Abigail Schönach
Spécialiste investissement chez Tikehau Capital
Tikehau Capital : défense, intelligence artificielle, sécurité énergétique... Comment investir dans la souveraineté européenne ?
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Publié le 04 Novembre 2026
| Pour commencer, pourriez-vous présenter Tikehau Capital et le Tikehau European Sovereignty Fund, lancé fin 2023 ? Pourquoi avoir choisi de miser sur la souveraineté européenne et dans quels types d’entreprises investissez-vous concrètement ? | |
| « Une thématique d’investissement, aussi porteuse soit-elle, ne suffit pas à elle seule à justifier un investissement. » | |
Tikehau Capital est un groupe international de gestion d’actifs qui gère aujourd’hui plus de 53 milliards d’euros d’encours, répartis entre plusieurs classes d’actifs, notamment le crédit, le capital-investissement, les actifs réels et les stratégies cotées. Ces dernières représentent plus de 6 milliards d’euros d’actifs sous gestion (au 30/09/2026), au travers de stratégies actions, crédit et flexibles.
La souveraineté européenne constitue une conviction profondément ancrée dans notre philosophie d’investissement. Nous avons commencé à nous positionner sur les secteurs stratégiques bien avant que cette thématique ne s’impose au premier plan des préoccupations économiques et géopolitiques.
Cette expertise s’est notamment construite au travers de nos activités de capital-investissement. Dès 2018, nous avons lancé un fonds consacré à la décarbonation, suivi d’une stratégie dédiée à la cybersécurité en 2019, puis d’un fonds spécialisé dans la défense en 2020. Ces initiatives nous ont permis de développer une connaissance approfondie des enjeux industriels et technologiques associés à la souveraineté, tout en nouant des relations privilégiées avec les principaux acteurs de ces écosystèmes.
C’est dans le prolongement de cette expérience que nous avons lancé, fin 2023, Tikehau European Sovereignty Fund, afin de transposer notre expertise des marchés privés à l’univers des entreprises cotées.
Notre ambition repose sur un double objectif : rechercher une performance financière attractive sur le long terme et accompagner le développement d’entreprises qui contribuent concrètement au renforcement de l’autonomie stratégique européenne.
Pour cela, nous avons structuré notre approche autour de cinq piliers complémentaires :
LES CINQ PILIERS DE LA STRATÉGIE
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Ces différentes thématiques répondent à des besoins structurels qui devraient mobiliser des investissements considérables au cours des prochaines années.
Notre démarche ne consiste toutefois pas à investir indistinctement dans toutes les entreprises exposées à ces secteurs. Nous privilégions une sélection rigoureuse de sociétés présentant des perspectives de croissance clairement identifiées, des avantages concurrentiels durables et des barrières à l’entrée significatives.
Nous privilégions également les entreprises affichant des marges robustes et une rentabilité attractive des capitaux investis, tout en veillant à maintenir une discipline rigoureuse en matière de valorisation boursière.
Notre conviction est qu’une thématique d’investissement, aussi porteuse soit-elle, ne suffit pas à elle seule à justifier un investissement. La qualité intrinsèque des entreprises et leur valorisation restent déterminantes dans nos décisions de gestion.
| La crise énergétique a révélé la forte dépendance de l’Europe aux importations de gaz et de pétrole. Comment cet enjeu de sécurité des approvisionnements se traduit-il dans votre portefeuille et quelles entreprises vous semblent les mieux positionnées pour en bénéficier ? | |
| « La volonté des États de sécuriser leurs sources d’approvisionnement soutient structurellement la demande de GNL. » | |
La sécurisation des approvisionnements énergétiques constitue désormais un enjeu stratégique majeur, non seulement pour l’Europe, mais également à l’échelle mondiale. Cette évolution crée des opportunités pour les entreprises qui disposent de technologies essentielles au transport, à la distribution et à l’utilisation des ressources énergétiques.
Notre approche consiste précisément à identifier les acteurs européens dont le positionnement industriel et les avantages concurrentiels leur permettent de bénéficier durablement de ces transformations.
GTT, Gaztransport & ; Technigaz, constitue une illustration particulièrement représentative de cette conviction.
Cette entreprise française occupe une position de leader mondial dans les technologies de membranes destinées au transport maritime du gaz naturel liquéfié (GNL). Son expertise technologique et les importantes barrières à l’entrée de son marché lui confèrent un avantage concurrentiel particulièrement solide.
