Pré-ouverture
Wall Street vue en baisse, les craintes d'inflation pèsent sur l'Europe avant la BCE
publié le 23/07/2026
par Diana Mandia
23 juillet (Reuters) - Wall Street est attendue en baisse et les Bourses européennes reculent jeudi à mi-séance, l'escalade au Moyen-Orient propulsant les ?cours du pétrole à leur plus haut niveau depuis début juin, tandis que les investisseurs analysent un afflux de résultats financiers et attendent la décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) plus tard dans la journée.
Les futures sur indices new-yorkais ?signalent une ouverture en baisse de 0,42% pour le Dow Jones, de 0,27% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,26% pour le Nasdaq. À Paris, le CAC 40 perd 1,03% à 8.351,00 points vers 10h43 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,57% et à Londres, le FTSE 100 cède 0,05%.
L'indice EuroStoxx 50 est en baisse de 0,83%, le FTSEurofirst 300 de 0,60% et le Stoxx 600 de 0,60%.
Le contexte reste tendu au Moyen-Orient, où les Houthis, miliciens yéménites alignés sur l'Iran, ont revendiqué dans ?la nuit de mercredi à jeudi avoir effectué des frappes contre deux pétroliers saoudiens en mer Rouge, menaçant ainsi de créer un second point de blocage pour les livraisons mondiales de pétrole, en plus de celui qui existe déjà dans le détroit stratégique d'Ormuz.
Cette crainte se répercute, sans surprise, sur les cours du brut, le ?baril de Brent s'approchant jeudi des 100 dollars, un niveau qu'il n'avait plus atteint depuis mai, un mois avant la signature ?d'un protocole d'accord entre les États-Unis et l'Iran qui semble désormais très compromis.
Le Brent avance de 5,08% à 98,85 dollars le baril, son plus haut depuis le 3 juin, et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) ?prend 4,46% à 90,71 dollars.
Cette nouvelle flambée des prix du pétrole coïncide avec la réunion de la BCE, qui devrait, selon toutes les prévisions, maintenir ses taux inchangés ce jeudi avant de les relever en septembre pour la deuxième fois depuis juin, dans un contexte géopolitique qui assombrit à nouveau les perspectives d'inflation.
Si les données officielles montrent que l'inflation en zone euro a ralenti à ?2,8% en juin, elle reste bien au-dessus de l'objectif de 2% fixé par la BCE et ?pourrait à nouveau s'accélérer si les perturbations d'approvisionnement en pétrole persistent.
"La BCE devrait adopter un ton résolument restrictif afin de préparer les marchés à une nouvelle hausse des ?taux en septembre, compte tenu de l'absence de solution concernant la réouverture du détroit d'Ormuz", déclare Patrick Barbe, responsable de l'investissement obligataire chez Neuberger.
Le secteur technologique est également sur le devant de la scène, au lendemain de la publication des résultats d'Alphabet et de Tesla, qui ont revu à la hausse leurs prévisions d'investissement dans la course à l'IA, un sujet qui continue d'inquiéter les investisseurs, qui se demandent si tous ces efforts porteront leurs fruits.
Les actions des deux groupes reculent respectivement de 3,6% et ?4,4% dans les échanges en avant-Bourse à New ?York et le compartiment technologie du Stoxx 600 européen cède 1,67%.
Les inquiétudes au sujet de l'IA devraient hanter les investisseurs pendant un certain temps, puisque Microsoft, Meta et Amazon doivent encore publier leurs ?résultats et leurs prévisions la semaine prochaine.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET [L8N43P0UF]
VALEURS EN EUROPE
Les investisseurs analysent également une pluie de résultats d'entreprise.
À Paris, TotalEnergies prend 3,04% après avoir fait état d'un résultat net ajusté en hausse de 67% au deuxième ?trimestre sur fond d'augmentation du prix du pétrole et des marges de raffinage.
BNP Paribas, première banque de la zone euro en termes de bilan, recule de 1,7% malgré un bénéfice net supérieur aux attentes au titre du ?deuxième trimestre.
STMicroelectronics abandonne plus de 15%, le fabricant franco-italien de puces électroniques ayant annoncé un bénéfice trimestriel et des prévisions inférieures aux attentes.
Soitec bondit en revanche de 22%, ?ses chiffres trimestriels étant soutenus par une accélération de la ?demande en Photonics-SOI.
Dassault Systèmes prend 3% et Dassault Aviation grimpe de 8,6% à la faveur notamment de la confirmation par les deux groupes de leurs perspectives respectives.
Thales avance quant à lui de 5,6% après avoir fait état d'une hausse des prises ?de commandes au premier semestre.
Ailleurs en Europe, Moncler dévisse de 7,8% après des ventes du deuxième trimestre impactées par la saisonnalité, entraînant dans ?son sillage les groupes français LVMH, Kering et Hermès, tous dans le rouge.
Le compartiment européen du luxe cède 2,44%.
A Zurich, Nestlé plonge de 6,8%, malgré un chiffre d'affaires trimestriel meilleur que prévu, les analystes évoquant une prise de profit sur le titre.
A Francfort, Traton, division poids lourds ?de Volkswagen, grimpe de 9,3%, porté par le relèvement de sa prévision de croissance pour cette année.
Aidé par la hausse des prix du brut, le compartiment de l'énergie du Stoxx gagne 1,79%, alors que la plupart des autres secteurs sont dans le rouge.
TAUX
Dans l'obligataire, les rendements se tendent en raison des craintes inflationnistes, celui des Treasuries américains à deux ans, plus sensible aux anticipations sur les taux, s'établissant à 4,3171%, un pic depuis février 2025.
Le rendement des Treasuries à dix ans gagne ?2 quant à lui points de base à 4,6769%.
Les traders intègrent une probabilité de 76% d'une augmentation des coûts d'emprunt de la Réserve fédérale (Fed) d'ici septembre, même si la banque centrale américaine devrait laisser ses taux inchangés la semaine prochaine.
Dans la zone euro, le rendement des obligations d'État allemandes à 10 ans s'établit à 3,1873% après avoir dépassé plus tôt dans la séance les 3,2% pour la première fois depuis la crise de la dette qui a secoué la zone euro en 2011.
Le taux à deux ans avance de 2 points de base pour atteindre 2,8594%. Il a atteint plus tôt jeudi les 2,88%, son plus haut niveau depuis juillet 2024.
CHANGES Le dollar grapille 0,05% face à un panier de devises de référence, tandis que l'euro perd 0,03% à 1,1407 dollar, dans l'attente de la décision de la BCE.
Le billet vert s'est apprécié dans les séances précédentes dans un contexte d'aggravation des tensions entre Washington et Téhéran.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 23 JUILLET:
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Inscriptions hebdo au chômage semaine ?au 212.000 208.000
18 juillet
EZ 14h00 Confiance du consommateur juillet -17,0 -17,7
(flash)
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá)