Pré-ouverture
L'aversion au risque se poursuit en Europe avec les tensions sur l'obligataire
publié le 18/05/2026
(Zonebourse.com) - Les principales Bourses européennes devraient ouvrir dans le rouge lundi matin, les investisseurs continuant de réajuster leurs paris sur les taux d'intérêt à la lumière de la récente résurgence des tensions inflationnistes, tout en restant prudents dans un contexte de tensions géopolitiques et avant la publication des résultats très attendus de Nvidia.
A en croire les premières indications disponibles, le CAC 40 se dirige vers une baisse de plus de 1%, tout comme le DAX (-1,2%) et l'Euro STOXX 50 (-1,3%).Les grandes places du Vieux Continent avaient connu un parcours agité la semaine dernière alors que les rendements obligataires évoluent à des niveaux élevés dans la crainte d'un durcissement monétaire de la Banque centrale européenne (BCE) du fait du choc énergétique consécutif au conflit au Moyen-Orient, qui s'est traduit par une révision à la hausse des perspectives d'inflation à court et moyen terme.
Au cours de la semaine écoulée, le CAC 40 a accusé un repli de l'ordre de 2%, soit bien plus que le FTSE 100 (-0,5%) ou le DAX (-1,7%).Une tendance de fond qui reste fragileLa tendance de fond sur le marché donne pour l'instant raison au vieil adage anglo-saxon qui conseille aux investisseurs de "vendre en mai et de s'en aller" (sell in May and go away).Selon ce dicton, les performances des actions auraient tendance à être inférieures à celles des autres mois de l'année, incitant ainsi les intervenants à sortir du marché avant l'été pour rester à l'écart pendant quelques semaines.
Depuis le 1er mai, le CAC 40 a perdu un peu plus de 2%. Le mois est également mal parti pour l'indice Euro STOXX 50, qui a lâché 0,9% sur la période.Grâce à la vigueur des titres liés à l'IA, Wall Street s'en sort mieux, le S&P 500 ayant progressé de 2,7% pour l'instant.Alerte rouge sur les tauxLa difficulté d'investir en Europe s'accroît, non seulement en raison des pressions inflationnistes croissantes et d'une politique monétaire sur le point de changer, mais aussi d'une intensification des risques pesant sur la croissance.Sur fond de flambée des prix de l'essence, l'inflation en zone euro s'est de nouveau accélérée en avril pour s'établir à 3%, contre 2,6% en mars et 1,9% en février, soit son plus haut niveau depuis octobre 2023.
Ces interrogations se traduisent par une remontée des rendements obligataires, qui ont franchi toutes leurs résistances vendredi avec un Bund qui flambait de 12 points à 3,1680%, tandis que les OAT prenaient 15 points à 3,967%.Le rendement des Treasuries à dix ans n'est pas épargné, ce dernier ayant atteint 4,60% vendredi, son plus haut niveau depuis mai 2025, et de nombreux analystes s'attendent à ce qu'il grimpe vers les 5%.Cette fébrilité devrait continuer de prédominer avant plusieurs rendez-vous importants sur le front des indicateurs économiques, des banques centrales, des résultats d'entreprises.Un agenda chargé, entre macroéconomie et techSi aucune statistique importante n'est attendue ce lundi, les investisseurs européens devraient notamment se montrer très attentifs, jeudi, à la publication des chiffres préliminaires des PMI en zone euro pour le mois de mai.
Ces indicateurs d'activité réalisés auprès des directeurs d'achats, qui constituent généralement des signaux fiables sur l'évolution de la conjoncture, ont récemment montré des signes de ralentissement.La dernière enquête de S&P Global avait signé une rupture à la baisse de l'activité de la zone euro en avril, avec un indice PMI composite qui s'est établi sous le seuil de la neutralité de 50, à 48,8 contre 50,7 en mars. C'est son plus bas niveau depuis décembre 2024.C'est surtout la journée de mercredi qui s'annonce particulièrement fournie, avec, entre autres, les derniers chiffres de l'inflation au Royaume-Uni, les "minutes" de la dernière réunion de politique monétaire de la Fed et les résultats trimestriels de Nvidia.Dans une note publiée cette nuit, Dan Ives, l'analyste vedette de Wedbush Securities, estime que cette publication pourrait marquer un nouveau sommet pour un secteur technologique américain actuellement en plein état de grâce.
"Nous estimons que les valeurs de la tech pourraient encore bondir de 10% à 12% d'ici la fin de l'année, à mesure que le marché prendra la pleine mesure de l'ampleur historique de la 4ème révolution industrielle en cours, qui reste menée d'une main de maître par les fleurons américains de la tech et leur monétisation mondiale de l'IA", souligne le professionnel.Le spectre d'un baril à 150 dollarsL'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo perdait 0,7% dans un marché marqué par l'attentisme avant une semaine intense.L'euro reste sous pression face au dollar, pénalisé par la révision à la hausse des anticipations d'inflation aux Etats-Unis qui fait craindre au marché un durcissement monétaire de la Fed et une possible hausse des taux en 2027. La monnaie unique continue d'évoluer sous le seuil de 1,1630 face au billet vert.Sur le marché de l'énergie, les cours du brut restent proches de plus hauts de quatre ans, toujours soutenus par le blocage du détroit d'Ormuz.
Le baril de Brent de la mer du Nord progresse encore de 1,7% à près de 111,2 dollars, et le baril de brut léger américain (WTI) gagne plus de 2% autour de 107,6 dollars.Les spécialistes de SG préviennent qu'en raison d'un allongement des délais logistiques (52 jours pour approvisionner les utilisateurs finaux), la situation pourrait rester critique jusqu'à la mi-juin, ce qui pourrait propulser selon eux le Brent à 125 dollars, tandis qu'un prolongement du blocage jusqu'à à la fin juin provoquerait un pic à 150 dollars, repoussant tout retour à la normale des cours à décembre 2027.Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.