La volonté des États de sécuriser leurs sources d’approvisionnement soutient structurellement la demande de GNL.
Son carnet de commandes représente près de 2 milliards d’euros de revenus déjà sécurisés, soit plus de deux années de chiffre d’affaires.1 Cette profondeur du carnet de commandes lui permet de disposer d’une visibilité particulièrement importante sur ses perspectives commerciales et financières.
Nous détenons également Air Liquide, autre acteur industriel européen de premier plan.
Leader mondial des gaz industriels, le groupe occupe une place essentielle dans de nombreuses chaînes de valeur et bénéficie de besoins structurels liés à l’évolution des procédés industriels. Il a notamment enregistré une croissance à deux chiffres du résultat net au premier semestre de l’année.
Ces deux entreprises illustrent notre volonté de privilégier des sociétés dont les produits, les technologies ou les infrastructures jouent un rôle central dans la transformation des systèmes énergétiques et industriels.
L’enjeu est de s’exposer à des entreprises capables de tirer parti de ces besoins structurels tout en présentant des fondamentaux financiers solides.
1. Source : Résultats publiés par l’entreprise, au 30/09/2026
| L’essor de l’intelligence artificielle ne profite pas uniquement aux géants américains. De nombreuses entreprises européennes jouent également un rôle essentiel dans les semi-conducteurs, les infrastructures et l’alimentation énergétique des centres de données. Comment un investisseur particulier peut-il s’exposer à cette tendance et quelles entreprises privilégiez-vous dans le fonds ? | |
| « Il est possible de s’exposer à la croissance de l’intelligence artificielle sans nécessairement investir directement dans les grands groupes technologiques américains. » | |
Lorsque l’on évoque l’intelligence artificielle, nous avons tendance à penser spontanément aux grandes entreprises technologiques américaines, qui dominent aujourd’hui le développement des modèles et des applications.
Pourtant, cette révolution technologique repose sur un écosystème industriel beaucoup plus vaste, au sein duquel plusieurs entreprises européennes occupent des positions clés.
Nous considérons ainsi qu’il est possible de s’exposer à la croissance de l’intelligence artificielle sans nécessairement investir directement dans les grands groupes technologiques américains.
Cette approche permet également de diversifier son exposition en privilégiant les entreprises qui fournissent les équipements, les technologies et les infrastructures indispensables au déploiement de l’IA.
Au sein du fonds, nous identifions principalement deux grandes sources d’opportunités.
La première concerne les semi-conducteurs et les équipements nécessaires à leur fabrication.
L’essor de l’intelligence artificielle entraîne une augmentation considérable des besoins en puissance de calcul. Cette dynamique soutient la demande de puces électroniques toujours plus performantes et, par conséquent, celle des technologies indispensables à leur production.
Dans ce domaine, nous détenons notamment ASML, entreprise néerlandaise qui bénéficie d’un positionnement concurrentiel singulier.
ASML est le seul fabricant mondial de machines de lithographie utilisant la technologie des ultraviolets extrêmes (EUV), indispensable à la fabrication des semi-conducteurs les plus avancés.
La complexité de cette technologie, les investissements nécessaires à son développement et le savoir-faire accumulé par l’entreprise constituent des barrières à l’entrée considérables.
Cette position lui permet d’occuper une place centrale dans la chaîne de valeur mondiale des semi-conducteurs et de bénéficier de l’augmentation des investissements destinés à répondre aux besoins de l’intelligence artificielle.
La deuxième source d’opportunités concerne les infrastructures nécessaires au fonctionnement des centres de données.
Le déploiement de l’IA s’accompagne d’une augmentation massive des besoins en électricité, en équipements de refroidissement et en construction des centres de données.
Or, plusieurs groupes industriels européens disposent d’une expertise particulièrement reconnue dans ces domaines.
C’est notamment le cas de Schneider Electric, présent dans notre portefeuille et pour qui environ un tiers du chiffre d’affaires du groupe est lié aux centres de données.2 L’entreprise, active dans l’expansion du refroidissement liquide, a connu une forte croissance de bénéfice net par action attendue (+30% en 2026, +23% en 2027).3
Il est également intéressant de constater que plusieurs de ces valeurs ont connu des corrections boursières depuis le début de l’année, dans un environnement marqué par les incertitudes géopolitiques et les interrogations sur leurs conséquences pour l’industrie.
