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Interview de Gilles AVENARD : Président - directeur général de Acticor Biotech

Gilles AVENARD

Président - directeur général de Acticor Biotech

Réduire le handicap sévère provoqué par les AVC

Publié le 20 Octobre 2021


A quel besoin répond Acticor Biotech ?


L’AVC est aujourd’hui une des premières causes d’invalidité chez l’adulte et la 2ème cause de décès dans le monde.
Acticor Biotech cible les AVC ischémiques aigus, qui représentent 85% des AVC, qui sont générés par un caillot dans une artère cérébral, par opposition aux 15% d’AVC hémorragique qui résultent de la rupture d’un vaisseau cérébral.
Le traitement usuel des AVC ischémiques nécessite une prise en charge très rapide (moins de 4h30), par des équipes très spécialisées, et au final 15% des patients peuvent se faire traiter par thrombolyse (injection d’une substance pour dissoudre le caillot) et 5% des patients par thrombectomie (extraction mécanique en général par cathéter).
Cependant, 50% des patients ainsi traités présentent encore des handicaps.
Le grand défi auquel se heurtent ces différents traitements est le risque d’hémorragie cérébrale.
Il y a ainsi un besoin urgent d’un médicament antithrombotique (« anti-caillots ») qui n’augmente pas les risques d’hémorragie. C’est à ce défi que s’attelle Acticor Biotech.

Comment limiter ce risque d’hémorragie cérébrale ?

Le traitement usuel par thrombolyse avec le médicament de référence utilisé depuis 20 ans (l’altéplase) dissout la fibrine des caillots mais n’empêche pas les agrégations de plaquettes et donc le maintien d’une sorte de caillot.
Il faut donc agir sur les plaquettes. Il faut les empêcher de s’agréger tout en ne rendant pas le sang trop fluide ce qui renforcerait le risque d’hémorragie.
Nous avons identifié une glycoprotéine qui est le principal récepteur de l’activation et de l’agrégation des plaquettes. Cette glycoprotéine favorise ainsi la formation de caillots mais a en même temps la particularité de ne pas être impliquée dans l’arrêt du saignement.
L’objectif est donc d’inhiber cette glycoprotéine pour entraver ainsi les agrégations de plaquettes sans pour autant favoriser les hémorragies.
Notre candidat médicament, le Glenzocimab, répond à cet objectif. Il est first-in-class, c’est-à-dire qu’il est le plus avancé dans son développement et dans les étapes en vue de sa commercialisation.

Quels sont vos premiers résultats ?

Nous avons 2 programmes cliniques en phase 2/3.
Les objectifs cliniques attendus portent sur l’utilisation du Glenzocimab en complément de l’altéplase. Avec l’utilisation de notre médicament, les patients avec un handicap sévère diminuent de 38 à 22%.

Quel potentiel et quel développement pour le Glenzocimab ?

Le potentiel est considérable car l’AVC ischémique pose un problème de santé publique majeur avec un fort impact sociétal et économique. On estime le coût annuel total de l’AVC à plus de 60 milliards d’euros dans l’UE en 2017 du fait des dépenses de santé, des soins de prise en charge du handicap, et des pertes de productivité.
Plus précisément, nous pouvons viser en 2026 environ 800 000 patients potentiels pour une taille de marché dépassant largement 1 milliard d’USD.
Pour le Glenzocimab, nous aurons des résultats importants début 2022 et nous visons une autorisation de mise sur le marché en 2026 pour l’indication AVC.
Nous avons aussi engagé des programmes cliniques pour l’utilisation du Glenzocimab dans le COVID19, actuellement en Phase 2 et qui pourrait représenter une opportunité de partenariat pour Acticor Biotech, mais aussi également dans l’embolie pulmonaire ou l’infarctus du myocarde (étude Phase 2 pour ces 2 dernières indications). Nous pouvons ainsi couvrir plus globalement les urgences cardio-vasculaires.

Quel est votre panorama concurrentiel ?

Le plus proche concurrent est un allemand, AdvanceCor, qui est en Phase 2 sur un médicament qui cible la même glycoprotéine que Glenzocimab mais sur des indications de maladie coronarienne et de sténose carotidienne. Ils sont en phase préclinique sur l’AVC.
D’autres sociétés proposent d’autres mécanismes d’action, en complément ou en remplacement de l’actiplase.
Au final, le paysage concurrentiel reste faible, les Big Pharmas sont plutôt en attente d’innovation, et nous sommes les plus proches d’une mise sur le marché.
Nous disposons aujourd’hui de 3 familles de brevets pour protéger le Glenzocimab.

Pourquoi une introduction en bourse ?

L’objectif est de lever environ 20 millions d’euros pour financer notre développement jusqu’en 2023.
62% des fonds seront dédiés à nos programmes cliniques, 20% au développement et à la production pharmaceutique, et 18% aux autres dépenses générales de la société.
Nous avons préféré l’introduction en bourse à l’entrée de nouveaux investisseurs car notre actionnariat est déjà très ouvert à des fonds d’investissement.
L’engagement de nos actionnaires actuels reste fort puisqu’ils se sont engagés sur un montant total de 10,3 M€, soit 51,3% de la taille nominale de l’opération.
Les particuliers peuvent ainsi nous rejoindre dans notre actionnariat à l’occasion de cette introduction en bourse qui est ouverte jusqu’au 26 octobre.





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Propos recueillis par Jean-Baptiste Barbier