Pré-ouverture
Wall Street vue en baisse, l'Europe, hormis Londres, recule aussi
publié le 14/09/2026
par Claude Chendjou
PARIS, 14 septembre (Reuters) - Wall Street est attendue en repli lundi et les Bourses européennes, hormis Londres, sont également dans le rouge à mi-séance ?dans un contexte de rendements obligataires élevés à l'approche de la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale américaine (Fed). Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture de Wall Street en baisse de 0,26% pour le Dow Jones, de 0,61% pour le Standard & Poor's 500 et ?de 1,51% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 perd 0,70% à 8.121,83 points vers 11h50 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,47%. Londres, riche en valeurs énergétiques, se distingue des autres places européennes, le FTSE prenant 0,59%.
L'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 régresse de 0,26% et l'EuroStoxx 50 de la zone euro de 1,05%. Le Stoxx 600, recule de 0,27%, pénalisé en premier par le compartiment technologique (-2,36%), qui se finance particulièrement par la dette.
En outre, les dirigeants des principales sociétés d'intelligence artificielle (IA) ont plaidé pour un rythme de développement plus lent, ?tandis qu'une nouvelle flambée des prix du pétrole freine l'appétit général pour le risque.
Le directeur général d'Anthropic, Dario Amodei, a ainsi appelé samedi les entreprises spécialisées dans l'IA à mettre en oeuvre un plan en trois étapes visant à modérer les capacités de leurs modèles et à gagner du temps pour gérer les risques associés.
Elon Musk, qui dirige xAI, de ?même que Sam Altman, directeur général d'OpenAI, ont déclaré dans des messages publiés sur X qu'ils partageaient l'avis du patron d'Anthropic.
Ces différents ?plaidoyers ont pénalisé les actions liées à l'IA sur les places asiatiques. SoftBank, qui détient quelque 13% du capital d'OpenAI, a ainsi chuté lundi de 10,72%, tandis que SK Hynix a perdu 6,35% et Samsung Electronics 4,05%. Aux Etats-Unis, un repli ?de Nvidia, de Meta et d'Amazon est également attendu à l'ouverture de Wall Street.
Les mises en garde sur le secteur de l'IA interviennent alors que le rendement des bons du Trésor américain à dix ans est proche de la barre des 5% après avoir touché vendredi son plus haut niveau depuis octobre 2023. Les tensions dans l'obligataire américain sont liées à une accélération de l'inflation aux Etats-Unis, l'indice des prix à ?la consommation (CPI) ayant progressé de 3,4% sur un an en août, selon les chiffres officiels publiés vendredi. Cela ?renforce les anticipations d'une hausse des taux directeurs de la Fed, qui entame mardi une réunion de politique monétaire de deux jours.
Certains analystes considèrent le seuil de 5% pour le ?rendement des obligations américaines à 10 ans comme un facteur critique susceptible de rendre les obligations plus compétitives par rapport aux actions.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
Les actions des poids lourds de la technologie sont indiquées en baisse lundi dans les échanges en avant-Bourse, après une série d'appels lancés par les dirigeants du secteur pour ralentir les progrès de l'IA au nom de la sécurité.
VALEURS EN EUROPE
Les spécialistes des puces comme Soitec et STMicroelectronics chutent respectivement de 14,02% de 6,33% à Paris, tandis que sur les autres places européennes ASML, ASMI, ?Infineon reculent de 5,60% à 9,59% en raison des ?inquiétudes sur l'IA.
Les groupes liés aux centres de données comme Legrand et Schneider perdent respectivement 5,46% et 5,79%.
GSK gagne 4,40% à la faveur de l'annonce de résultats d'essais cliniques positifs pour deux médicaments contre le ?cancer du poumon. Le compartiment de la santé sur le Stoxx 600 progresse de 2,98%.
Zegona Communications s'adjuge 4,83% en réaction à des informations publiées par des médias espagnols concernant un éventuel rachat de Vodafone Espagne par Telefonica (+0,98%).
TAUX
Les rendements des obligations d'État en Europe et aux Etats-Unis ?sont sur des sommets pluriannuels sur fond d'anticipation d'un relèvement des taux directeurs des grandes banques centrales, la flambée des prix du pétrole ayant ravivé les inquiétudes concernant l'inflation.
Le rendement des Treasuries américains à dix ans reste à un ?niveau élevé, s'affichant cependant stable lundi à 4,9711%, tandis que celui à deux ans ressort à 4,6408%, lui aussi pratiquement inchangé. Le 30 ans s'établit à 5,3479%, quasiment au même ?niveau que vendredi.
La Fed devrait relever mercredi de 25 points de ?base ses taux à l'issue de sa réunion, selon le consensus des traders, suivant une décision similaire prise par la Banque centrale européenne (BCE) la semaine dernière.
Le rendement du Bund allemand à dix ans monte d'environ deux points de base, à 3,521%, après avoir pris plus ?de 16 points la semaine dernière, sa plus forte progression hebdomadaire depuis début mars, juste avant le déclenchement de la guerre israélo-américaine contre l'Iran.
Le dix ?ans allemand a touché lundi un sommet de plus de 17 ans, à 3,53%.
La tension est encore plus vive sur le rendement de l'OAT française de même échéance, qui s'affiche à 4,4813%, en hausse de 3,3 points de base alors que le Premier ministre, Sébastien Lecornu, doit présenter un projet de budget ?pour 2027 en conseil des ministres à la fin du mois, texte qui doit être déposé à l'Assemblée nationale au plus tard le 6 octobre.
L'écart de rendement entre le Bund et l'OAT à dix ans frôle désormais la barre des 100 points de base, après avoir dépassé vendredi le niveau le plus élevé depuis 2012.
CHANGES
Le dollar progresse de 0,40% face à un panier de devises internationales, après avoir touché en séance un plus haut de deux semaines, alors que le conflit au Moyen-Orient ont fait grimper les prix du pétrole ?et poussé les investisseurs vers cette devise refuge.
L'euro recule de 0,43%, à 1,1548 dollar, après être tombé en séance à un creux d'un mois, à 1,153 dollars.
La livre sterling s'échange à 1,3493 dollar, en baisse de 0,18%, ne profitant pas des anticipations selon lesquelles la Banque d'Angleterre (BoE) devrait relever ses taux à deux reprises d'un quart de point d'ici la fin de l'année, contre une seule hausse anticipée la semaine dernière.
PÉTROLE
Le marché pétrolier continue de se raffermir après que de nouvelles frappes contre des infrastructures énergétiques saoudiennes et des attaques contre des navires au Moyen-Orient ont exacerbé les craintes concernant l'approvisionnement.
Le Brent bondit de 3,41% à 108,22 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) monte de 3,18% à 103,26 dollars.
Les cours du pétrole ont grimpé d'environ 9% la semaine dernière alors que les attaques au Moyen-Orient s'intensifiaient.
Le secrétaire américain à l'Energie, Chris Wright, a cependant souligné lundi que la moyenne mobile sur sept jours des livraisons de pétrole escortées par la marine américaine à travers le détroit d'Ormuz était en hausse et continuerait d'augmenter.
AUCUN INDICATEUR ÉCONOMIQUE MAJEUR ?À L'AGENDA DU JOUR
(Rédigé par Claude Chendjou, avec la contribution de Gregor Stuart Hunter;)