Pré-ouverture
Wall Street vue dans le désordre, l'Europe suspendue à la BCE
publié le 10/09/2026
par Diana Mandia
10 septembre (Reuters) - Wall Street devrait ouvrir en ordre dispersé et les Bourses européennes se montrent prudentes jeudi à mi-séance, les ?investisseurs se préparant à une nouvelle hausse des taux de la Banque centrale européenne (BCE) plus tard dans la journée, avec la crainte d'une politique monétaire plus restrictive à l'avenir en raison de la remontée des prix du pétrole.
Les futures sur indices ?new-yorkais signalent une ouverture en hausse de 0,22% pour le Dow Jones et de 0,09% pour le Standard & Poor's-500, tandis que le Nasdaq devrait ouvrir sur un recul de 0,22%. À Paris, le CAC 40 grappille 0,15% à 8.169,11 points vers 10h30 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,08% et à Londres, le FTSE 100 cède 0,38%.
L'indice EuroStoxx 50 est en baisse de 0,10%, le FTSEurofirst 300 perd 0,17% et le Stoxx 600 cède 0,15%.
Selon toutes les prévisions, la BCE ?annoncera à 12h15 GMT une nouvelle hausse de ses taux d'intérêt de 25 points de base, la deuxième de cette année, ce qui portera son taux de dépôt à 2,50%.
L'institut basé à Francfort entend ainsi endiguer une inflation qui s'est accélérée à 3,3% en août, bien au-dessus de sa cible, sous l'effet de ?la hausse vertigineuse des prix de l'énergie provoquée par la guerre au Moyen-Orient, dont la dernière escalade cette semaine a ?de nouveau fait grimper le prix du Brent au-delà des 100 dollars le baril.
Le marché suivra donc de très près les nouvelles projections macroéconomiques de la BCE et tout signe indiquant qu'elle serait prête à ?resserrer davantage sa politique monétaire si les perspectives d'inflation ne s'amélioraient pas.
Les marchés financiers anticipent actuellement une nouvelle hausse des taux d'ici la fin de l'année, après celle prévue jeudi, mais les économistes, en revanche, estiment que le relèvement de jeudi pourrait être le dernier pour l'instant.
Les conditions de financement se sont déjà durcies, les rendements obligataires à long terme atteignant des sommets jamais vus ?depuis la crise financière, ce qui reflète les craintes liées à l'inflation et les inquiétudes ?concernant l'explosion de la dette publique.
Deutsche Bank estime que les prévisions de croissance de la BCE pour 2026 et 2027 feront l'objet de légères révisions à la ?hausse, tout comme celles concernant l'inflation pour 2027 et 2028, mais s'attend à ce que la banque centrale se contente de réitérer son discours habituel sur son orientation en fonction des données économiques.
"La question essentielle pour moi est la suivante : ont-ils réalisé des simulations pour évaluer l'impact négatif sur la croissance d'une nouvelle hausse?", déclare Keith Patton, analyste chez Columbia Threadneedle.
En attendant la BCE, l'indice définitif des prix à la consommation en Allemagne a confirmé jeudi une accélération de l'inflation ?à 2,9% sur un an dans la première économie ?de la zone euro.
Aux États-Unis, les investisseurs suivront de près une série de données jeudi, notamment l'indice des prix à la production (PPI) prévu à 12h30 GMT, avant la publication de l'indice ?des prix à la consommation vendredi. Ces deux rapports sont considérés comme déterminants pour définir la position de la Réserve fédérale (Fed) lors de sa réunion de politique monétaire la semaine prochaine.
LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
VALEURS EN EUROPE
À Paris, ?Abivax prend 1,78%, Goldman Sachs ayant entamé son suivi sur la biotech française avec une recommandation d'achat, soulignant le potentiel de revenus de plusieurs milliards de dollars de son médicament phare, l'obefazimod.
Eramet gagne près de ?3% après avoir annoncé jeudi matin le redémarrage des opérations minières de PT Weda Bay Nickel en Indonésie.
À Londres, l'action Associated British Foods plonge de plus ?de 10% après que le groupe britannique a annoncé que ?le chiffre d'affaires à périmètre constant de Primark devrait reculer de 3% au trimestre se terminant le 12 septembre.
La holding belge D'Ieteren, qui a fait état mercredi d'une hausse de 6,6% de son bénéfice semestriel, prend 2,8%.
TAUX Les rendements des obligations ?d'État de référence dans la zone euro évoluent sur de faibles variations jeudi en attendant la BCE, mais restent proches de leurs ?plus hauts niveaux depuis plusieurs années.
Le rendement du Bund allemand à dix ans grappille 0,3 points de base pour s'établir à 3,4411%. Il a atteint 3,4514% plus tôt dans la séance, un pic depuis avril 2011.
Le deux ans est inchangé à 3,0479%.
En France, le rendement ?de l'OAT à dix ans ressort à 4,3346%, un niveau qui n'avait plus été atteint depuis la crise financière de 2008.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans affiche un gain de 2 points de base à 4,8569% et évolue à son plus haut depuis novembre 2023. Le département américain du Trésor a annoncé mercredi un programme de rachat de 6 milliards de dollars d'obligations à long terme, mais le marché s'attendait à un montant plus élevé, ce qui ?explique la réaction du marché obligataire.
Le rendement du titre à deux ans avance de 1,3 point de base à 4,4404%.
CHANGES
Le marché des changes est stable jeudi en attendant les annonces de politique monétaire de la BCE. Le dollar grappille 0,01% face à un panier de devises de référence et l'euro et également quasi inchangé à 1,1633 dollar.
PÉTROLE
Les prix de référence du pétrole restent au-dessus des 100 dollars le baril alors que les opérateurs s'apprêtent à faire face à de nouvelles perturbations de l'approvisionnement.
Le Brent avance de 0,68% à 101,90 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 1,32% à 97,32 dollars.
Le Wall Street Journal, citant des responsables américains, a rapporté mercredi que le conflit avec l'Iran pourrait durer jusqu'à la fin du mandat de Donald Trump, ce qui ne contribue pas à améliorer le moral.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 10 SEPTEMBRE :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 12h30 Prix à la production (PPI) août
- sur un mois 0,4% 0,0%
- sur un an 5,3% 4,7%
USA 12h30 Inscriptions hebdomadaires au semaine au 205.000 206.000
chômage 5 sept.
(Certaines données peuvent ?accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Benoit Van Overstraeten)