Cartographie d'une révolution : investir dans toute la chaîne de l'IA.
(Easybourse.com) L'IA c'est plus qu'une poignée de géants, c'est toute une chaîne de valeur à explorer.
Cet article est rédigé à titre informatif et éducatif uniquement. Il ne constitue en aucun cas un conseil en investissement, une recommandation d'achat ou de vente de valeurs mobilières. Tout placement en bourse comporte un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
PARTIE 1 - COMPRENDRE L'IA
L'Intelligence Artificielle désigne l'ensemble des méthodes et technologies permettant à une machine d'imiter certaines capacités humaines : apprentissage, raisonnement, perception, prise de décision. Elle agit comme un amplificateur de performance, capable de traiter plus vite et à plus grande échelle que l'homme.
Son fonctionnement repose sur des algorithmes - des suites d'instructions mathématiques - structurés autour de trois concepts clés : le Machine Learning (la machine apprend seule à partir des données), le Deep Learning (réseaux de neurones artificiels inspirés du cerveau humain, au cœur des grands modèles comme GPT ou Claude), et la donnée elle-même, véritable carburant du système - plus elle est abondante et de qualité, plus l'IA est performante.
L'IA touche aujourd'hui tous les secteurs : santé (diagnostic assisté, robots chirurgicaux), finance (détection de fraude, trading algorithmique), industrie (maintenance prédictive), transports (véhicules autonomes) ou encore vie quotidienne (assistants vocaux, recommandations personnalisées).
Derrière chaque requête ChatGPT se cache en réalité une chaîne industrielle mondiale de plusieurs centaines d'entreprises. L'histoire récente de l'IA n'est pas celle d'une seule technologie miracle, mais celle d'une succession de goulots d'étranglement : GPU, mémoire, packaging, énergie, réseau. À chaque étape, un nouvel acteur devient indispensable - et potentiellement très précieux pour l'investisseur qui sait où regarder. |
En 2026, les quatre grands acteurs du cloud - Microsoft, Alphabet, Amazon, Meta - prévoient d'investir ensemble près de 700 milliards de dollars dans l'infrastructure IA. NVIDIA affiche 215,9 milliards de dollars de chiffre d'affaires annuel (+65 %). Micron annonce une capacité mémoire entièrement vendue jusqu'à fin 2026 sur contrats fermes. Ces investissements massifs traduisent une conviction forte des acteurs du secteur sur le caractère structurel du phénomène, même si des excès de valorisation ponctuels restent toujours possibles.
Pourtant, « investir dans l'IA » ne se résume pas à acheter NVIDIA ou Google. L'IA repose sur une chaîne de valeur complexe, composée de maillons interdependants, chacun porteur d'opportunités distinctes. Des puces à l'infrastructure, de la mémoire aux applications logicielles - voyons ensemble chaque maillon.
PARTIE 2 - LA CONCEPTION : LES CERVEAUX DE L'IA
Avant qu'une puce existe physiquement, elle doit être conçue. C'est le rôle des entreprises dites « fabless » - ces sociétés conçoivent entièrement les puces, mais en confient la fabrication à des fonderies spécialisées comme TSMC. Ce modèle leur permet de concentrer toutes leurs ressources sur la R&D et l'innovation, sans immobiliser des dizaines de milliards dans des usines.
Le marché de la conception de puces IA se structure autour de deux grandes approches. La première, incarnée par NVIDIA (NVDA) et AMD, repose sur des GPU - des processeurs ultra-puissants capables d'effectuer des milliards de calculs en parallèle - dits « généralistes », vendus à un large spectre de clients. NVIDIA domine cette catégorie avec une avance technologique et écosystémique considérable - son architecture Blackwell est en rupture de stock mondiale, et la suivante, Vera Rubin, est déjà en cours de livraison. AMD, bien que distancé, bénéficie directement de la pénurie mondiale de puces IA : les hyperscalers - ces géants du cloud comme Microsoft, Amazon ou Google - cherchent à diversifier leurs fournisseurs, ce qui lui ouvre des opportunités réelles. La seconde approche, portée par Broadcom (AVGO) et Marvell (MRVL), mise sur les ASIC - (application-specific integrated circuit) des puces conçues sur mesure pour un client unique, souvent plus efficientes qu'un GPU généraliste. Google, Meta et Apple font ainsi appel à Broadcom pour développer leurs propres accélérateurs IA.
