(Zonebourse.com) - Le titre EssilorLuxottica accusait l'une des plus fortes baisses du CAC 40 vendredi à la clôture de la Bourse de Paris, pâtissant de commentaires défavorables de Bernstein qui dit s'inquiéter de la montée en puissance de l'activité de lunettes équipées de l'IA du spécialiste de l'optique.
Au terme des échanges, l'action reculait de 2,9%, alors que le CAC reculait de 0,9%.Dans une note diffusée dans la journée, les équipes de Bernstein s'inquiètent du fait qu'EssilorLuxottica est désormais valorisé comme une entreprise de la tech, avec un cours se traitant à plus de 30 fois ses bénéfices, alors que les investisseurs sont persuadés que les lunettes intelligentes que le groupe développe avec Meta vont permettre de créer beaucoup de valeur pour les actionnaires sur le long terme.
La société de Bourse reconnaît qu'il s'agit d'un produit qui coûte cher, susceptible de doper le chiffre d'affaires et sur lequel le groupe a pris une vraie longueur d'avance en étant l'un des premiers à arriver sur le segment.Mais cette révolution numérique comporte aussi des risques importants, ajoute la filiale de SG, qui redoute que ces lunettes intelligentes finissent par cannibaliser ses lunettes dites traditionnelles.Des premiers signaux d'alerteBernstein commence d'ailleurs à constater quelques signaux d'alerte : fin 2025, les ventes en magasins physiques ont sérieusement ralenti par rapport aux ventes en gros, réalisées auprès des partenaires distributeurs.
Autre motif de préoccupation, selon les analystes, EssilorLuxottica pourrait se retrouver désavantagé par rapport aux géants de la tech sur un segment où les clients ne cherchent pas seulement de belles montures, mais surtout des logiciels et des applis performantes.Le vrai danger pour EssilorLuxottica, ajoutent-ils, c'est que les forces historiques de l'entreprise - sa marque, ses capacités en matière de conception, son intégration verticale et sa présence mondiale en magasins - risquent d'être copiées.De leur point de vue, les entreprises tech peuvent s'associer avec des marques de luxe, utiliser des fabricants chinois pour les montures, collaborer pour la découpe des verres, et vendre directement leurs produits en ligne.
"Si le groupe ne trouve pas vite de nouvelles manières de gagner de l'argent, son immense réseau de boutiques pourrait devenir un poids", prévient Bernstein."On ne se dirige pas vers un déclin lent comme pour l'horlogerie suisse, mais vers une guerre frontale contre la tech qui risque de faire dégonfler le cours de l'action", avertit le bureau d'études.Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.