L'IA secoue à nouveau les Bourses, coup de froid sur le PIB français
par Diana Mandia
30 octobre (Reuters) - Wall Street est attendue en nette baisse vendredi face à la recrudescence des craintes liées à l'intelligence artificielle (IA) et ?les principales Bourses européennes reculent également à mi-séance, entraînées elles aussi par le repli des valeurs technologiques, tandis que les investisseurs analysent une série de chiffres particulièrement sombres pour la France.
Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street ?en baisse de 0,12% pour le Dow Jones, de 1,08% pour le Standard & Poor's-500 et de 2,57% pour le Nasdaq. À Paris, le CAC 40, plutôt hésitant, perd 0,12% à 7.960,29 points vers 12h28 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,86% et à Londres, le FTSE 100 prend 0,11%.
L'indice EuroStoxx 50 cède 1,15%, le FTSEurofirst 300 0,42% et le Stoxx 600 0,39%.
Les doutes concernant les dépenses colossales que la course à l'IA impose aux géants de la technologie refont surface après une ?série d'annonces faites par Intel, Amazon et Alphabet ces dernières heures, poussant les investisseurs à se débarrasser des actions pour se réfugier sur le marché obligataire.
Le Nasdaq devrait subir un coup dur à l'ouverture, qui s'ajoute à celui de la veille, et en Europe, le compartiment technologique du Stoxx 600 souffre également, reculant de ?2,25%. Les groupes liés aux semi-conducteurs ASML et Infineon abandonnent tous deux plus de 5%.
La forte consommation de trésorerie dont ?font preuve les grands groupes technologiques inquiète particulièrement, car elle témoigne d'un énorme effort en matière de dépenses et soulève la question de savoir si les résultats seront à la hauteur.
"À ce stade, le marché ne se ?contente plus de demander à quelle vitesse vous pouvez vous développer. Il demande ce que vous devez investir pour y parvenir", déclaré Jake Behan, responsable des marchés de capitaux chez Direxion.
La dernière séance de la semaine qui s'achève est particulièrement riche en indicateurs, notamment dans la zone euro, où les investisseurs digèrent une contraction inattendue du PIB français au troisième trimestre, qui contraste avec ?les données plus rassurantes de l'ensemble du bloc.
Déjà sous pression, les taux d'emprunt français continuent de ?progresser par rapport à ceux de l'Allemagne, le rendement de l'OAT à dix ans gagnant près de 10 points de base vendredi pour s'établir à 4,9767%, tandis ?que ceux de Berlin reculent.
L'inflation française, harmonisée selon les normes européennes (IPCH), s'est pour sa part accélérée plus que prévu en octobre, à 3,8% sur un an, montrent les données préliminaires publiées vendredi par l'Insee. Les données sur l'inflation allemande seront publiées vendredi à 13h00.
La Banque centrale européenne (BCE), comme prévu, a laissé jeudi ses taux directeurs inchangés après deux hausses cette année, sans exclure un nouveau relèvement des coûts d'emprunt en décembre face à la flambée des prix, mais une pause pourrait intervenir ensuite ?alors que le resserrement des conditions de crédit ?risque de peser sur la croissance.
La politique monétaire a également été d'actualité au Japon, où la banque centrale a laissé vendredi ses taux inchangés et s'est félicitée d'avoir atteint son objectif d'inflation, ?tout en laissant entendre que la prochaine hausse des taux pourrait intervenir dès décembre.
La Réserve fédérale (Fed) a, elle aussi, laissé l'objectif de taux des "fed funds" à son niveau actuel, choisissant ainsi de reporter toute nouvelle modification des coûts d'emprunt jusqu'après les ?élections de mi-mandat prévues mardi prochain, qui seront sans aucun très surveillées par les marchés au cours de la semaine à venir.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET [L5N46G11H]
Le fabricant américain de puces Intel, qui a dit ?s'attendre à enregistrer un flux de trésorerie négatif en 2026, plonge de 25% en avant-Bourse, faisant reculer dans son sillage ses pairs Nvidia, Broadcom et AMD.
Amazon.com ?est également indiqué en nette baisse après avoir fait état ?jeudi d'une consommation massive de trésorerie au troisième trimestre et a prévu, pour le trimestre englobant la période des fêtes, un chiffre d'affaires décevant aux yeux de Wall Street.
VALEURS EN EUROPE
Sanofi, qui a rehaussé vendredi ses objectifs annuels, grimpe de 5%, ?ce qui en fait l'une des valeurs les plus performantes du CAC 40 vendredi.
Vivendi s'octroie pour sa part près de 6%, au ?gré des résultats d'UMG, qui a publié une croissance de son chiffre d'affaires lié aux abonnements dépassant les attentes au troisième trimestre.
Le groupe spécialisé dans la production et la transformation des minéraux industriels Imerys grimpe de plus de 12% après avoir relevé jeudi soir ses perspectives.
Ailleurs en ?Europe, Puma gagne 6,5% alors que le fabricant allemand de vêtements de sport a ajusté son objectif de perte d'exploitation, tout en publiant un chiffre d'affaires légèrement supérieur aux attentes.
TAUX
L'aversion au risque pousse les opérateurs vers les bons du Trésor américain, considérés comme des valeurs refuges, ce qui entraîne une baisse de leur rendement.
Celui des Treasuries à dix ans cède 6,8 points de base à 4,9206%, tandis que celui du titre à deux ans perd 8,1 points de base à 4,5751%.
Dans ?la zone euro, le rendement du Bund allemand à dix ans perd près de 2 points de base à 3,3394%. Le deux ans ressort à 3,0439%, en légère baisse.
CHANGES
Le dollar s'affaiblit alors que les rendements des obligations américaines reculent dans un contexte de turbulences liées à l'IA. Il perd 0,37% face à un panier de devises de référence.
L'euro, qui avait reculé la veille après les annonces de la BCE, prend 0,14% vendredi pour s'établir à 1,1194 dollar.
PÉTROLE
Les cours du pétrole sont en passe d'enregistrer une quatrième hausse mensuelle consécutive, les opérateurs craignant une éventuelle escalade du conflit entre les États-Unis et l'Iran après les élections de mi-mandat, tandis qu'une nouvelle attaque contre un pétrolier dans le détroit d'Ormuz a mis en évidence les risques persistants pesant sur l'approvisionnement.
Le Brent gagne 2,33% à 117,56 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 2,11% à 104,15 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 30 OCTOBRE :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
DE 13h00 Inflation IPCH (flash) octobre
- sur un mois 0,1% 0,6%
- sur un an 3,1% 3,3%
(Certaines ?données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)