Ce qui rend NVIDIA particulièrement singulier, au-delà de ses puces, c'est sa stratégie d'investissements tous azimuts dans la chaîne de valeur de l'IA - au point qu'acheter le titre revient presque à s'exposer à un ETF sur le secteur. En 2026, NVIDIA a déployé plus de 40 milliards de dollars d'accords stratégiques : dans Lumentum et Coherent pour la photonique, dans Intel pour ses capacités de fabrication, et dans plusieurs néoclouds. En bourse, NVIDIA est aujourd'hui la première capitalisation mondiale avec plus de 5 500 milliards de dollars, un record absolu atteint le 14 mai 2026.
À noter également Qualcomm, Mediatek et AlChip, acteurs de l'IA embarquée et du design ASIC, qui complètent cet écosystème même s'ils restent moins directement exposés à la dynamique des data centers.
Le risque invisible de toute la chaîne IA : Taïwan
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PARTIE 3 - LES ÉQUIPEMENTIERS : CEUX QUI RENDENT TOUT POSSIBLE
Avant même de parler de fonderies ou d'assemblage, il existe un maillon encore plus en amont, souvent invisible mais absolument stratégique : les équipementiers. Ce sont eux qui fabriquent les machines sans lesquelles aucune puce ne pourrait être produite. Un secteur dominé par un oligopole mondial réparti en trois métiers distincts.
Lithographie, dépôt et gravure
ASML (Euronext Amsterdam - PEA) occupe une position de monopole absolu : seul fabricant mondial de machines de lithographie EUV - une technologie qui utilise des rayons de lumière ultra-courts pour graver des circuits de quelques nanomètres sur du silicium - sans lesquelles aucune puce avancée ne peut être produite. En 2025, la société affiche 32,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires et un carnet de commandes record de 38,8 milliards d'euros. ASM International (Euronext Amsterdam - PEA) est le spécialiste du dépôt de couches atomiques, étape tout aussi critique mais bien moins médiatisée. Applied Materials (NASDAQ - CTO), Lam Research (NASDAQ - CTO) et KLA Corporation (NASDAQ - CTO) complètent ce groupe incontournable, couvrant le dépôt, la gravure à grande échelle et le contrôle qualité des plaques de silicium - ces disques ultrafins sur lesquels sont gravés des centaines de puces simultanément.
Le cas SEMCO : une exposition française à la chaîne de production
Dans cet univers dominé par les grands groupes américains, japonais, néerlandais ou taïwanais, une valeur française mérite également d'être mentionnée : SEMCO Technologies. Cotée sur Euronext Growth Paris, la société conçoit et fabrique des composants stratégiques destinés à la production de semi-conducteurs, notamment des mandrins électrostatiques (chucks), utilisés pour maintenir les wafers - les fines plaques de silicium sur lesquelles sont gravées les puces - lors de certaines étapes de fabrication. Son positionnement en fait une exposition plus petite, mais directement liée à la montée en puissance des capacités industrielles dans les semi-conducteurs.
Pour aller plus loin : « SEMCO, une pépite française des semi-conducteurs entre en Bourse » - notre article dédié revient plus en détail sur le positionnement de cette société française dans la chaîne de valeur des semi-conducteurs. |
Le test des puces
Plus les puces deviennent complexes, plus elles doivent être testées avec précision avant livraison - un goulot d'étranglement croissant que peu d'investisseurs anticipent. Advantest (Tokyo SE - actuellement indisponible sur EasyBourse) et Teradyne (NASDAQ - CTO) se partagent ce marché mondial : Advantest, dont NVIDIA et TSMC figurent parmi les principaux clients, profite directement de l'explosion des volumes de puces IA haut de gamme, tandis que Teradyne apporte une diversification sur les segments mobile, automobile et robotique.
Les équipements de packaging
Le packaging, c'est l'opération qui consiste à assembler la puce avec d'autres composants et à l'encapsuler dans un boîtier avant utilisation. Comme pour la gravure ou le test, cette étape nécessite des machines ultra-spécialisées - et c'est précisément ce que fabriquent Besi (Euronext Amsterdam - PEA) et ASMPT (Hong Kong SE - actuellement indisponible sur EasyBourse). Ils ne font pas le packaging eux-mêmes : ils vendent les équipements à ceux qui le font - un peu comme un fabricant de fours industriels qui ne fait pas le pain, mais sans qui aucune boulangerie ne pourrait fonctionner. Les commandes de Besi ont bondi de 43 % au T4 2025, reflet d'une demande qui s'accélère.
