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Interview de Adreas Hoefert  : Responsable de la Recherche économique au sein d'UBS Wealth Management

Adreas Hoefert

Responsable de la Recherche économique au sein d'UBS Wealth Management

C'est le fonctionnement de la planche à billets qui milite surtout pour une poussée de fièvre sur le marché actions

Publié le 16 Décembre 2010

Beaucoup d’experts envisagent un rallye sur le marché des actions l’année prochaine. Vous partagez cet avis. Quels sont selon vous les arguments majeurs qui plaident pour cette thèse ?
Je ne pense pas qu’il faille regarder les fondamentaux pour parier sur le rebond des marchés actions.
La justification de ce rebond est davantage à rechercher du coté de la création monétaire. Il y a beaucoup de liquidités de disponible. Et il faut bien que cet argent se place quelque part. Aussi, il vaut mieux qu’il se place sur les actions plutôt que sur les obligations d’Etat qui sont très chères et qui présentent des risques important de mini krach.
C’est donc le fonctionnement de la planche à billets qui milite surtout pour une poussée de fièvre sur le marché actions.

Ne peut-on pas envisager plutôt compte tenu des incertitudes qui pèsent sur l’environnement macro économique que cet argent servira à davantage épargner ?
Cela fait trois ans que les investisseurs font preuve de prudence.
De plus en plus de gens ont vu leur pouvoir d’achat nettement diminuer et/ou sont confrontés à une montée des pressions inflationnistes. Il y a de la recherche de rendements.

Une allocation géographique est à faire ?
Ces actions ne seront pas à acheter en vrac. Il faudra procéder à une discrimination géographique. On observe très clairement deux catégories de pays. D’un coté les pays comme l’Allemagne, la Suisse et les pays du Sud-est asiatique (Indonésie, Corée, Thaïlande) qui affichent une très bonne conjoncture et de l’autre coté des pays comme les pays périphériques de la zone euro, la France, le Royaume-Uni, les Etats-Unis où la croissance est soit atone soit inexistante.

Quel potentiel de rebond peut-on espérer ?
Nous pouvons envisager un potentiel de progression de 10 à 12% sur les marchés développés et de 15 à 20% sur les marchés émergents.

L’appétit pour le rendement devrait prendre le dessus sur l’aversion pour ces risques...
Ces risques sont bien connus aujourd’hui. Nous avons tout d’abord la crise de la dette en zone euro. Nous allons au devant d’autres difficultés sérieuses. Les problèmes sur le Portugal et l’Espagne devraient s’accentuer. Par ailleurs, les politiques seront de plus en plus confrontés à des décisions cruciales à prendre pour la gouvernance de l’Europe lorsque s’intensifieront les complications en Italie, en Belgique et en France.
Aux Etats-Unis, le déploiement d’une politique monétaire et fiscale très laxistes font courir le risque d’un revirement de la part des investisseurs qui à moment donné prendront conscience que la situation n’est plus tenable.
Une mise en faillite de la Californie ou d’autres municipalités n’est pas à exclure.
Un dérapage de la Chine est également à craindre. Le pays connait une inflation de l’ordre de 5%. Certes cette inflation est en grande partie due à une flambée des prix des produits alimentaires mais lorsque l’on se dit que l’alimentation représente une forte part du panier des ménages, on se dit également que des répercussions sociales ne sont pas rejetées. Cela pourrait jeter un froid sur l’économie du pays ce qui serait très dommageable sur le reste de l’économie mondiale.

Imen Hazgui

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