Interview de Quentin Ragetly : PDG

Quentin Ragetly

PDG

Notre objectif est de devenir le leader du marché du dessalement "bas carbone"

Publié le 22 Juin 2023

Présentez-nous Osmosun en quelques points

Osmosun est une société qui a développé une solution de dessalement de l’eau de mer alimentée par l’énergie solaire photovoltaïque sans batterie.

Une fois cette technologie validée et brevetée, c’est en 2019 que la société a véritablement démarré son développement commercial.

59 unités ont déjà été vendues dans le monde et ont produit environ 2,5 millions de mètres cube d’eau, correspondant aux besoins d’environ 50 000 personnes.

En 2022, Osmosun a réalisé un chiffre d’affaires de 4,6 m€, soit plus du double de 2021, et notre pipeline de projets est en forte croissance et est aujourd’hui de l’ordre de 160 m€.

Quels sont les besoins de dessalement au niveau mondial ?

Ils sont gigantesques ! Peu de régions du monde sont épargnées par le stress hydrique et même les pays les plus proches de chez nous comme l’Angleterre.

L’eau couvre 70% de la planète mais seulement 0,7% est propre à la consommation. Le changement climatique rend la ressource plus rare alors que la croissance démographique et les usages vont faire que la demande d’eau va augmenter encore de près de 50% d’ici 2050, et plus de 40% de la population mondiale sera directement touchée par le stress hydrique.

Il est donc urgent d’augmenter la production d’eau douce dans le monde, de manière économique et durable.

Quelles solutions proposez-vous ?


Le dessalement de l’eau de mer est en grande majorité réalisé par le procédé d’osmose inverse qui consiste à séparer l’eau douce et les sels par le biais de membranes filtrantes et d’une très forte pression très consommatrice d’énergie. 50 à 70% du coût du dessalement est lié au coût de l’énergie.

Pourtant, aujourd’hui seulement environ 1% de l’énergie utilisée pour le dessalement est une énergie renouvelable. L’enjeu est alors de réduire l’empreinte carbone et le coût du dessalement donc de l’eau potable, en utilisant les énergies renouvelables.

Notre solution repose sur un procédé unique d’osmose inverse alimenté directement par énergie solaire photovoltaïque et sans batterie. Cette technologie permet aux unités de dessalement d’OSMOSUN d’enregistrer l’une des plus faibles consommations d’énergie et de réduire drastiquement les émissions de CO2.

Elle repose sur le couplage d’un accumulateur hydraulique, d’un pilotage électronique avec des algorithmes, et d’une capacité à utiliser de manière optimale l’énergie solaire.

Nous produisons ainsi l’eau la moins chère et la moins carbonée. Pour une unité de 90 m3 par jour, le m3 a un prix de revient avec Osmosun de 0,87 € contre 1,61 € avec du solaire couplée à des batteries lithium et 2,55 € si on utilise un groupe électrogène diesel.

Comment vous développez-vous ?

Nous proposons à la fois des unités de petit débit (de 1 à 500 m3 par jour) et des unités de grand débit (jusque 50 000 m3 par jour).

Nous nous focalisons sur l’Afrique/ Moyen-Orient avec notamment des pays qui ont des schémas directeurs « dessalement » comme le Maroc, l’Egypte, la Mauritanie, …, l’Amérique du sud/Caraïbes, et l’Océanie/Pacifique avec un fort potentiel lié à l’insularité.

Notre carnet de commandes, qui a triplé en un an, s’établit à 5m€, des négociations avancées portent sur plus de 40 projets et 38 m€, et en prospection nous travaillons sur plus de 150 projets identifiés correspondant à plus de 120 m€.

Notre atelier de production de 2100 m2, dimensionné pour absorber notre croissance jusqu’en 2025, représente une capacité de production annuelle d’une vingtaine d’unités « petit débit » et de 5 « grand débit ».

Nous ne nous positionnons pas sur les unités de très grand débit qui répondent à des logiques différentes et sur lesquels on va retrouver des acteurs comme Veolia ou Suez.

Pourquoi entrez-vous en Bourse ?

L’objectif est d’accompagner notre fort développement en renforçant nos équipes opérationnelles et commerciales ainsi que notre présence locale.

Nous visons aussi la pénétration de marchés connexes, soit par l’innovation, par exemple pour la réutilisation des eaux usées traitées qui utilise des technologies communes à celles utilisées dans le dessalement, soit par croissance externe afin d’acquérir des briques technologiques complémentaires et faire d’OSMOSUN un acteur verticalement intégré dans le traitement de l’eau.

Dans cette introduction en Bourse, OKwind, expert côté de l’énergie solaire et des trackers photovoltaïques connectés, nous accompagne à hauteur de 1,5 m€ dans cette levée de fonds de 8 M€ et nous avons signé un contrat de coopération afin de développer des synergies notamment technologiques et commerciales.

Quels sont vos objectifs ?

Notre plan de développement s’accompagnera d’une croissance forte, avec un chiffre d’affaires de 48 M€ attendu en 2027 contre 4,6 M€ en 2022, et rentable avec une évolution rapide de notre marge d’EBITDA qui est aujourd’hui de plus de 4% et attendue à plus de 20% en 2027.

Via cette introduction en bourse, proposée aux particuliers jusqu’au 4 juillet 2023, nous espérons aussi partager avec le plus grand nombre nos ambitions pour répondre aux défis que l’eau pose chaque jour à une part de plus en plus importante de la population mondiale.



Cette opération peut être souscrite directement en ligne sur https://www.easybourse.com/introduction-en-bourse/ALWTR-21062023 jusqu'au 4 juillet 2023 .


Jean-Baptiste Barbier