PARTIE 4 - LA FABRICATION ET L'ASSEMBLAGE
Concevoir une puce est une chose. La produire physiquement en est une autre, infiniment plus complexe. Ce maillon se divise en deux métiers bien distincts : les fonderies, qui fabriquent les puces, et les OSAT (sociétés spécialisées dans l'assemblage et le test externalisés), qui les préparent avant livraison.
Les fonderies
Une fonderie est une usine spécialisée dans la fabrication de puces pour le compte de clients tiers. TSMC (NYSE - CTO) est de loin le leader mondial, avec environ 90 % du marché des puces gravées en 3 nanomètres ou moins - les nœuds les plus avancés, indispensables à l'IA. Ses clients forment un véritable Who's Who de la tech : NVIDIA, Apple, AMD, Google, Amazon. En 2025, TSMC a franchi pour la première fois le cap des 122 milliards de dollars de revenus annuels (+35 %), avec une marge nette de près de 50 % - un niveau rarissime pour une entreprise industrielle. Tower Semiconductor et GlobalFoundries (NASDAQ - CTO) complètent le paysage sur des segments plus spécialisés - puces pour l'automobile, l'industrie et les communications.
Les OSAT : assemblage et test
Si Besi et ASMPT fabriquent les machines, les OSAT sont ceux qui s'en servent. Pour reprendre la métaphore : ce sont les boulangers. ASE Technology (NYSE - CTO) est le numéro un mondial, partenaire direct de TSMC. Amkor Technology (NASDAQ - CTO) est le deuxième acteur mondial, avec une présence dans davantage de pays - un avantage concret quand les tensions géopolitiques perturbent les chaînes de production. Fabrinet (NYSE - CTO) joue un rôle plus singulier : c'est le sous-traitant de précision qui assemble des composants optiques ultra-sophistiqués pour des entreprises comme Coherent, Lumentum ou Cisco - un angle directement lié à la révolution de la photonique que nous détaillons dans notre dossier dédié. Enfin, KYEC, partenaire de TSMC spécialisé dans le test, mérite d'être mentionné : NVIDIA y figure parmi les principaux clients.
Pour aller plus loin : « Photonique : une innovation au service du développement de l'IA » - Soitec, Lumentum, Coherent, Fabrinet : les valeurs qui transforment la connectivité des data centers IA. |
PARTIE 5 - LES MATÉRIAUX ET SUBSTRATS : LES FONDATIONS INVISIBLES
Derrière chaque puce se cachent des matériaux sans lesquels aucune fabrication n'est possible. Ce maillon est dominé par des acteurs japonais et taïwanais peu connus du grand public, mais absolument essentiels à la chaîne.
Du côté japonais, Shin-Etsu Chemical fournit les plaques de silicium sur lesquelles sont gravées les puces, Ibiden et Kyocera produisent les supports qui permettent à la puce de se connecter au reste du circuit, et Ajinomoto fabrique des films isolants essentiels à l'assemblage des puces les plus avancées. Côté taïwanais, Unimicron, Kinsus, Nan Ya Plastics, Elite Material et Taiwan Union Technology dominent la fabrication des circuits imprimés haute densité qui équipent les data centers IA.
Ces matériaux ne tombent pas du ciel : les plaques de silicium, films isolants et circuits imprimés dépendent de matières premières critiques - gallium, germanium, terres rares - dont la production mondiale est largement concentrée en Chine et dans quelques autres pays. Un enjeu géopolitique majeur que nous détaillons dans notre dossier « Matières premières critiques - Guerre des ressources ».
| Pour aller plus loin : « Mine de rien, les matières premières pèsent lourd » Gallium, germanium, terres rares : derrière chaque puce se cachent des métaux dont la dépendance géopolitique est sans précédent. Notre dossier dédié présente les enjeux et les valeurs permettant de s'y exposer. |
Pour un investisseur français, accéder directement à ces valeurs reste complexe. Deux ETF permettent de s'y exposer indirectement. Pour les valeurs japonaises, l'Amundi PEA Japon TOPIX (FR0013411980) inclut Shin-Etsu, Ibiden, Kyocera et Ajinomoto dans sa composition - disponible en PEA et accessible via EasyTrade, qui offre les frais de courtage à l'achat. Pour les valeurs taïwanaises, le Franklin FTSE Taiwan UCITS ETF (IE000CM02H85) offre une exposition à 132 valeurs dont TSMC, ASE Technology, Elite Material et Unimicron, disponible en CTO sur EasyBourse.