Nous estimons que ces mouvements de marché ne reflètent pas toujours l’évolution de leurs fondamentaux.
Certaines entreprises européennes présentent désormais des valorisations que nous jugeons attractives, notamment par comparaison avec leurs homologues américaines, alors même que leurs perspectives de croissance peuvent être similaires.
Enfin, il convient de souligner un élément essentiel de notre approche : ces entreprises ne sont pas exclusivement dépendantes de l’intelligence artificielle.
Il s’agit de groupes industriels diversifiés, dont les activités répondent également à d’autres besoins structurels, notamment l’électrification, l’automatisation industrielle ou la modernisation des infrastructures.
Cette diversification constitue, selon nous, un avantage important. Elle permet de participer au développement de l’intelligence artificielle tout en limitant la dépendance du portefeuille au succès d’une seule technologie ou d’un segment particulier du marché.
2. Source : FY2025 résultats de l’entreprise
3. Source : Schneider Electric consensus, publié le 12/10/2026
| La santé représente environ 20,4 % du portefeuille, ce qui en fait l’un des principaux piliers du fonds. La crise sanitaire et les pénuries de médicaments ont mis en évidence les dépendances de l’Europe. Pourquoi l’autonomie sanitaire constitue-t-elle un enjeu de souveraineté et quelles entreprises illustrent cette conviction ? | |
| « La souveraineté sanitaire ne repose pas uniquement sur la capacité à découvrir de nouveaux médicaments, mais également sur celle de les produire à grande échelle. » | |
Les crises sanitaires et les perturbations des chaînes d’approvisionnement ont mis en évidence une réalité essentielle : la souveraineté sanitaire ne repose pas uniquement sur la capacité à découvrir de nouveaux médicaments, mais également sur celle de les produire à grande échelle.
Pour l’Europe, disposer de capacités industrielles suffisantes afin de fabriquer des traitements essentiels constitue donc un enjeu stratégique majeur.
Cette autonomie est indispensable pour limiter les risques de pénurie, sécuriser l’accès aux médicaments et renforcer la résilience des systèmes de santé face à d’éventuelles crises.
Dans ce contexte, notre approche consiste à élargir le champ d’investissement au-delà des laboratoires pharmaceutiques traditionnels.
Nous nous intéressons également aux entreprises qui fournissent les équipements, les technologies et les capacités de production nécessaires à la fabrication des médicaments.
Cette démarche permet d’identifier des acteurs qui occupent une position essentielle dans la chaîne de valeur pharmaceutique, sans nécessairement dépendre du succès commercial d’un traitement particulier.
Un exemple particulièrement intéressant concerne les entreprises spécialisées dans les équipements utilisés pour produire les nouvelles générations de médicaments contre le diabète et l’obésité, notamment les traitements de la famille des GLP-1.
Ces médicaments connaissent actuellement un développement considérable et nécessitent des investissements industriels importants pour accompagner l’augmentation de la demande.
Nous investissons dans Bachem, un fabricant de peptides, composants essentiels utilisés dans les médicaments à base de GLP-1.
L’intérêt de cet investissement réside dans la possibilité de bénéficier de la croissance de ce marché sans s’exposer directement à la concurrence entre les différents laboratoires pharmaceutiques.
Cette approche permet de participer à la croissance de segments particulièrement dynamiques tout en contribuant au renforcement des capacités industrielles nécessaires à la production de traitements innovants.
Elle illustre également notre conviction selon laquelle la souveraineté sanitaire doit être appréhendée dans l’ensemble de sa chaîne de valeur, depuis l’innovation jusqu’à la fabrication.
| Portées par l’augmentation des budgets militaires européens, les valeurs de la défense ont fortement progressé avant de connaître une correction significative. Cette baisse constitue-t-elle une opportunité d’investissement ou un signal de prudence ? Les perspectives du secteur restent-elles solides ? | |
| « Le réarmement européen relève davantage d’une transformation structurelle que d’un simple cycle d’investissement. » | |
La correction observée sur les valeurs européennes de la défense depuis le début de l’année mérite d’être analysée avec attention, car elle résulte de plusieurs facteurs qui ne remettent pas nécessairement en cause les perspectives structurelles du secteur.
