COMMENTAIRE DE GESTION
Davantage de liquidités et un cœur mondial renforcé pour améliorer le profil rendement/risque.
La principale évolution de cette allocation est la constitution d'une poche de liquidités de 8 %. Cette décision répond à une volonté d'accroître notre flexibilité dans un environnement où l'asymétrie du risque est devenue moins favorable. À ce stade, nous estimons que le risque de correction des marchés est supérieur au potentiel de hausse à court terme. Notre philosophie de gestion est pleinement assumée : nous préférons préserver le capital des portefeuilles, quitte à renoncer à une partie de la hausse si les marchés poursuivaient leur progression, plutôt que de rester pleinement investis dans un contexte où les risques géopolitiques, énergétiques et inflationnistes pourraient rapidement dégrader le rapport rendement/risque. Cette réserve de liquidités constitue ainsi une véritable option stratégique, qui nous permettra de réinvestir rapidement lorsque les valorisations offriront un point d'entrée plus attractif ou que la visibilité macroéconomique s'améliorera.
Ce positionnement s'inscrit dans un contexte marqué par le regain des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Au-delà des conséquences immédiates sur les marchés, une hausse durable des prix de l'énergie pourrait alimenter les pressions inflationnistes, maintenir les taux d'intérêt réels à des niveaux élevés et peser sur la croissance mondiale. Dans ce contexte, nous avons procédé à plusieurs ajustements tactiques afin d'améliorer le profil rendement/risque du portefeuille.
La principale évolution de l'allocation consiste à renforcer significativement notre exposition à l'ETF iShares MSCI ACWI, dont le poids passe de 38 % à 50 %. Cette allocation constitue désormais le cœur du portefeuille. Elle nous permet de conserver une exposition élevée aux marchés actions mondiaux tout en bénéficiant d'une diversification optimale entre les économies développées et émergentes, dans un environnement où la sélectivité géographique devient plus importante.
Nous avons réduit plusieurs expositions cycliques, notamment les petites capitalisations américaines (Russell 2000) et les actions allemandes (MDAX). Ces segments apparaissent plus sensibles à un ralentissement de l'activité économique et à un environnement de taux durablement élevés.
Notre exposition à l'Inde est également réduite. Si nous demeurons convaincus par les perspectives structurelles du pays, son économie reste particulièrement sensible à une hausse durable du prix du pétrole en raison de sa dépendance aux importations d'hydrocarbures. Nous conservons néanmoins une exposition significative, complétée par notre position sur l'Indonésie, dont les fondamentaux demeurent solides et qui continue de bénéficier de la demande mondiale en matières premières stratégiques.
Nous maintenons par ailleurs notre conviction sur l'Europe de l'Est, dont les perspectives restent soutenues par les besoins de reconstruction, les investissements dans les infrastructures et un contexte budgétaire favorable. Nous conservons également une exposition au secteur de la défense, ainsi qu'aux thématiques de l'intelligence artificielle hors mégacapitalisations technologiques, afin de capter le potentiel de croissance des entreprises qui bénéficient de la diffusion de l'IA sur l'ensemble de la chaîne de valeur. Nous maintenons enfin notre exposition au nucléaire, qui continue de bénéficier de tendances structurelles favorables liées aux besoins croissants en électricité bas carbone.
Nous avons en revanche soldé nos positions sur l'or, l'argent et le Bitcoin. Bien que ces actifs conservent un intérêt stratégique à long terme, ils apparaissent plus vulnérables dans un scénario de remontée des anticipations d'inflation et des taux d'intérêt réels. À l'inverse, nous renforçons notre exposition à Ethereum, dont les fondamentaux continuent de s'améliorer. L'accélération de la tokenisation des actifs financiers, le développement des stablecoins et la progression des flux vers les produits d'investissement adossés à Ethereum nous conduisent à privilégier cet actif, qui pourrait également bénéficier d'un potentiel de rattrapage par rapport au Bitcoin.
| | | Sélection de fonds — gestion active et passive |
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Ces ajustements d'allocation conduisent à une nouvelle répartition entre gestion active et passive : 50 % passif, 42 % actif et 8 % cash. Le renforcement de l'ACWI à 50 % ancre le portefeuille sur un cœur indiciel large, diversifié et liquide — précisément le type de positionnement le mieux adapté à un environnement d'incertitude élevée où la visibilité à court terme reste limitée.
La poche active à 42 % est maintenue sur les univers où nous estimons que la sélection crée une valeur réelle et mesurable. NB Intrinsic Value (5 %) est conservé — dans un contexte où les small caps américaines ont été portées par des rotations thématiques plutôt que fondamentales, la capacité à sélectionner des valeurs structurellement décotées reprend progressivement de l'intérêt. Sur l'Inde, nous maintenons deux fonds actifs dont les profils sont complémentaires. Fidelity India Focus (5 %) est maintenu à son niveau actuel — son exposition plus équilibrée entre banques, pharma et consommation lui confère une meilleure résistance dans un environnement où la hausse du pétrole pourrait contraindre la banque centrale indienne à maintenir des taux élevés plus longtemps. Franklin India est en revanche allégé de 5 % à 2 % : plus concentré sur les valeurs bancaires privées, il est structurellement plus sensible à un scénario de taux durablement élevés, qui pèserait sur les marges et la croissance du crédit des établissements qu'il surpondère. Les deux fonds ont néanmoins démontré leur capacité à surperformer l'ETF indiciel India de 2 à 3,5 points sur la période en naviguant la forte dispersion sectorielle du marché indien, ce qui justifie le maintien d'une exposition active sur cette géographie. L'Europe de l'Est (11 %), l'Indonésie (5 %) et les thématiques défense, uranium, IA, robotique et Ethereum complètent la poche active sur des convictions structurelles que l'indice large ne capte pas.
Sur la défense, le choix de conserver uniquement l'Amundi STOXX Europe Defense et de solder VanEck Defense reflète la divergence de comportement sur la période — l'Amundi a progressé quand le VanEck reculait, sous l'effet de la chute de Palantir qui représente environ 8 % du portefeuille VanEck. L'ETF européen, exposé uniquement aux industriels de défense traditionnels, a bénéficié du rebond géopolitique sans subir le risque de valorisation tech/IA propre au VanEck.
Sur l'uranium, le maintien du seul VanEck Uranium traduit une préférence pour le profil plus défensif de cet ETF, dont la poche utilities nucléaires amortit les corrections dans un environnement géopolitique volatile, face au WisdomTree Uranium, plus concentré sur les mineurs purs et les nouvelles technologies comme les SMR, qui amplifie davantage les mouvements du secteur dans les deux sens.
La répartition passif/actif du CTO s'établit à 50 % passif / 42 % actif / 8 % cash. |
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