PARTIE 6 - LA MÉMOIRE : LA BRIQUE INDISPENSABLE
La mémoire est l'un des segments qui a le plus surpris les marchés ces derniers mois, avec des performances boursières hors normes. Paradoxalement, malgré cette envolée, les PER - le ratio qui mesure si une action est chère par rapport aux bénéfices attendus - sont restés relativement contenus, portés par une explosion simultanée des revenus qui a empêché les valorisations de décrocher de la réalité. Longtemps perçue comme un secteur cyclique et ingrat, la mémoire est devenue l'un des grands bénéficiaires de la révolution IA. Sans elle, même le GPU le plus puissant est paralysé : faire tourner un modèle d'IA à grande échelle nécessite des quantités colossales de mémoire à très haute vitesse, ce qui a créé une pénurie structurelle qui n'en finit pas.
Le marché de la mémoire HBM - une technologie de mémoire ultra-rapide spécialement conçue pour les GPU IA - est dominé par SK Hynix, leader incontesté avec environ 50 % de parts de marché et fournisseur numéro un de NVIDIA, Samsung, qui cherche à rattraper son retard, et Micron Technology (MU - NASDAQ, CTO), seul acteur américain du trio. L'intégralité de sa capacité HBM pour 2026 est déjà vendue sur contrats fermes - signal sans équivoque sur l'état de la demande.
Sur le segment du stockage flash NAND - une technologie qui permet de stocker des données sans alimentation électrique, utilisée dans les SSD (disques à semi-conducteurs permettant un stockage rapide des données) des data centers - Sandisk (SNDK - NASDAQ, CTO) s'est imposée comme la grande révélation boursière de ces deux dernières années : +578 % en 2025, meilleure performance du S&P 500, portée par une demande explosive des data centers IA.
Point de vigilance commun à l'ensemble du segment : la mémoire reste un secteur profondément cyclique. Les valorisations peuvent s'envoler quand la demande dépasse l'offre - comme c'est le cas aujourd'hui - mais chuter tout aussi brutalement si l'équilibre venait à se retourner.
PARTIE 7 - L'INFRASTRUCTURE : FAIRE TOURNER L'IA
Les puces conçues, fabriquées et assemblées doivent tourner quelque part. Ce quelque part, ce sont les data centers - des installations gigantesques qui consomment des quantités d'énergie colossales et nécessitent des systèmes de refroidissement et de connectivité de plus en plus sophistiqués. Cette explosion des besoins a fait émerger une nouvelle catégorie de bénéficiaires, souvent moins visibles que les fabricants de puces mais tout aussi indispensables.
Schneider Electric (SU - Euronext Paris, PEA) et Vertiv (VRT - NYSE, CTO) sont les deux références sur la gestion de l'énergie et le refroidissement des data centers. Côté gestion de l'énergie au niveau des composants eux-mêmes - les convertisseurs et régulateurs de tension intégrés dans chaque serveur - Monolithic Power Systems (MPWR - NASDAQ, CTO), Infineon (IFX - Francfort, PEA), ON Semiconductor (ON - NASDAQ, CTO) et Texas Instruments (TXN - NASDAQ, CTO) jouent un rôle invisible mais sans lequel aucun data center ne pourrait fonctionner.
Au-delà de l'énergie, la façon dont les données circulent à l'intérieur de ces infrastructures est en train de vivre sa propre révolution - et c'est précisément ce que nous explorons dans notre dossier « Photonique : une innovation au service du développement de l'IA ».
PARTIE 8 - LE CLOUD & LES NÉOCLOUDS : L'IA COMME SERVICE
Le cloud, c'est la possibilité pour une entreprise d'accéder à distance à des ressources informatiques - stockage de données, puissance de calcul, logiciels - sans avoir à construire ni gérer sa propre infrastructure. Plutôt que d'acheter des serveurs, on les loue. C'est ce modèle qui a permis à des milliers de startups de se lancer sans investissement lourd, et qui est aujourd'hui au cœur de l'économie numérique mondiale.
