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Interview de Nicolas  Caplain  : Directeur de la sélection de fonds externes au sein de La Banque Postale Asset Management

Nicolas Caplain

Directeur de la sélection de fonds externes au sein de La Banque Postale Asset Management

Une bonne sélection des fonds exige comme première étape de distinguer l'ensemble des classes d'actifs investissables

Publié le 11 Mai 2017

Distinguer l’ensemble des classes d’actifs investissables. Qu’est-ce que cela signifie…
Il découle de la théorie financière que la bonne construction d’un portefeuille repose sur une diversification de son allocation. Dans une logique de maximisation du gain en capital, l’investissement doit à la fois considérer des actifs sans risque et des actifs risqués. Sous certaines conditions, notamment l’efficience des marchés, le portefeuille d’actifs risqués optimal est composé de l’ensemble des classes d’actifs « investissables » pondérées par leur capitalisation respective. Ceci nécessite donc au préalable de distinguer toutes ces classes d’actifs.

Quelle en est la finalité ?

Dès lors que le marché n’est pas efficient, l’objectif de cette distinction des classes d’actifs investissables est de déterminer les bons instruments à utiliser pour obtenir une surperformance par rapport aux indices de référence, au sein de chaque classe d’actifs donnée.

Est-il possible d’établir une liste exhaustive de ces classes d’actifs investissables ?

Oui. Il y a alors deux approches possibles pour procéder à cette liste. La première approche revient à raisonner par typologie d’actifs. La seconde implique une analyse par risque.

Quelle idée se cache derrière la première approche ?

L’ensemble des classes d’actifs identifiables renvoie à deux classes d’actifs principales : les actions et les obligations. A partir de ces deux grandes sources, la déclinaison peut se faire sur un plan type de produit, taille de sociétés, ou encore suivant une dimension géographique, sectorielle...

Qu’en est-il de la seconde approche ?

Deux risques majeurs sont à distinguer : le risque de capital, et le risque de taux. Des subdivisions sont ensuite discernables : risque de sensibilité, risque de crédit, risque de liquidité, risque de volatilité, risque lié aux perspectives bénéficiaires des entreprises…
Le postulat alors majoritairement admis est que plus le risque pris est élevé, plus il est potentiellement rémunérateur.

Où mettriez-vous les devises ?

Les devises constituent une classe d’actifs à part dans la mesure où chaque investisseur a tendance à raisonner par rapport à sa propre devise. Il y a donc un biais manifeste qui influe nécessairement sur la palette des véhicules à disposition.

A quelle approche avez-vous recours dans le cadre de votre sélection de fonds ?

Nous sommes le plus souvent amenés à intégrer les deux approches dans notre démarche. Pour certaines classes d’actifs comme les obligations convertibles, il est indispensable d’examiner les risques sous-jacents afin de procéder à une cohérente comparaison entre risque action et risque obligation.
De même à l’intérieur des fonds actions, il nous est essentiel d’appréhender des risques factoriels comme le risque de petites capitalisations.

Vous avez clairement une préférence pour les fonds spécialisés sur une classe d’actifs donnée ?

Absolument. Nous avons en tête que le gérant qui pilote un fonds spécialisé sera doté d’une recherche plus approfondie, d’une expertise particulière qui lui permettra d’avoir davantage d’alpha et donc un meilleur track record.
Il est important de disposer d’une base de données assez complète des fonds d’investissement existants. Nous avons une visibilité sur l’ensemble des fonds ouverts de droit européen.
Notre expérience nous aide par ailleurs à procéder à un examen poussé et efficace.

Est-ce à dire que vous n’optez jamais pour des fonds globaux ?

Il est assez rare que nous choisissions de nous positionner sur un fonds global. Si tel est le cas, notre décision est motivée par la thématique du fonds qui nous permet de nous exposer à une prime de risque particulière.

Propos recueillis par Imen Hazgui