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Interview de Jean-Marc Bourmault : Directeur des partenariats de la convention Patrimonia

Jean-Marc Bourmault

Directeur des partenariats de la convention Patrimonia

Les robo-advisors ne menacent pas le métier de CGPI

Publié le 29 Septembre 2016

La convention Patrimonia réunit jeudi 29 et vendredi 30 septembre à Lyon les conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) de France et de Navarre. Quels seront les thèmes abordés lors de ces deux jours de congrès ?
La thématique principale de cette édition est la place du numérique dans l'évolution du métier de CGPI. Comme dans de nombreux secteurs le digital constitue une véritable révolution pour le métier de conseil en patrimoine, qui a d'ailleurs une forte appétence pour les nouveaux outils. Plus de 60% des CGPI considèrent en effet que le digital est une bonne chose, notamment pour mieux gérer des contraintes réglementaires de plus en plus lourdes. Outre les évolutions du métier, nos tables-rondes aborderont les défis liés au contexte macroéconomique : Brexit, taux d’intérêt négatifs, incertitudes liées au marché chinois, perte de rendement des fonds euros, prix du pétrole, guerre des monnaies.

L'émergence d'une nouvelle catégorie d'acteurs, les "robo-advisors" (plateformes internet utilisant les algorithmes pour proposer leur propre service de conseil en gestion de patrimoine), inquiète-t-elle les CGPI ?
Les robo-advisors ne sont pas une menace pour le métier de CGPI car ce dernier repose sur la proximité avec les clients et sur l'accompagnement dans le temps. Les clients, qu'ils soient des particuliers ou des entreprises, cherchent avant tout cette relation humaine. Les robo-advisors peuvent être un outil supplémentaire pour les CGPI en matière de conseil en allocation d'actifs. J'ajoute que le conseil juridique et fiscal est une autre dimension importante du métier de CGPI qui ne semble pas, pour le moment, intéresser les robo-advisors.

Quid de la réglementation ? L'encadrement des rétro-commissions inscrit dans la directive MIF 2 menace-t-il le business model des CGPI?

La directive MIF 2 ne remet pas en cause les commissions versées par les sociétés de gestion ou les assureurs aux CGPI. Mais elle oblige ces derniers à informer leurs clients de l'existence de ces commissions, le cas échéant. La remise en cause éventuelle de l'adjectif "indépendant" est un faux-débat selon moi. Les CGPI continueront à exercer leur métier de façon indépendante, en libéral, et n'ont pas d'objectifs de commercialisation de tel ou tel produit comme c'est le cas dans les réseaux bancaires.

Vous avez évoqué la baisse des rendements des fonds euros, autrement dit de l'assurance-vie. Pourtant cela reste le produit le plus conseillé par les CGPI à leurs clients. Pour quelles raisons ?
L'assurance-vie bénéficie d'une enveloppe fiscale très favorable, notamment dans une optique de transmission. C'est aussi un produit souple où il est possible de faire des arbitrages. Ainsi, face à la baisse des rendements des fonds euros, il est possible d'allouer une partie de son investissement en unités de compte. Les CGPI sont bien placés pour accompagner cette diversification, car ils connaissent bien les placements boursiers et suivent régulièrement des formations auprès des sociétés de gestion. Ils peuvent ainsi conseiller leurs clients au mieux de leurs intérêts, en fonction de leur situation professionnelle et de leurs attentes en matière de risque et de rendement.

Propos recueillis par François Schott