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Interview de Bertrand DE CASTELNAU : Directeur général de Theradiag

Bertrand DE CASTELNAU

Directeur général de Theradiag

Une pépite à propulser vers l'international

Publié le 04 Novembre 2021


Pourriez-vous s’il vous plaît nous présenter Theradiag en quelques mots ?


Theradiag est une lifetech française, leader mondial dans une spécialité qu’elle a créée : le monitoring de biothérapies. Depuis une vingtaine d’années, ces nouvelles formes de traitements ont émergé. Elles représentent un changement de paradigme dans la prise en charge du patient : au lieu d’intervenir chimiquement sur le métabolisme comme le fait un médicament classique, la biothérapie repose sur l’utilisation d’anticorps qui interagissent avec le système immunitaire. Theradiag ne conçoit pas de biothérapies, mais les produits qui accompagnent leur utilisation garantissent leur efficacité et permettent le confort d’utilisation du patient.

Basée en région parisienne, l’entreprise compte à ce jour une soixantaine de collaborateurs pour un chiffre d’affaires de 5,5 millions d’euros au premier semestre 2021, en progression de 12,5 % par rapport au premier semestre 2020.

La première solution que vous proposez, l’IVD, sert notamment à la détection des maladies auto-immunes.

Notre activité actuelle se répartit en effet entre deux types de produits, l’IVD et le Théranostic. L’In Vitro Diagnostic (IVD) se caractérise par le diagnostic multiplex de maladies auto-immunes, c’est-à-dire un test unique permettant de détecter jusqu’à 14 pathologies différentes. Nous produisons pour cela les automates correspondants, baptisés Fidis et Theralis, et produisons les réactifs de contrôle de laboratoire internes et externes. Dans ce domaine, nous avons pour ainsi dire une expérience historique déjà développée dans la société qui a précédé Theradiag. La technologie de l’IVD établit aussi des tests de fertilité chez les hommes et des tests génétiques innovants.

Théranostic, votre seconde solution, adresse-t-elle un autre domaine ?

Le Théranostic porte un nom inventé par Theradiag en associant les mots « thérapeutique » et « diagnostic ». Il s’agit d’une solution de monitoring du traitement des biothérapies. Pour simplifier, ce monitoring sert à deux choses : évaluer la rapidité d’absorption du médicament pour juger de son efficacité, et mesurer l’immunogénicité, la résistance éventuelle de l’organisme manifestée par la génération d’anticorps anti-médicamenteux. Cette dernière réaction, quand elle est avérée, est une catastrophe pour le patient. Elle oblige en effet à interrompre le traitement, nettoyer l’organisme et chercher une biothérapie alternative. Le Théranostic permet donc de surveiller avec précision ces deux indicateurs. Là encore, nous produisons des machines dénommées Lisa Tracker et i-Track10, et un kit OptimAbs.

Où en êtes-vous du développement du Théranostic ?

Nous avons développé le Théranostic depuis 2010, entraînant d’ailleurs la création de Theradiag. Son exploitation a débuté en 2019. Auprès des personnes qui l’ont expérimenté, l’amélioration des traitements et la réduction de coûts qu’il représente ne font aucun doute. Que ce soit pour le Théranostic ou pour l’IVD, nous produisons automates et réactifs : Theradiag est en effet une lifetech totalement intégrée, qui a tout d’une grande. Ce qui nous place dans la dynamique d’une activité résiliente et récurrente, destinée à accompagner le patient tout au long de sa vie.

Ces revenus prévisibles, assortis de clients fidèles et de partenariats avec des entreprises pharmaceutiques en France et à l’étranger, ont porté Theradiag sur le seuil de la rentabilité en 2021.

Quelle est la dynamique propre au marché sur lequel vous évoluez ?

La particularité est que, ce marché, nous l’avons pour ainsi dire créé. Il est sous-tendu par des constantes extrêmement prometteuses pour Theradiag. D’abord, 75 % des nouveaux traitements qui apparaissent aujourd’hui sont des biothérapies. À ce jour, 300 ont été approuvées… et 3000 sont en cours de développement ! Autant de domaines potentiels à explorer pour notre entreprise, maillant un écosystème très favorable. Naturellement, la proportion de patients utilisant des biothérapies est amenée à croître très fortement dans les années qui viennent, représentant un important réservoir pour nos solutions. D’autant plus que, malheureusement, le nombre de maladies inflammatoires augmente aussi de 5 à 8 % par an.

Dans ce domaine, Théradiag affronte-t-elle des concurrents ?

Ils existent, mais sont nettement moins avancés que nous. À titre de comparaison, nous avons à ce jour monitoré 24 biothérapies différentes. Notre plus proche concurrent, une entreprise espagnole, n’en compte que 14. Leader par le champ d’application et les résultats, nous le sommes aussi par l’abondance des publications scientifiques qui concernent nos solutions. Sans parler de notre antériorité, du nombre de tests que nous réalisons et de notre portefeuille clients actuels…

Pourriez-vous nous résumer votre stratégie de développement ?

