Pré-ouverture
Les Bourses européennes vues dans le rouge, le pétrole monte toujours
publié le 09/09/2026
(Zonebourse.com) - Les principales Bourses européennes devraient encore céder du terrain mercredi à l'ouverture, les préoccupations liées à l'inflation et à la remontée des rendements obligataires pesant une nouvelle fois sur la tendance. A en croire les premières indications disponibles, le CAC 40 pourrait reculer d'environ 0,5% dans les premiers échanges, tout comme le DAX de Francfort et l'indice Euro STOXX 50.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets qu'au cours des derniers jours, les marchés financiers devraient de nouveau pâtir de l'envolée des prix du pétrole, qui voit le baril de Brent flirter dangereusement avec la barre des 100 dollars, un niveau de nature à freiner l'appétit pour le risque.Un tel niveau est en effet de nature à alimenter les spéculations sur une accélération de l'inflation, et donc sur une remontée des taux d'intérêt plus rapide qu'anticipé jusqu'à présent, en Europe comme aux Etats-Unis, avec à la clé une nouvelle poussée des rendements obligataires.
"Ce n'est clairement pas une bonne chose pour les actions, d'autant plus que les rendements élevés offrent désormais une alternative crédible aux investisseurs", commente Andreas Lipkow, le responsable de l'analyse marchés chez CMC Markets."De nombreux gérants de portefeuille envisagent déjà de reclasser leurs capitaux vers les produits de taux, ce qui alimente les sorties de capitaux des marchés boursiers", explique-t-il.Cette perspective inquiète d'autant plus que l'économie européenne, très dépendante aux matières premières importées, risque de souffrir dans les prochains mois de la hausse rapide des cours de l'énergie.
Poursuivant sa pente ascendante amorcée depuis le début de l'année, le prix du gaz en Europe atteint ce matin 75,80 euros le MWh, au plus haut depuis 2023 et au-dessus des pics atteints dans le sillage du conflit américano-iranien au printemps dernier. Autre facteur défavorable aux actions, le retour des tensions commerciales avec le lancement par Donald Trump d'une nouvelle offensive douanière contre les exportations en provenance du Canada à laquelle Ottawa a promis de répliquer, un regain de tension là encore susceptible d'alimenter l'aversion au risque sur les marchés.Dans un tel contexte, les investisseurs se montrent peu enclins à la prise de risques, préférant privilégier les valeurs sûres avant une fin de semaine qui s'annonce chargée.
Vers une fin de semaine intenseLes intervenants attendent, demain, la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), un rendez-vous clé qui incite à la prudence même si une hausse de taux de 25 points de base, portant le taux de dépôt à 2,50%, ne fait guère de doute.Les chiffres de l'inflation américaine (CPI), attendus vendredi, seront également surveillés de près après les mouvements des derniers jours sur les marchés obligataires à moins d'une semaine des décisions de politique monétaire de la Fed.Conséquence visible de ces interrogations: sur le marché des emprunts d'Etat américains, le rendement à dix ans renoue, à plus de 4,8060%, avec des sommets de quasiment trois ans. Il a pris près de 20 points de base en moins de deux semaines.Les écarts sont moins marqués dans la zone euro puisque le rendement du Bund allemand à dix ans se détend de trois points à 3,3540%, tandis que celui des OAT recule de 2,5 points à 4,2220%.
De façon plus générale, l'aversion pour le risque favorise des valeurs refuges comme le yen, un mouvement qui reflète la nervosité actuelle des marchés. La devise japonaise revient à des sommets de sept mois face au dollar, porté par l'orientation plus restrictive de la Banque du Japon (BoJ) en matière de taux d'intérêt.Avec l'intensification du conflit entre l'Arabie saoudite et les Houthis soutenus par l'Iran, qui menace le transport maritime dans le couloir stratégique de Bab el-Mandeb et fait craindre un déséquilibre accru du marché mondial, les cours du pétrole se hissent à des plus hauts depuis le début de l'été.Le contrat octobre sur le brut léger (West Texas Intermediate, WTI) prend autour de 1% à 93,9 dollars, un niveau sans précédent depuis le 4 juin.Au même moment, le Brent s'adjuge 1,1% à près de 99 dollars après être brièvement monté à 99,7 dollars.Plusieurs grandes banques américaines, dont BofA, ont relevé hier leurs prévisions 2026 et 2027 pour les cours du pétrole: la firme table désormais sur un Brent à 83 dollars sur le second semestre de l'année, contre 76 dollars auparavant, tout en envisageant une fourchette pouvant aller de 95 à 120 dollars le baril, voire un pic à 150 dollars, au cas où les tensions perturbant l'approvisionnement devaient persister jusqu'à la fin de l'année.
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