Espace International - News, articles, interviews et dossiers

Interview de Fady Khallouf : Directeur général de Futuren (ex Theolia)

Fady Khallouf

Directeur général de Futuren (ex Theolia)

Tous les projets que nous mettons en route aujourd'hui ont une très forte rentabilité

Publié le 17 Mars 2016

Futuren (ex Theolia) a dégagé en 2015 son premier bénéfice net (3,4 millions) et a réduit sa dette de moitié. Les chiffres traduisent enfin le redressement auquel vous vous êtes attelé depuis 2010
Lorsque j'ai pris la direction du groupe en 2010 la marge Ebitda était négative. Autrement dit l'entreprise était en faillite. Il a fallu mettre en place un nouveau modèle d'activité, restructurer des sociétés mal gérées, et arrêter ou faire sortir du périmètre du groupe des activités qui n’avaient rien à y faire. Nous avons également restructuré notre dette obligataire fin 2014…Cette profonde transformation porte ses fruits aujourd'hui avec ce premier bénéfice net depuis 1999 et un modèle de croissance rentable. Notre cœur d'activité, la production d'électricité à partir d'énergie renouvelable, se caractérise par sa récurrence sur le long terme. Cette activité contribue à 86 % dans la formation de notre chiffre d'affaires. Notre marge brute se monte à 58% du chiffre d'affaires, parmi les meilleures du secteur. Tous les projets que nous mettons en route aujourd'hui ont une très forte rentabilité. C'est une nouvelle page de notre histoire que nous écrivons.

Vous étiez encore en perte au premier semestre (-400 000 euros). Qu'est-ce qui vous a fait basculer du côté positif au second?
Le premier semestre 2015 montrait déjà une forte amélioration de notre résultat. Au second semestre nous avons mis en service un nouveau parc éolien qui s'est traduit par une augmentation de notre cash flow et de notre marge nette. Dans notre modèle chaque nouvelle mise en service d'un parc augmente notre rentabilité. Cela est rendu possible par des coûts de structure quasiment constants. Ainsi un ingénieur basé en Allemagne peut travailler pour un parc situé en France, ou au Maroc, et inversement. L'expertise technique et financière est mutualisée. Bien sûr il y a des coûts de maintenance qui augmentent avec le parc installé, mais ils sont largement absorbés par les revenus générés.

Quels sont vos objectifs pour l'année en cours?
Nous ne communiquons pas d'objectifs financiers pour l'année en cours mais, comme je vous l'ai dit, tous les projets que nous mettons en route ont un impact positif sur le chiffre d'affaires et sur le résultat net. En termes d'activité, nous voulons doubler notre capacité installée en France et au Maroc, ce qui revient à augmenter notre portefeuille global de 10% en moyenne par an pendant 4 ans. Nous avons déjà 187 MW de projets autorisés et prêts à être mis en chantier dans ces deux pays.

Pourquoi privilégiez-vous aujourd'hui un développement en France et au Maroc?
Compte tenu des investissements que nous y avons déjà réalisés, ces deux pays sont les plus rentables pour nous. Par ailleurs ils se sont fixés des objectifs ambitieux en matière de développement des énergies renouvelables. En France la loi sur la transition énergétique offre un cadre stable et attractif pour le développement des énergies renouvelables, après plusieurs années d'instabilité réglementaire. Il y a une vraie volonté d'encourager le développement de nouveaux projets éoliens grâce notamment à un raccourcissement des délais en matière d'autorisations et à des contrats de long terme avec les exploitants. Au Maroc, l'objectif est d'atteindre 50% de la production d'électricité à partir d'énergie renouvelable d'ici 2030. Le pays dispose d'un fort potentiel en matière de solaire mais aussi d'éolien. C'est pourquoi nous avons prévu d'y développer 300 MW d'éolien, en partenariat avec l'Office national de l'électricité et de l’Eau potable (ONEE).

Quelle est votre politique en matière de dividende?
Lorsque nous avons restructuré notre dette obligataire en 2014, nous nous sommes engagés auprès de nos créanciers à ne pas verser de dividende avant 2018. Cela dit c'est notre volonté de redistribuer une partie de nos bénéfices à nos actionnaires, le moment venu. Cela fait partie de notre stratégie de croissance rentable.

Propos recueillis par François Schott

OK, tout accepter
Fermer