Interview de Sébastien PELTIER : CEO et co-fondateur

Sébastien PELTIER

CEO et co-fondateur

Notre objectif prioritaire est de générer rapidement du chiffre d'affaires

Publié le 20 Octobre 2022

Pour commencer, pourriez-vous nous présenter votre entreprise en quelques mots ?

Valbiotis est une biotech créée en 2014 et spécialisée dans la chimie du végétal, qui compte 47 collaborateurs et a levé depuis l’origine 42,2 millions d’euros. Nous concevons des compléments alimentaires destinés à lutter contre la prévalence de quatre grandes maladies métaboliques et cardiovasculaires : l’hypercholestérolémie, l’hypertension artérielle, le diabète et les atteintes métaboliques du foie. Nos quatre produits, baptisés TOTUM•63, TOTUM•070, TOTUM•854 et TOTUM•448, sont actuellement au stade du développement clinique. Et notre activité, historiquement basée sur la R&D, se restructure en ce moment vers l’exploitation commerciale de nos solutions.

Quelle importance faut-il donner aux pathologies que vous ciblez ?

Elles sont tout simplement omniprésentes. L’hypercholestérolémie à elle seule concerne par exemple 39 % des adultes dans le monde. Du point de vue de ces maladies, notre époque se trouve en situation de sur-risque, et le mouvement va encore s’aggraver. C’est la même chose en France, où l’hypercholestérolémie concerne 49 % de la population. La prévalence de ces risques, qui en font une grande cause de notre époque, est aussi ce qui fait de ce domaine un marché particulièrement puissant. Au niveau de l’Hexagone, les compléments alimentaires représenteraient en 2025 un chiffre d’affaires annuel de 3,2 milliards d’euros, de 23 milliards d’euros en Europe et de 250 milliards d’euros à l’échelle de la planète !

Quels sont les principaux facteurs qui déterminent le risque d’être victime de ces pathologies ?

Le risque prend racine dans plusieurs facettes de l’existence de la personne. La première est son patrimoine génétique, qu’elle ne choisit pas. Ce qui n’est en revanche pas le cas des deux autres, les véritables fléaux modernes que sont la mauvaise alimentation et la sédentarité. Les dommages progressifs qu’elles causent à l’organisme favorisent peu à peu l’émergence d’un terrain propice à l’apparition de ces pathologies.

Quelle est la particularité des solutions apportées par vos produits ?


Tout d’abord, je rappelle qu’il s’agit de compléments alimentaires et non de médicaments, ce qui a une grande importance sur la manière de les évaluer et de les commercialiser. Partant de cela, et c’est la première originalité de nos produits, ils s’adressent à des personnes concernées par un risque, mais qui ne sont pas encore vraiment malades. Le bénéfice visé par leur consommation sera donc de réduire ce risque. Autre singularité forte : nos produits sont tous d’origine végétale et liés à une expertise développée dans la chimie des plantes. Nous avons donc associé cette approche naturelle à une approche scientifique impliquant le suivi des standards pharmaceutiques, en l’appliquant à un besoin médical très précis sur lequel nous avons peu de concurrents.

Valbiotis opère en ce moment une mue de biotech à entreprise commerciale…

Notre produit TOTUM•63, qui s’adresse aux diabétiques et prédiabétiques de type 2, fait déjà l’objet depuis 2020 d’une exploitation par l’entremise de Nestlé Health Science. Ce partenariat, signé avec un acteur majeur du marché qui dégage un chiffre d’affaires annuels de l’ordre de 4 milliards de francs suisses, concerne la France et le monde entier. Cette opération est un réel succès pour Valbiotis, d’abord par son caractère rassurant pour de futurs partenaires, et ensuite pour le chiffre d’affaires de 8 millions d’euros qu’il a déjà généré à ce jour. Ce début d’exploitation de TOTUM•63 représente donc une étape cruciale pour Valbiotis qui, après huit années d’intense R&D, initie la transformation de biotech à entreprise à part entière.

À ce propos, où en est le développement de vos autres produits ?

TOTUM•63 obtiendra les résultats des études de Phase II/III au premier semestre 2023. Concernant TOTUM•070, nous avons achevé la Phase II. Le recrutement est en cours pour réaliser les Phases II/III de notre produit TOTUM•854. Quant à TOTUM•448, il est en phase d’initiation clinique. Pour résumer, cela signifie que nos quatre TOTUM sont déjà réglementairement autorisés à être commercialisés en Europe. Par ailleurs, nous avons également engagé des études précliniques sur les micro-algues et progressons sur d’autres programme de R&D.

Quelle stratégie commerciale souhaitez-vous mettre en place pour les autres produits de la gamme TOTUM ?

Notre objectif prioritaire est désormais de générer rapidement du chiffre d’affaires pour réaliser notre mue commerciale. Dans cette optique, Valbiotis se lance dans la recherche de nouveaux partenaires globaux ou régionaux pour nouer à horizon fin 2023 des accords de licences ou de distribution pour TOTUM•070, TOTUM•448 et TOTUM• 854. Nous sommes pour cela accompagné par l’expertise du cabinet AEC Partners, qui a déjà abouti l’accord avec Nestlé Health Science sur notre premier produit. Nous entendons toutefois négocier ces nouveaux accords en réservant à Valbiotis l’exploitation commerciale en direct sur le territoire français. C’est la manière la plus rapide et la plus efficace de générer des revenus pour l’entreprise et de maximiser sa rentabilité à moyen terme. Dernier élément de notre stratégie de déploiement, nous allons poursuivre la structuration de l’entreprise pour sécuriser la chaîne d’approvisionnement.

En France, comment comptez-vous relier l’entreprise à vos patient ?


Nous allons passer par le médecin généraliste, qui nous semble le bon trait d’union avec le consommateur. En effet, n’étant pas encore malade, celui-ci ne se rend pas chez un spécialiste. C’est donc au médecin du quotidien de le conseiller pour accompagner le risque. Par ailleurs, nos produits seront en vente libre dans les pharmacies et les parapharmacies, ainsi qu’en ligne.

Avez-vous prévu de vous développer au-delà du domaine que vous occupez aujourd’hui ?

Demain, Valbiotis se déploiera certainement sur d’autres aires thérapeutiques que les quatre pathologies que nous ciblons aujourd’hui. Le lancement de l’exploitation commerciale ne signifie en effet pas du tout que nous cessons notre activité de R&D en interne. Au contraire, nos efforts dans ce domaine seront renforcés parallèlement au développement commercial de Valbiotis. L’objectif est de maintenir la qualité de notre recherche pour préparer le pipeline de demain, et de mener à bien les processus cliniques engagés de manière à obtenir des allégations de santé propriétaires. Les résultats que nous enregistrons déjà, notamment dans l’utilisation des micro-algues, sont porteurs d’espoir et plaident pour un développement poussé qui mènera Valbiotis à lutter contre d’autres pathologies.

En guise de conclusion, sauriez-vous formuler la mission de votre entreprise ?

Notre raison d’être, c’est de concevoir des produits capables de venir en aide à des personnes faisant face à un risque métabolique ou cardio-vasculaire. Dans cette zone grise entre la pleine santé et la maladie, le soutien se résume souvent à un conseil en diététique. Nos produits permettent de reculer le plus tard possible la survenue d’une pathologie, et d’envoyer des signaux positifs au patient pour lui montrer qu’il est capable de gagner du temps et d’améliorer les choses.



Aymeric JEANSON

Prix entreprise citoyenne cotée en bourse