Pré-ouverture
La semaine devrait commencer dans le rouge vif en Europe
publié le 08/06/2026
(Zonebourse.com) - Les principales Bourses européennes devraient fortement reculer lundi en début de séance, les investisseurs évitant la prise de risques à la suite d'un nouvel épisode de tensions entre Israël et l'Iran, mais aussi en amont des chiffres de l'inflation américaine et des décisions très attendues de la Banque centrale européenne (BCE).
A en croire les premières indications disponibles, le CAC 40 se dirige vers une ouverture en baisse de 1,3%, le DAX de Francfort est attendu en repli de 1,7% et l'Euro STOXX 50 devrait lâcher autour de 1,6%.Victime d'un rapport américain sur l'emploi largement meilleur que prévu, synonyme d'un possible durcissement à venir de la politique monétaire de la Fed, le CAC 40 avait reculé de 0,3% à 8 218,2 points vendredi, ce qui ne l'avait pas empêché de conserver des gains de 0,4% sur l'ensemble de la semaine, soit sa troisième semaine consécutive de progression.
La tendance a néanmoins été plus lourde à Wall Street, où le S&P 500 a accusé un repli hebdomadaire de l'ordre de 2,5% sous l'effet d'une correction des valeurs liées aux semi-conducteurs, mettant ainsi fin à une série gagnante de neuf semaines d'affilée dans le vert.Une consolidation jugée nécessaireBon nombre de commentateurs évoquent malgré tout un mouvement de consolidation logique, estimant que la phase haussière portée par l'engouement autour de l'IA était depuis longtemps mûre pour une correction significative, alors que le S&P avait bondi de plus de 20% en seulement deux mois.
"La correction en cours est donc plutôt saine et devrait permettre au marché haussier de retrouver un nouvel élan une fois qu'elle sera terminée", juge ce matin Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM.Les opérateurs devraient continuer de se positionner avec prudence alors que l'Iran aurait frappé deux bases militaires israéliennes après avoir subi lui-même une série de bombardements, un scénario qui remet un peu plus en cause le fragile cessez-le-feu conclu il y a deux mois.Le test de l'inflation américaine en ligne de mireLes intervenants devraient par ailleurs limiter leurs initiatives en vue des deux principaux tests de la semaine, l'inflation CPI aux Etats-Unis prévue mercredi et les annonces de la BCE qui tomberont jeudi.
Les chiffres de l'inflation américaine s'annoncent notamment essentiels à l'approche de la prochaine réunion du comité directeur de la Réserve fédérale, la première sous la houlette de son nouveau président Kevin Warsh, attendue les 16 et 17 juin.Selon le consensus, la hausse de l'indice des prix à la consommation devrait avoir accéléré à 4,2% en mai, contre 3,8% en avril, au plus haut depuis avril 2023.Des chiffres supérieurs aux attentes viendraient conforter l'idée actuelle selon laquelle les taux d'intérêt devraient rester élevés pendant une période prolongée.Le pari grandissant de la fermeté monétaireSelon l'outil FedWatch du CME, les contrats à terme sur les taux intègrent désormais une probabilité d'environ 72% de voir la Fed relever son taux directeur de 25 à 75 points de base d'ici à la fin de l'année.
La probabilité d'un statu quo s'établit elle à 27%, tandis que celle d'une baisse des taux est jugée marginale, à moins de 1%.Si le récent choc énergétique a fait resurgir le spectre inflationniste de 2022, le ralentissement de la demande devrait cette fois-ci limiter l'ampleur de la poussée des prix, estiment les analystes."Contrairement à 2022, les stocks sont mieux calibrés, la demande de biens s'est essoufflée, le marché du travail est équilibré et la politique budgétaire s'avère moins expansionniste", rappelle BofA."Par conséquent, même si l'inflation pourrait s'avérer plus élevée que nos prévisions actuelles, nous n'anticipons pas de pic à 9,0 % sur un an comme en 2022", tempère la banque d'affaires.La BCE face au spectre d'une hausse de "précaution"Cela ne devrait pas dissuader la BCE d'opter jeudi pour un relèvement de 25 points de base de son taux directeur, avec un taux de dépôt qui devrait passer de 2% à 2,25%.
L'attente des décisions et des prévisions de l'institution basée à Francfort incite d'autant plus à la prudence que l'annonce d'une accélération de l'inflation en zone euro, la semaine passée, a renforcé le narratif plaidant pour une "hausse de taux de précaution".Ses nouvelles projections de croissance et d'inflation devraient être déterminantes. En supposant que les prix du pétrole ne reviennent pas rapidement à leurs niveaux d'avant-guerre, les prévisions d'inflation pour 2026 et 2027 devront être sensiblement révisées à la hausse, ce qui renforcerait encore l'argument en faveur d'une poursuite du resserrement monétaire.Oracle pour retrouver un peu de souffle ?Autre rendez-vous important, la présentation des résultats trimestriels d'Oracle, prévue mercredi soir, devrait permettre de savoir si le géant californien des logiciels d'entreprise continue bien d'envisager une forte accélération de sa croissance dans les mois qui viennent avec le démarrage de nombreux projets d'infrastructures liées à l'IA.
Après un bond de plus de 20% de son chiffre d'affaires sur le trimestre écoulé, les analystes s'attendent à ce que la croissance du spécialiste du cloud atteigne 27,6% sur le trimestre en cours, une perspective qui devra être confirmée par le groupe originaire de Santa Clara qui compte OpenAI parmi ses clients et dont le cours de Bourse a progressé de 40% cette année.Le pétrole flambe, les taux restent tendusLes rendements obligataires sont pratiquement inchangés dans l'attente de l'inflation américaine et des décisions de la BCE. Aux Etats-Unis, le taux des bons du Trésor américain à dix ans ressort à 4,5360%.A 3,04%, celui du Bund allemand subit une pression supplémentaire liée à l'anticipation désormais quasi certaine d'une hausse des taux de la BCE jeudi.L'euro, qui avait légèrement rebondi vendredi après avoir enchaîné quatre sessions d'affilée de gains face au dollar, fait de nouveau preuve de faiblesse lundi matin, autour de 1,1520 contre le billet vert.Avec le regain de tension au Moyen-Orient, le marché pétrolier s'inscrit en forte hausse, avec un Brent qui prend 4,4% à 97,2 dollars le baril et un brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) qui progresse de plus de 4,2% à 94,3 dollars.
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