L'IA a profondément transformé ce marché. Les besoins en puissance de calcul pour entraîner des modèles d'IA sont tels qu'une nouvelle catégorie d'acteurs a émergé : les néoclouds, spécialisés uniquement sur la location de GPU (processeur graphique) à grande échelle, là où les grands clouds généralistes manquent de flexibilité et de disponibilité.
Ce sont ces néoclouds qui incarnent aujourd'hui l'une des tendances boursières les plus explosives autour de l'IA. CoreWeave (CRWV - NASDAQ, CTO) et Nebius (NBIS - NASDAQ, CTO) en sont les deux représentants les plus purs. NVIDIA a d'ailleurs investi directement dans Nebius, signe que même le fabricant des puces mise sur ceux qui les louent.
Les grands clouds historiques - Microsoft Azure (MSFT - NASDAQ, CTO), Oracle OCI (ORCL - NYSE, CTO) - restent incontournables par leur taille et leurs contrats avec les plus grands noms de l'IA. Alphabet (GOOGL - NASDAQ, CTO) occupe quant à lui une position singulière : seul acteur à maîtriser l'ensemble de la chaîne, des puces TPU (Tensor Processing Units - processeurs conçus sur mesure par Google pour l'entraînement de modèles d'IA) aux modèles Gemini en passant par Google Cloud.
PARTIE 9 - LES APPLICATIONS : LA COUCHE LA PLUS VISIBLE
Historiquement, lors des grandes ruées vers l'or, ce sont les vendeurs de pelles qui ont le mieux tiré leur épingle du jeu. Mais à terme, une partie importante de la valeur créée par l'IA pourrait migrer vers ceux qui construiront les applications - ceux qui transforment la puissance brute en produits utilisés par des millions d'entreprises chaque jour.
C'est peut-être le maillon le plus familier pour le grand public, et pourtant le plus difficile à évaluer : ici, la compétition est intense, les modèles économiques évoluent vite, et la frontière entre utilisateur et créateur d'IA s'estompe rapidement. |
Palantir (PLTR - NASDAQ, CTO), Salesforce (CRM - NYSE, CTO) et ServiceNow (NOW - NYSE, CTO) incarnent trois façons différentes de monétiser l'IA au niveau applicatif : l'analyse de données complexes pour la décision, l'automatisation de la relation client, et l'optimisation des processus internes d'entreprise. Trois positionnements distincts, mais un point commun : des revenus récurrents, des marges élevées, et une dépendance croissante de leurs clients à leurs plateformes.
Ces acteurs partagent aussi un risque commun : les créateurs de modèles IA eux-mêmes - OpenAI avec ChatGPT, Anthropic avec Claude, Google avec Gemini - pourraient demain empiéter directement sur leur terrain applicatif. Ces sociétés ne sont pas cotées en bourse pour l'instant, mais leur trajectoire est vertigineuse : Anthropic a par exemple atteint 30 milliards de dollars de revenus annualisés en avril 2026, contre 1 milliard seulement en décembre 2024. Une IPO (introduction en bourse) est d'ailleurs envisagée pour fin 2026 - à surveiller de près.
CONCLUSION
Vous utilisez peut-être déjà Claude, ChatGPT ou Gemini au quotidien. Mais saviez-vous que derrière chaque réponse générée se cache une chaîne industrielle mondiale impliquant des centaines d'entreprises - des mines de gallium aux data centers, des salles blanches taïwanaises aux câbles optiques qui traversent les océans ?
C'est précisément cette chaîne que nous avons voulu cartographier dans cet article. Non pas pour vous dire quoi acheter, mais pour vous aider à comprendre où se crée la valeur - et où elle pourrait se créer demain.
Les modèles comme Claude (Anthropic), ChatGPT (OpenAI) ou Gemini (Google) sont aujourd'hui les visages grand public de cette révolution - mais cette dernière est bien plus profonde.
Le tableau ci-dessous récapitule les principales valeurs citées dans cet article. Lorsque le nom d'une valeur apparaît en bleu, il est cliquable et renvoie directement vers sa fiche valeur sur le site EasyBourse.
La mention « disponible en ligne sur EasyBourse » indique que la valeur est accessible directement depuis la plateforme EasyBourse, sous réserve des conditions habituelles de négociation et de disponibilité des marchés.
