipersonnel (Convention d’Ottawa).
En outre, nous avons des exclusions sectorielles : le tabac, les jeux d’argent et l’activité de charbon (entreprises qui extraient le charbon ou entreprises qui produisent de l’électricité à partir de charbon et qui n’ont pas annoncé de mesures pour s’aligner à l’Accord de Paris quel que soit la part que représente cette activité dans le chiffre d’affaires).
Enfin, nous avons des exclusions normatives, intéressant toutes entreprises qui violent de manière fréquente et sévère un des principes du Pacte mondial sans mesures correctives.
Ces exclusions concernent de manière systématique tous nos fonds ISR et à l’avenir tous nos fonds ouverts qui devraient être labellisés à horizon 2020. C’est une manière de piloter le risque de réputation.

Vous avez une autre manière d’adresser le sujet de l’ISR via les fonds thématiques…

Bien que notre méthodologie prenne en compte tous les objectifs de développement durable, nous pouvons être amenés à privilégier certains de ces objectifs via nos fonds thématiques.
Nous allons choisir les entreprises qui sont les mieux positionnées pour apporter une solution visant à répondre spécifiquement à l’enjeu environnemental ou social retenu pour construire le portefeuille d’investissement. Nous considérons dans notre analyse le chiffre d’affaires, l’Ebitda ou la mission de l’entreprise en relation avec cet enjeu.

9 thématiques durables phares












Imen Hazgui

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