La hausse des prix du gaz et de l'électricité devient une préoccupation majeure - Kazimir (BCE)
FRANCFORT, 14 septembre (Reuters) - L'inflation dans la zone euro pourrait s'avérer supérieure ?aux prévisions, déjà élevées, et l'évolution des prix du gaz naturel et de l'électricité devient une préoccupation majeure, a déclaré ?lundi Peter Kazimir, membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE).
L'institut basé à Francfort a relevé la semaine dernière ses taux d'intérêt pour la deuxième fois cette année, tout en révisant à la hausse bon nombre de ses prévisions ?d'inflation, ce qui a renforcé les anticipations du marché quant à la possibilité de trois nouvelles hausses dans les 12 mois à venir.
Celui qui est également ?gouverneur de la Banque de Slovaquie, considéré comme partisan d'une ?politique monétaire restrictive, s'est abstenu de réclamer de nouvelles hausses des taux, mais a précisé que la banque ?agirait avec détermination lorsque les données justifieraient une intervention.
"Mon attention se porte désormais moins sur les prix du pétrole et des carburants, mais de plus en plus sur ceux du gaz et ?de l'électricité", a-t-il averti dans un article de ?blog.
"L'inflation alimentaire, si importante pour les perceptions et les anticipations, devrait également s'accélérer", a-t-il ?ajouté.
Les prix du gaz naturel évoluent à leur plus haut niveau depuis quatre ans, le contrat de référence néerlandais, à échéance la plus proche sur le hub TTF, s'établissant lundi à 84 euros par mégawattheure (MWh).
Les pays européens se sont montrés ?réticents à restaurer leurs réserves ?cet été, dans l'espoir que le conflit avec l'Iran prenne fin et que les prix reculent.
Ils ?se précipitent désormais pour les reconstituer, ce qui fait flamber les prix et risque d'entraîner une hausse des coûts ?du chauffage et de l'électricité, tout en alimentant l'inflation générale.
"TEMPÊTE PARFAITE"
La hausse des prix des denrées alimentaires ?est quant à elle étonnamment faible, mais une "tempête parfaite" de facteurs, notamment la sécheresse ?en Europe, le phénomène climatique ?El Niño et la hausse des prix du diesel et des engrais, tous deux essentiels à l'agriculture, devrait faire grimper ?les prix dans les mois à venir.
"Les risques d'inflation penchent clairement ?à la hausse", a déclaré le banquier central. "Le choc énergétique a déjà duré plus longtemps que beaucoup ne l'avaient prévu. Or, ses conséquences ne ?se sont pas encore pleinement répercutées sur l'économie".
Ces déclarations font écho à celles de son collègue Martins Kazaks, également membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, qui, dans une interview accordée à Reuters, a affirmé que Francfort ?pourrait devoir relever progressivement les taux pour freiner l'inflation avant que la hausse des prix des carburants ne commence à se répercuter sur les salaires et le reste des prix.
"Les arguments en faveur d'un resserrement supplémentaire s'accumulent", a-t-il déclaré. "Les taux d'intérêt pourraient devoir s'aventurer en territoire restrictif."
Les opérateurs estiment à environ 60% la probabilité d'une hausse des taux en octobre, tandis qu'une hausse d'ici la fin de l'année est déjà anticipée par les marchés.
(Reportage Balazs Koranyi et Francesco Canepa; version française ?Diana Mandia, édité par Sophie Louet)