Comme souvent pour les lifetech, nous cherchons autant à convaincre qu’à nous améliorer. Pour cela, nous ne nous adressons pas seulement aux laboratoires qui pourraient être nos interlocuteurs privilégiés. Nous cherchons aussi à nous faire connaître des médecins prescripteurs pour leur faire comprendre l’intérêt du monitoring. Une approche pédagogique indispensable à la structuration de ce nouveau marché en cours de création. Cette ambition nous fait rencontrer deux types d’alliés précieux : les patients et associations de patients, directement concernés et convaincus de l’intérêt de nos solutions ; et les industries pharmaceutiques qui trouvent dans notre démarche une manière de fidéliser leurs patients et rendre leur vie plus confortable.

Quelle stratégie de développement international avez-vous choisie pour Theradiag ?

Theradiag est déjà implantée fortement en France et aux États-Unis. L’entreprise est aussi représentée par des distributeurs dans un grand nombre d’autres pays répartis sur tous les continents, nous ouvrant ainsi neuf des dix plus grands marchés de la santé. Nos priorités pour demain restent cependant les États-Unis, les cinq plus grands pays européens, la Chine, la Corée et le Japon. Ce dernier pays, remarquablement épargné jusque-là par les maladies gastroentérologiques grâce à son alimentation à base de poisson, commence en effet à subir dans ce domaine les effets de la mondialisation culturelle.

Quels sont les leviers de votre croissance à moyen terme ?

À présent que l’entreprise est quasi rentable, nous cherchons les moyens d’accélérer. Et ceci dans un contexte très favorable où dix des quinze médicaments les plus vendus au monde sont des biothérapies. Par comparaison, on en comptait deux il y a dix ans seulement… D’ici à 2026, nous visons une multiplication par quatre ou cinq de notre chiffre d’affaires actuel en nous concentrant sur cinq grands projets : sécuriser le développement, la fabrication et l’approvisionnement de nos anticorps ; renforcer notre présence dans le monde, surtout dans les grands pays de la santé ; développer une nouvelle solution technologique pour rapprocher les tests des patients ; nous projeter vers de nouveaux domaines thérapeutiques, dès l’an prochain dans le champ du domaine nerveux central ; enfin, capitaliser sur notre expertise et nos compétences en matière d’immunité. De quoi atteindre en 2026 une marge opérationnelle de 20 à 30 % et la moitié de notre chiffre d’affaires produit aux États-Unis.

C’est dans ce cadre que s’inscrit votre actuelle opération boursière ?

Tout à fait. Nous cherchons à lever 5,3 millions d’euros pour nous projeter sereinement vers l’avenir et accélérer. Nous sollicitons dans ce cadre nos actionnaires existants en leur attribuant des droits préférentiels de souscription (2 DPS donneront droit de souscrire 1 action nouvelle).

Nos besoins principaux sont d’étoffer nos équipes consacrées à la vente et au marketing, pour 50 % de l’objectif. C’est dû notamment à l’environnement réglementaire qui est en train de traverser une révolution en Europe dans le passage de l’auto-déclaration à la certification, transition qui nous prépare à aborder les normes qui régissent les autres pays où nous souhaitons nous implanter. Un tiers de la somme sera destiné à maintenir nos efforts stratégiques de recherche & développement, et le reste au BFR et à l’amélioration de nos installations.

Quel sens supplémentaire peut représenter pour l’investisseur la participation à cette opération ?

Il est rare de trouver des entreprises françaises leader de leur domaine, et en situation d’accroître leur emprise sur le marché. Theradiag est une pépite à propulser vers demain. Je vois cette opération comme une occasion de nous aider à grandir, mais aussi accomplir notre mission profonde : aider au confort de vie des patients qui souffrent d’une maladie chronique. Car nous travaillons bien sûr avec les laboratoires et les professionnels de la santé, mais nous sommes avant tout focalisés sur les patients dont le soulagement est notre véritable raison d’être.

La vidéo qui précise l'activité de Theradiag et l'augmentation de capital qui est proposée jusqu'au 18 novembre 2021



Pour participer à l'augmentation de capital avec EasyBourse :
. soit en tant qu'actionnaire existant de Theradiag et en utilisant les droits de souscription : la souscription se fait à partir du message dans votre messagerie client du site Easyourse,
. soit en achetant, avec un Compte-Titres (les PEA et PEA PME ne sont pas éligibles) des bons de souscription (https://www.easybourse.com/bons-souscription/FR00140069U4-25/theradiag-sa/ ) puis en les faisant valoir dans la rubrique "Mes opérations sur titres",
.soit à titre libre : https://www.easybourse.com/introduction-en-bourse/ALTER-03112021 .




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Propos recueillis par Aymeric Jeanson