Les Bourses européennes hésitent à mi-séance, la politique monétaire sur le devant de la scène
par Diana Mandia
7 septembre (Reuters) - Les Bourses européennes hésitent lundi à mi-séance, les investisseurs restant prudents face aux craintes inflationnistes à quelques jours de la réunion ?de la Banque centrale européenne (BCE) et après la publication d'un rapport sur l'emploi aux États-Unis susceptible de réduire la marge de manoeuvre de la Réserve fédérale (Fed) pour maintenir le statu quo.
La Bourse de New York est fermée lundi en raison de la fête du Travail américaine, ?ce qui entraîne une baisse des volumes.
À Paris, le CAC 40 gagne 0,11% à 8.287,95 points vers 10h36 GMT.
À Francfort, le Dax recule en revanche de 0,26% et à Londres, le FTSE 100 prend 0,20%.
L'indice EuroStoxx 50 est en baisse de 0,07% et le FTSEurofirst 300 de 0,01%, tandis que le Stoxx 600 grappille 0,02%.
La politique monétaire occupera une place prépondérante cette semaine, avec la décision de la BCE prévue jeudi, dans un contexte de risques inflationnistes ravivés par les tensions dans le détroit d'Ormuz et sans perspective de résolution à court ?terme du conflit entre les États-Unis et l'Iran.
Le marché anticipe largement une hausse des taux dans la zone euro à 2,50%, la deuxième depuis le début de la guerre fin février, dans le but de freiner une inflation qui reste bien supérieure à l'objectif fixé par Francfort.
"Nous nous attendons à ce que les nouvelles projections de la BCE fassent apparaître une ?inflation globale légèrement plus élevée en 2027, tandis que la trajectoire de l'inflation sous-jacente devrait rester globalement inchangée", écrit dans une note ?Konstantin Veit, analyste chez PIMCO.
L'Iran a déclaré lundi qu'il allait annoncer dans les prochains jours la création d'une nouvelle zone réglementée dans le Golfe, ajoutant qu'il publiera également les cartes d'un nouveau couloir de navigation traversant le détroit d'Ormuz, ce qui, ?conjugué aux attaques contre des navires survenues dans la région ce week-end, maintient les prix du pétrole brut au-dessus de 95 dollars le baril.
"Il est peu probable que Christine Lagarde ferme la porte à une autre hausse de taux, ne serait que pour montrer sa vigilance au risque inflationniste", estiment les économistes d'ODDO, soulignant toutefois que la résistance des "colombes" au sein de la banque centrale pourrait se renforcer après le relèvement de ?juin et celui anticipé pour jeudi.
L'économie du bloc montre des signes de résilience malgré la hausse des prix, ?et la croissance du PIB au deuxième trimestre a été révisée à la hausse, à 0,6%, dans les chiffres définitifs publiés lundi par Eurostat.
Aux Etats-Unis, l'un des principaux événements de ?cette semaine sera la publication, vendredi, du rapport sur les prix à la consommation du mois d'août, d'autant plus que les chiffres du marché du travail, meilleurs que prévu, ont renforcé la semaine dernière les anticipations d'une hausse des taux ce mois-ci, un scénario que les économistes continuent d'analyser.
En outre, les opérateurs surveillent toujours le marché obligataire, dans un contexte marqué par une combinaison de facteurs allant des risques inflationnistes à la dette publique élevée, en passant par des échéances électorales à risque.
Le parti d'extrême droite "Alternative pour l'Allemagne" (AfD) est arrivé largement en ?tête des élections régionales dimanche en Saxe-Anhalt, devenant le premier ?parti d'extrême droite à accéder aux portes du pouvoir au niveau régional depuis la Deuxième Guerre mondiale, ce qui constitue un revers cuisant pour les conservateurs du chancelier Friedrich Merz.
"La victoire de l'AfD souligne le ?risque de volatilité à l'approche de l'élection présidentielle française", écrit Neil Wilson, stratège en investissement britannique chez Saxo Markets, dans une note.
À moins de huit mois de l'élection présidentielle de 2027, les instituts de sondage donnent pour l'heure la candidate du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, largement ?en tête au premier tour autour de 35% et gagnante au second dans la plupart des configurations.
VALEURS EN EUROPE
Novartis perd 3% après que le laboratoire pharmaceutique suisse a annoncé que son médicament expérimental contre le cholestérol, le pelacarsen, n'avait ?pas réussi à réduire le risque de crise cardiaque et d'AVC lors d'un essai clinique de phase avancée.
Lottomatica grimpe pour sa part de 8,5%, la société de paris ayant fourni ?davantage de détails sur la manière dont son projet de fusion ?avec l'espagnole Cirsa (+7,2%) permettrait de dynamiser son activité en ligne.
Au niveau sectoriel, l'énergie se distingue grâce aux prix élevés du pétrole et la technologie évolue dans le vert, dans le sillage des marchés asiatiques.
TAUX
Les rendements obligataires de la zone euro progressent lundi sur fond de ?craintes inflationnistes, tandis que les investisseurs suivent de près la suite des élections régionales de dimanche en Saxe-Anhalt.
Le rendement du Bund allemand à dix ans ?prend 1,7 point de base à 3,3557%, après avoir atteint la semaine dernière son plus haut niveau depuis avril 2011, à 3,3951%. Le rendement de son homologue à deux ans avance de 2,3 points de base pour s'établir à 2,9548%.
En France, le rendement de l'OAT à dix ans avance de 2,3 points ?de base à 4,2152%.
Au Royaume-Uni, le Gilt britannique à 10 ans prend 1,1 point de base à 5,1465%.
Le ministre britannique des Finances, John Healey, a déclaré lundi que le gouvernement devait faire preuve d'honnêteté quant à la nécessité de maîtriser les dépenses, ajoutant que son premier budget, prévu en octobre, permettrait d'équilibrer les comptes et de conserver une marge de manoeuvre pour faire face aux imprévus.
CHANGES
Le dollar perd 0,25% face à un panier de devises de référence, pénalisé par la récente appréciation du yen japonais et dans un contexte d'attente avant la ?publication des chiffres de l'inflation aux États-Unis.
L'euro gagne à son tour 0,09% à 1,1624 dollar.
La monnaie de la zone euro a toutefois reculé de plus de 1% depuis le début de cette année, ce qui en fait la devise majeure la moins performante face au dollar.
"Les prochaines années pourraient être marquées par des vagues de changements politiques en Europe et un glissement vers la droite dans les deux plus grandes économies. Cela ne pose peut-être pas de problème aux traders sur le marché des changes aujourd'hui, mais ce sera un problème demain, et cela pourrait expliquer pourquoi l'euro est l'une des devises les plus faibles par rapport à ses homologues depuis le début de l'année 2026, estime Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
PÉTROLE
Les cours du pétrole avoisinent lundi leurs plus hauts niveaux depuis six semaines, les tensions dans le détroit d'Ormuz continuant de freiner les flux de brut au Moyen-Orient.
Le Brent prend 0,38% à 96,65 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) ressort à 91,43 dollars, presque inchangé.
PLUS AUCUN INDICATEUR ÉCONOMIQUE MAJEUR À L'AGENDA DU 7 ?SEPTEMBRE
(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)