L'IA soutient la croissance mondiale, mais guerres et dette assombrissent l'horizon, selon FMI
par David Lawder
BANGKOK, 13 octobre (Reuters) - L'économie mondiale parviendra en 2026 ?à enregistrer une croissance supérieure à 3% grâce aux investissements dans l'intelligence artificielle (IA), qui compensent le choc ?énergétique provoqué par la guerre au Moyen-Orient, mais les risques sont croissants et les niveaux de dette pèsent sur nombre de pays, a dit mardi le Fonds monétaire international.
Bien que le conflit prolongé entre ?les Etats-Unis et l'Iran a maintenu les prix du pétrole à plus de 100 dollars le baril, le FMI a revu à ?la hausse sa prévision de croissance pour cette année, ?à 3,1% contre 3,0% anticipé en juillet.
Ce rapport sur les perspectives pour l'économie mondiale, publié en ?marge des réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale, à Bangkok en Thaïlande, vient donc à peu près confirmer l'un des scénarios les plus optimistes ?évoqués en avril dernier, dans un ?précédent rapport.
Mais cette prévision de croissance pour 2026 reste inférieure à la ?hausse du produit intérieur brut (PIB) mondial de 3,5% l'an dernier.
Pour l'an prochain, le FMI prévoit une croissance mondiale de 3,4%, inchangée par rapport aux prévisions de juillet et en hausse de 0,2 point de pourcentage ?par rapport à avril.
Cette ?légère révision à la hausse s'explique en grande partie par les investissements importants ?déployés dans les infrastructures d'IA, qui soutiennent la croissance des économies où sont bâties ces infrastructures et ?celle des pays qui fournissent des équipements dédiés, dont la Corée du Sud, la ?Malaisie, le Mexique et la Thaïlande.
"L'économie mondiale fait preuve de résilience, mais cette ?résilience est mise à ?rude épreuve, avec des risques à la baisse pour la croissance", a déclaré la nouvelle économiste en ?chef du FMI, Silvana Tenreyro, aux journalistes.
Une prolongation du ?conflit au Moyen-Orient pourrait constituer "des pressions supplémentaires sur l'inflation et ralentir la croissance", a-t-elle ajouté. "Une détérioration des perspectives budgétaires, une réévaluation ?de la rentabilité de l'IA et des phénomènes météorologiques extrêmes pourraient encore affaiblir les perspectives".
Dans son rapport, le FMI relève un écart croissant entre les pays qui bénéficient de l'IA et ceux ?pour lesquels ce n'est pas le cas. Seuls 32 pays représentent désormais 95% de la croissance mondiale, contre 54 en avril dernier.
S'agissant de la zone euro, la prévision de croissance pour cette année a été revue à la hausse, à 1,1% contre 0,9% en juillet, grâce à des investissements plus importants dans l'IA et à la hausse des dépenses de défense dans les pays de l'Union européenne.
(Reportage de ?David Lawder; version française Jean Terzian)