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Optimisme prudent des marchés européens, les pourparlers USA-Iran au centre des attentions
publié le 10/04/2026
(Zonebourse.com) - Hormis Londres en léger repli (-0,07%), les Bourses européennes ont clôturé la dernière séance de la semaine dans le vert. Elles ont rebondi ce vendredi, portées par les espoirs de paix entre les Etats-Unis et l'Iran. Des négociations démarrent ce samedi entre les deux nations à Islamabad au Pakistan, en vue de trouver une issue favorable au conflit au Moyen-Orient.
Le CAC 40 a gagné 0,17% à 8 259,60 points. L'indice phare parisien aura porté ses gains sur l'ensemble de la semaine à 3,73%, son meilleur exercice hebdomadaire depuis près d'un an (fin avril 2025). L'Eurostoxx 50 a avancé de 0,63% à 5 933,45 points.A Wall Street, les indices évoluent en ordre dispersé. Vers 17h45, le Dow Jones cède 0,29%.Suite à l'annonce du cessez-le-feu il y a trois jours avant l'ultimatum que Donald Trump avait fixé à l'Iran, le locataire de la Maison Blanche multiplie les attaques verbales envers Téhéran.
Au troisième jour de cette trêve fragile, le président américain a fait part d'un message sur sa plateforme Truth Social "d'informations selon lesquelles l'Iran fait payer des frais aux pétroliers traversant le détroit d'Ormuz", voie maritime contrôlé par Téhéran qui l'avait bloquée ces dernières semaines."Très rapidement, vous allez voir le pétrole commencer à couler à flots, avec ou sans l'aide de l'Iran", a également affirmé le chef d'Etat américain, dans un second message quelques minutes plus tard.Puis dans un troisième message envoyé hier soir, il estime que "l'Iran fait vraiment du mauvais boulot, indigne certains diraient, pour permettre au pétrole de traverser le détroit d'Ormuz.
"Pour Michaël Nizard, directeur des gestions multi-asset & overlay chez Edmond de Rothschild Asset Management (France), "ce répit, arraché sous forte pression internationale, reposait sur une condition centrale : la réouverture du détroit d'Ormuz, artère vitale du commerce pétrolier mondial. L'accord conclu répond avant toute chose à une urgence : éviter un basculement dans un scénario extrême combinant frappes massives américaines, blocage durable du détroit d'Ormuz, mesure de rétorsion iraniennes sur les capacités de production des pays du Golfe"."Ce détroit concentre une part significative des exportations mondiales de pétrole et de gaz ; sa fermeture prolongée aurait eu des conséquences majeures sur les prix de l'énergie, l'inflation mondiale et la croissance", précise t-il.
Américains et Iraniens en négociations 15 jours au PakistanAlors que les frappes s'intensifient entre Israël (allié des américains) et le Liban (allié des iraniens), le vice-président américain JD Vance mènera la délégation américaine à Islamabad au Pakistan pour entamer de longues discussions ce samedi avec l'Iran pour trouver un accord de paix, aux côtés de l'émissaire spécial Steve Witkoff et Jared Kushner, gendre de Donald Trump, a annoncé la Maison Blanche. Les pourparlers vont se dérouler durant 15 jours.A ce sujet, une délégation iranienne est arrivée à Islamabad informe le Wall Street Journal qui cite des sources proches du dossier. Elle est conduite par le chef de la diplomatie iranien, Abbas Araghtchi, et le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, selon le quotidien américain.
"Comme l'a dit le président des États-Unis, si les Iraniens sont prêts à négocier de bonne foi, nous sommes tout à fait disposés à leur tendre la main", a déclaré JD Vance, mais "s'ils tentent de se jouer de nous, ils verront que notre équipe de négociation ne se montrera pas très réceptive. Nous allons donc essayer de mener des négociations positives", a ajouté le vice-président américain. Au 41ème jour du conflit au Moyen-Orient, les prix du pétrole se situent toujours sous la barre des 100 dollars. Vers 17h45, le Brent progresse de 0,53% à 96,92 USD. Le WTI gagne 1,27% à 99,09 USD.Outre la crise moyen-orientale, un accord de paix serait sur le point d'être conclu entre l'Ukraine et la Russie, selon le principal conseiller de Volodymyr Zelensky, comme le rapporte Bloomberg News ce vendredi.Sodexo chute, Soitec et STMicroelectronics sourientConcernant l'actualité des valeurs, Sodexo (-10,60%) a dévissé, terminant lanterne rouge du SBF 120, après l'annonce de l'abaissement de ses objectifs annuels.
En marge de la publication de ses résultats en net recul au premier semestre de son exercice 2025/2026, le groupe de restauration collective vise désormais une croissance interne du chiffre d'affaires entre 0,5% et 1% contre 1,5 à 2,5% précédemment. La raison de cette révision : une dynamique commerciale sur ce semestre plus faible, ainsi que des volumes inférieurs aux prévisions, dans un environnement externe incertain".Soitec, en revanche, a bondi de 19,01%, occupant largement la première place du SBF 120. Le producteur de matériaux semi-conducteurs profite de la solide performance de TSMC. Le leader taiwainais des semi-conducteurs a enregistré un chiffre d'affaires de 1 130 milliards de dollars taïwanais, soit 35,6 MdsUSD, au premier trimestre, en hausse de 35% sur un an et légèrement au-dessus des attentes. La dynamique s'est particulièrement accélérée en mars, avec une progression de 45,2%, reflétant la forte demande pour les puces de dernière génération utilisées dans les infrastructures d'intelligence artificielle.
Les bons résultats de TSMC ont profité aussi à STMicroelectronics qui a terminé en tête du CAC 40 à la faveur d'un gain de 3,69%.En Europe, Brunello Cucinelli ( 5,25%) a figuré parmi les plus fortes hausses du FTSE MIB à Milan grâce à des résultats meilleurs que prévu au premier trimestre 2026. Le spécialiste italien du cachemire, a annoncé hier soir que ses ventes à taux de change constants ont augmenté de 14% à 369 millions d'euros sur les trois premiers mois de l'année, alors que le consensus prévoyait une croissance de 10% en moyenne à 361 millions. Dans le détail, la croissance a été tirée par la région Amériques (20,3% à changes constants) et l'Asie (17,8%).L'inflation américaine accélère un peu moins que prévu en marsCôté statistiques, les investisseurs ont pris connaissance de l'indice des prix à la consommation (CPI) aux aux Etats-Unis en mars. Il a augmenté à un rythme annuel de 3,3%, un taux en forte hausse par rapport à celui de 2,4% observé le mois précédent, mais Jefferies attendait une envolée jusqu'à 3,5%.Le Département du Travail, qui publie ces chiffres, précise qu'en données sous-jacentes (c'est-à-dire hors énergie et produits alimentaires), le taux d'inflation annuel américain s'est établi à 2,6%, contre 2,5% en février, mais à comparer à 2,7% attendu par Jefferies.
"Le premier chiffre d'inflation américaine depuis le début de la guerre en Iran montre sans réelle surprise une forte accélération à cause de la forte hausse des prix à la pompe. Cela n'implique pas nécessairement pour autant que la Fed remontera ses taux directeurs, car une résolution de la situation au détroit d'Ormuz pourrait défaire une grande partie du mouvement observé ce mois-ci. En effet, les minutes du dernier FOMC montrent que les membres de la Fed prendront leur temps pour analyser les effets de la hausse des prix du pétrole sur l'inflation mais aussi sur le marché du travail", a réagi Bastien Drut, responsable de la stratégie et des études économiques à ce sujet.Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.