Pré-ouverture
Wall Street vue en baisse avec le Moyen-Orient, l'Europe vers sa pire semaine en près d'un an
publié le 06/03/2026
par Diana Mandia
6 mars (Reuters) - Wall Street est attendue en baisse et les Bourses européennes sont retombées dans le rouge vendredi à mi-séance, ?s'acheminant vers leur plus forte perte hebdomadaire depuis la tempête commerciale d'avril 2025, alors que les craintes inflationnistes qui découlent du conflit au Moyen-Orient ont pesé sur les actions tout au long de la semaine.
Les futures sur indices ?new-yorkais signalent une ouverture en baisse de 0,21% pour le Dow Jones, de 0,42% pour le Standard & Poor's-500 et de 0,54% pour le Nasdaq.
À Paris, le CAC 40 perd 0,64% à 7.994,58 points vers 11h38 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,50% et à Londres, le FTSE 100 cède 0,41%.
L'indice EuroStoxx 50 est en baisse de 0,74%, le FTSEurofirst 300 perd 0,67% et le Stoxx 600 abandonne 0,65%.
Les tensions géopolitiques ne semblent pas s'apaiser alors que s'achève ?la première semaine de l'opération israélo-américaine qui a entraîné samedi dernier la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei, avec les prix du pétrole repartant à la hausse après un bref répit en raison des signes d'une possible intervention de l'État américain pour endiguer la flambée des cours.
L'envolée du brut dépasse ?déjà les 20% depuis le début de la semaine, le gain le plus important depuis le printemps 2020 en ?pleine crise sanitaire liée au COVID-19, ce qui attise les craintes inflationnistes des deux côtés de l'Atlantique et amène les investisseurs à se demander si les banques centrales ne devront pas s'orienter vers une politique ?monétaire plus restrictive que prévu.
"L'Europe est un peu plus exposée à la hausse des prix du pétrole, et il existe une certaine inquiétude quant à la possibilité d'une 'stagflation'", a déclaré Ciaran Callaghan, directeur de la recherche sur les actions européennes chez Amundi, faisant référence à un scénario possible de faible croissance économique et de reprise de l'inflation.
Jose Luis Escriva, membre du ?Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE), a toutefois vendredi que Francfort aurait besoin ?de plus de temps pour évaluer l'impact global de la guerre avant de prendre des décisions, tout en ajoutant que l'on pouvait considérer comme acquis qu'elle ?aurait des répercussions.
La semaine a été très volatile pour la grande majorité des secteurs, mais certains ont été plus exposés que d'autres à l'évolution du conflit et seront plus vulnérables s'il se prolonge.
"Au niveau sectoriel, les secteurs du tourisme et du luxe semblent directement exposés à court terme à un risque de disruption, notamment du fait de la réduction des flux touristiques entraînée par les limitations sur les vols transitant par certains hubs régionaux importants. Pour ces secteurs ?en particulier, la durée du conflit sera un ?facteur déterminant", écrit dans une note Gilles Guibout, responsable des actions européennes AXA IM chez BNPP AM.
Au programme de la journée, deux indicateurs de premier plan sont prévus aux États-Unis, les ?ventes au détail et le rapport sur l'emploi, tous deux à 13h30 GMT. LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET
VALEURS EN EUROPE
La défense européenne est en légère hausse ce vendredi (+0,77%), dans un contexte d'intensification et d'extension du conflit au Moyen-Orient. ?À Paris, Dassault Aviation, Thales et Safran sont tous dans le vert.
Les actions du secteur énergétique s'apprêtent pour leur part à enregistrer un gain hebdomadaire modeste (+0,35%) avec la hausse des prix du pétrole, ?tandis que les banques, très pénalisées, sont en baisse de plus de 8% sur la semaine, les groupes britanniques étant particulièrement exposés au risque dans le ?Moyen-Orient.
Sur les valeurs individuelles, Atos recule de 4,5%, après ?avoir bondi de plus de 8% dans les premiers échanges, le groupe français ayant publié ses résultats annuels et ses perspectives de croissance pour les prochaines années.
SPIE recule de 5% après avoir publié des résultats annuels jugés "légèrement faibles" par ?Jefferies.
TAUX
Le rendement du Bund allemand à dix ans est presque stable à 2,8528%, tandis que celui de l'obligation à deux ans ?avance de 1,5 point de base à 2,2718%.
Sur l'ensemble de la semaine, la tendance est beaucoup plus révélatrice : les craintes que le conflit au Moyen-Orient alimente l'inflation entraînent la plus forte hausse hebdomadaire des rendements de la zone euro depuis mars 2025, lorsque l'Allemagne avait ?annoncé son intention d'augmenter considérablement ses dépenses budgétaires.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans avance vendredi de 2,3 points de base à 4,1693%. Le deux ans prend 1,5 point de base à 3,6143%.
Les opérateurs prévoient désormais une baisse d'environ 35 points de base de la part de la Réserve fédérale (Fed) américaine cette année, contre environ 55 points de base il y a une semaine.
Quant à la BCE, ils pensent désormais que Francfort relèvera ses taux ?d'intérêt d'ici la fin de l'année, après avoir abandonné leurs précédents paris sur une baisse des coûts d'emprunt.
CHANGES
Sur le marché des changes, le dollar perd 0,07% face à un panier de devises de référence, mais s'apprête à enregistrer sa plus forte hausse hebdomadaire depuis plus d'un an, l'escalade du conflit au Moyen-Orient ayant stimulé la demande d'actifs refuges.
L'euro perd 0,28% à 1,1575 dollar.
PÉTROLE
Le Brent prend 3,14% à 88,09 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 4,63% à 84,76 dollars.
Le ministre de l'Énergie du Qatar a par ailleurs contribué vendredi à attiser les craintes inflationnistes en déclarant dans une interview accordée au Financial Times que Doha s'attendait à ce que tous les producteurs d'énergie du Golfe arrêtent leurs exportations dans les semaines à venir et fassent grimper le prix du baril de pétrole à 150 dollars.
PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 6 MARS :
PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT
USA 13h30 Ventes au détail janvier
- sur un mois -0,3% 0,0%
USA 13h30 Rapport sur l'emploi février 4,3% 4,3%
(Certaines données ?peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)