TABLEAU RÉCAPITULATIF DES VALEURS CITÉES
| Valeur | Secteur | Marché | Enveloppe | Accès |
| Conception de puces | ||||
| NVIDIA | GPU IA - leader mondial | NASDAQ | CTO | En ligne |
| Broadcom | ASIC sur mesure + networking | NASDAQ | CTO | En ligne |
| AMD | GPU IA - alternative NVIDIA | NASDAQ | CTO | En ligne |
| Marvell Technology | ASIC IA + infrastructure réseau | NASDAQ | CTO | En ligne |
| Qualcomm | Puces IA edge & mobile | NASDAQ | CTO | En ligne |
| Équipementiers | ||||
| ASML | Lithographie EUV - monopole | Euronext Amsterdam | PEA + CTO | En ligne |
| ASM International | Dépôt couches atomiques | Euronext Amsterdam | PEA + CTO | En ligne |
| Applied Materials | Dépôt & gravure | NASDAQ | CTO | En ligne |
| Lam Research | Gravure plaques silicium | NASDAQ | CTO | En ligne |
| KLA Corporation | Contrôle qualité | NASDAQ | CTO | En ligne |
| Advantest | Test de puces IA | Tokyo SE | CTO | Indisponible |
| Teradyne | Test de puces | NASDAQ | CTO | En ligne |
| Besi | Équipements packaging | Euronext Amsterdam | PEA + CTO | En ligne |
| ASMPT | Équipements packaging | Hong Kong SE | CTO | Indisponible |
| Semco Technologies | Chucks électrostatiques - small cap française | Euronext Growth Paris | PEA-PME + PEA | En ligne |
| Fabrication et assemblage | ||||
| TSMC | Fonderie - leader mondial | NYSE (ADR) | CTO | En ligne |
| Tower Semiconductor | Fonderie spécialisée | NASDAQ | CTO | En ligne |
| GlobalFoundries | Fonderie spécialisée | NASDAQ | CTO | En ligne |
| ASE Technology | OSAT n°1 mondial | NYSE (ADR) | CTO | En ligne |
| Amkor Technology | OSAT n°2 mondial | NASDAQ | CTO | En ligne |
| Fabrinet | OSAT photonique & réseau | NYSE | CTO | En ligne |
| Mémoire | ||||
| Micron Technology | Mémoire HBM & DRAM | NASDAQ | CTO | En ligne |
| Sandisk | Stockage flash NAND | NASDAQ | CTO | En ligne |
| Infrastructure data centers | ||||
| Schneider Electric | Énergie & refroidissement | Euronext Paris | PEA + CTO | En ligne |
| Vertiv | Énergie & refroidissement | NYSE | CTO | En ligne |
| Monolithic Power Sys. | Gestion énergie composants | NASDAQ | CTO | En ligne |
| Infineon | Gestion énergie composants | Francfort | PEA + CTO | En ligne |
| ON Semiconductor | Gestion énergie composants | NASDAQ | CTO | En ligne |
| Texas Instruments | Gestion énergie composants | NASDAQ | CTO | En ligne |
| Cloud & Néoclouds | ||||
| Microsoft | Cloud Azure & IA | NASDAQ | CTO | En ligne |
| Oracle | Cloud OCI & IA | NYSE | CTO | En ligne |
| CoreWeave | Néocloud GPU | NASDAQ | CTO | En ligne |
| Nebius | Néocloud GPU Europe | NASDAQ | CTO | En ligne |
| Alphabet | Cloud + modèles Gemini | NASDAQ | CTO | En ligne |
| Applications & logiciels IA | ||||
| Palantir | Analyse de données & décision IA | NASDAQ | CTO | En ligne |
| Salesforce | CRM & agents IA | NYSE | CTO | En ligne |
| ServiceNow | Automatisation processus entreprise | NYSE | CTO | En ligne |
| ETF thématiques | ||||
| Amundi PEA Japon TOPIX | Marché japonais (Shin-Etsu, Ibiden, Kyocera...) | Euronext Paris | PEA + CTO | EasyTrade (0€ achat) |
| Franklin FTSE Taiwan ETF | Marché taïwanais (TSMC, ASE, Unimicron...) | Euronext Paris | CTO | En ligne |
| OPCVM - Gestion active IA | ||||
| Echiquier Artificial Intelligence B EUR | Fonds pionnier IA - La Financière de l'Echiquier | Luxembourg | CTO | En ligne |
| ODDO BHF Artificial Intelligence CR-EUR | Fonds actif IA - ODDO BHF Asset Management | Luxembourg | CTO | En ligne |
Capelle Simon
Publié le 22 Mai 2026