Ouverture
Ballotés entre espoirs de paix et déclarations belliqueuses, les marchés prennent de la hauteur
publié le 02/06/2026
(Zonebourse.com) - Malgré le brouillard géopolitique qui s'amoncelle au-dessus de l'Iran, les marchés européens progressent, soutenus par le recul des cours du pétrole et l'espoir d'un accord diplomatique au Moyen-Orient.Difficile d'y voir clair au Moyen-Orient.
Hier, l'agence iranienne Tasnim, réputée proche du régime, faisait savoir que l'équipe de négociation iranienne suspendait les pourparlers avec les Etats-Unis en raison de la "poursuite des crimes du régime sioniste au Liban". Un peu plus tard, Trump affirmait qu'Israël et le Hezbollah avaient accepté de cesser les hostilités et assurait que les négociations se poursuivaient "à un rythme soutenu".
Le président américain allait même plus loin en assurant au micro d'ABC News qu'il pensait qu'un protocole d'accord serait finalisé "dans la semaine à venir". Désormais habitués à ne pas prendre toutes les affirmations de Donald Trump au pied de la lettre, les analystes restent prudents. Chez Deutsche Bank, on met ainsi en avant l'incertitude persistante quant à un éventuel accord américano-iranien et on doute d'une réouverture prochaine du détroit d'Ormuz.
Il faut dire que l'annonce, ce matin, de Tasnim appelle aussi à la retenue : "Le Front de résistance et l'Iran ont inscrit à leur agenda la fermeture complète du détroit d'Ormuz et l'activation d'autres fronts, notamment le détroit de Bab el-Mandeb, dans le but de punir les sionistes et leurs partisans", a indiqué l'agence.Sur le site Polymarket, la probabilité d'un retour à la normale du trafic dans le détroit ce mois-ci s'établit désormais à 22%, contre 26% dimanche et 36% vendredi.
Détente partielle sur le pétroleNéanmoins, les dernières données d'UBS témoignent d'une légère amélioration de la situation dans le détroit d'Ormuz. En moyenne, quatre pétroliers et méthaniers ont franchi le détroit chaque jour au cours des trois derniers jours, dont huit dimanche, soit le niveau quotidien le plus élevé depuis la mi-mai. Les volumes exportés ont également rebondi à 2,5 millions de barils équivalent pétrole par jour sur cette période, contre une moyenne de 1,3 million en mai.
Cette dynamique, combinée aux fragiles espoirs de paix, entraîne une détente des cours de l'or noir avec -2% pour le Brent à 93,3 USD le baril et -1,4% pour le WTI, à 90,6 USD. Les marchés prendront d'ailleurs connaissance demain à 16h30 du niveau des stocks de pétrole brut aux Etats-Unis, des données susceptibles de peser sur le cours du baril. De son côté, Goldman Sachs anticipe une poursuite de la baisse des stocks de diesel et d'essence, qui pourraient approcher des niveaux historiquement bas cet été dans les pays de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).
La banque considère qu'une réouverture plus lente du détroit d'Ormuz constitue le principal risque haussier pour ses prévisions, en particulier pour le diesel.Pris dans ce brouillard géopolitique, les marchés ont pris le parti d'en sortir par le haut : à mi-séance, les principaux indices européens sont en vert avec 0,7% pour le CAC, à 8 200 points, 1% pour le DAX et 0,3% pour le Footsie à Londres. Les valeurs en mouvement STMicro signe de loin la plus forte progression du CAC 40 avec un gain de 10,3%, après avoir fait part d'un relèvement de son ambition de chiffre d'affaires pour les data centers.
Toujours à Paris, Schneider Electric ( 2,06%) et Kering ( 1,84%) complètent le podium du CAC 40 tandis que Renault fait figure de lanterne rouge et lâche 2,57%, le Losange étant pénalisé par une note d'UBS qui reste à "vendre" sur le titre, après des chiffres de ventes décevants. Ailleurs en Europe, le segment des semi-conducteurs a clairement le vent en poupe : Sivers Semiconductors s'adjuge 59% après son association avec GlobalFoundries, Infineon gagne 6,5%, porté par un relèvement d'objectif de cours chez Jefferies, qui passe de 75 EUR à 96 EUR tandis que Soitec progresse de 5,5%.En revanche, Abivax recule de 29% malgré des tests plutôt solides pour l'Obéfazimod.
Selon la presse américaine, la chute du titre est liée à "l'identification d'un potentiel signal de sécurité, avec plusieurs cas de cancers rapportés dans le bras 50 mg alors qu'aucun cas n'aurait été observé dans le bras 25 mg et placebo". Enfin, Kongsberg abandonne 2,8%, pénalisé par un changement de recommandation de DNB Carnegie. Le cabinet passe de conserver à vendre avec un objectif de cours abaissé de 3 EUR à 1,90 EUR.Inflation conforme aux attentes en EuropeSur le front des statistiques, les marchés ont pris connaissance à 11h du taux d'inflation dans la zone euro. Il ressort à 3,2%, conformément aux attentes des analystes. Il faudra attendre 16h pour prendre connaissance du rapport JOLTS sur l'emploi aux Etats-Unis, qui permettra d'évaluer la solidité du marché du travail outre-Atlantique.
En attendant, sur le compartiment obligataire, le rendement de l'OAT à 10 ans se replie vers 3,56% (-6,3 points) tandis que son équivalent allemand de même échéance, le Bund, est à 2,95% (-5,8 points), soit un spread de 61 points. Enfin, l'euro est globalement stable face au billet vert, autour des 1,164 USD.Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.