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Interview de Xavier Gallot-Lavallée : PDG de MND Group

Xavier Gallot-Lavallée

PDG de MND Group

Nous visons une croissance de 30% par an en moyenne sur les trois prochaines années

Publié le 11 Octobre 2013

Pouvez-vous nous présenter Montagne et Neige Développement (MND), votre société qui s’apprête à entrer en bourse ?

MND est un groupe français, spécialiste de l’aménagement en montagne, qui réalise environ 60 millions d’euros de chiffre d’affaires dont les deux-tiers à l'export. Nous sommes présents dans une cinquantaine de pays bien sûr en Europe et aux USA mais aussi dans de nombreux pays émergents. Nous sommes l’un des seuls acteurs au niveau mondial à proposer une offre globale d’aménagement en montagne, pour l’hiver comme l’été. Cela va de la sécurisation des domaines skiables (filets de sécurité, systèmes anti-avalanche), où nous sommes numéro un mondial, à la création de zones de loisirs (via ferrata, parcs aventures, luges d’été) en passant par les systèmes d’enneigement et les remontées mécaniques. Nous avons quatre sites de production : deux en France, un en Allemagne et un en Suède et employons 264 personnes.

Pour quelles raisons faites-vous appel au marché ?

L’entrée en bourse répond à plusieurs objectifs. Tout d’abord, elle nous permettra de financer l’acquisition du groupe Snownet, spécialiste des solutions d’enneigement qui fera de nous le deuxième plus gros acteur de ce marché au niveau mondial. La réalisation de cette acquisition est soumise à la réussite de l’IPO.
D’autre part, l’introduction en bourse vise à accompagner notre croissance, qui est très rapide. Nous avons un objectif de 30% de croissance annuelle en moyenne sur les trois prochaines années, grâce notamment à nos récentes acquisitions. Nous tablons ainsi sur un chiffre d’affaires de 75 millions d’euros pour l’exercice en cours (clôture en mars 2014, ndlr) et de 150 millions d’euros à l’horizon de mars 2016.
Enfin nous voulons développer une nouvelle activité dans le domaine du transport urbain par câbles.

En quoi consiste exactement cette nouvelle activité ?


Le transport urbain par câbles a vocation à se développer partout dans le monde au cours des prochaines années, car c’est un moyen de transport doux (zéro émission de CO2) et économique. Le marché mondial est estimé à 2,5 milliards d’euros. Grâce à l’acquisition d’une licence exclusive de 15 ans sur la technologie Cabline, MND accède aux nombreux projets de téléphériques urbains développés partout dans le monde et notamment au sein des grandes métropoles confrontées aux problématiques de densité urbaine et d’intermodalité. Nous disposons d’une technologie très innovante par rapport aux systèmes existants (New York, Montréal, Nice, etc), nous sommes convaincus de son fort potentiel. Nous espérons réaliser les premières installations dès 2015.

Quelles sont vos perspectives de croissance sur le marché de l’aménagement en montagne ? N’est-ce pas un marché mâture ?

Le marché de l’aménagement en montagne se caractérise par un fort taux de renouvellement. Chaque année les stations investissent entre 35 et 40% de leur chiffre d’affaires annuel (soit 300 m€ en France par exemple) dans la mise à niveau de leurs équipements et dans l’extension de leur domaine skiable. Par ailleurs, nous enregistrons une très forte croissance dans les pays émergents qui investissent quant à eux dans la création complète de stations clés en mains avec une réelle approche été/hiver. Nous sommes très présents en Turquie, en Chine, ainsi que dans les pays d’Europe de l’Est avec par exemple un très beau contrat de sécurisation des pistes pour les JO de 2014 à Sotchi en Russie .

Qu’est-ce qui pourrait convaincre un investisseur de souscrire à votre augmentation de capital ?


MND est une société rentable et en forte croissance, parmi les leaders mondiaux dans son domaine. Après une phase de consolidation de nos récentes acquisitions, nous entrons dans une phase de fort développement. C’est pourquoi nous avons besoin de nouveaux investisseurs. Du reste, nous visons une marge opérationnelle supérieure à 10% à l’horizon 2016. Aujourd’hui, le capital est détenu à 85% par les dirigeants et cadres du groupe. Après l’introduction en bourse, en fonction de l’exercice des différents options, le flottant se situera entre 28 et 37%. De plus, nous sommes dans une logique de retour à l'actionnaire, puisque nous prévoyons de verser 20% du résultat net sur l'exercice clos en mars 2015, puis de tenir un rythme de 30% lors des exercices suivants.

Propos recueillis par François Schott

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