Le premier facteur tient au positionnement des investisseurs.
Après une période de forte progression boursière, les valeurs de la défense étaient devenues des positions particulièrement consensuelles dans les portefeuilles.
Cette concentration des investissements a favorisé d’importantes prises de bénéfices au début de l’année. Les réductions d’exposition opérées par certains investisseurs ont ainsi amplifié la correction des cours.
Le deuxième facteur concerne les incertitudes macroéconomiques et budgétaires.
Des craintes sur un potentiel ralentissement de la croissance européenne et l’augmentation de l’endettement public ont alimenté des interrogations sur la capacité des gouvernements à financer durablement la hausse annoncée de leurs dépenses militaires.
Ces inquiétudes ont pesé sur les anticipations des investisseurs, malgré la volonté politique affichée de renforcer les capacités de défense du continent.
Le troisième facteur réside dans la sensibilité du secteur aux évolutions géopolitiques.
Les valeurs de la défense réagissent fortement aux annonces diplomatiques et aux perspectives de résolution des conflits, notamment en Ukraine et au Moyen-Orient.
La simple anticipation d’une désescalade ou d’un éventuel accord de paix peut provoquer des mouvements boursiers significatifs, même lorsque les besoins d’équipement des forces armées demeurent inchangés.
Enfin, les valorisations élevées atteintes par certaines entreprises avaient considérablement renforcé les attentes du marché.
Dans cet environnement, le moindre retard opérationnel ou décalage dans l’exécution des commandes pouvait entraîner une réaction boursière disproportionnée.
Pour autant, notre conviction sur les perspectives de long terme du secteur reste intacte.
Nous considérons que le réarmement européen répond à des besoins structurels profonds, qui dépassent largement les évolutions conjoncturelles ou les fluctuations des marchés financiers.
Cette dynamique repose tout d’abord sur plusieurs décennies de sous-investissement dans les capacités militaires européennes.
Elle s’inscrit également dans un contexte de désengagement relatif des États-Unis, qui conduit les pays européens à assumer une responsabilité croissante dans leur propre sécurité.
L’Europe doit aujourd’hui moderniser ses équipements, reconstituer ses stocks, renforcer ses capacités industrielles et développer une autonomie stratégique plus importante.
Ces objectifs impliquent des investissements considérables, qui devraient s’inscrire dans la durée.
Par ailleurs, les entreprises du secteur bénéficient d’une visibilité sur leur activité particulièrement élevée.
Les carnets de commandes de plusieurs grands groupes européens atteignent des niveaux historiques et représentent parfois plusieurs années de chiffre d’affaires. À titre d’exemple, celui de Rheinmetall (une entreprise en portefeuille) dépasse les 60 Mds€ (soit environ 5,5 fois son chiffre d’affaires des 12 derniers mois), offrant une visibilité exceptionnelle à moyen terme.4
Cette profondeur des commandes constitue un indicateur essentiel de la solidité de la demande à moyen terme.
Elle nous conforte dans l’idée que le réarmement européen relève davantage d’une transformation structurelle que d’un simple cycle d’investissement.
Nous estimons donc que les dépenses de défense devraient rester une priorité pour les gouvernements européens, même dans un environnement budgétaire contraint.
Enfin, la correction boursière a permis à certaines entreprises de retrouver des niveaux de valorisation plus intéressants.
Pour un investisseur disposant d’un horizon de long terme, ces ajustements peuvent créer des opportunités d’entrée sur des sociétés dont les fondamentaux demeurent solides.
Notre approche reste néanmoins sélective : nous privilégions les entreprises capables de transformer la croissance de leurs carnets de commandes en chiffre d’affaires, en bénéfices et en génération de trésorerie, tout en conservant une discipline rigoureuse en matière de valorisation.
4. Source : Résultats publiés par l’entreprise, au 30/06/2026
| Un fonds thématique consacré à la souveraineté européenne dépend en partie des décisions politiques et peut connaître d’importantes fluctuations. Quels risques les investisseurs doivent-ils prendre en compte et comment les maîtrisez-vous dans votre gestion ? | |
| « L’incertitude politique peut constituer une source d’opportunités, et pas uniquement un facteur de risque. » | |
Il est important de rappeler que notre stratégie ne repose pas uniquement sur l’anticipation de décisions politiques ou sur les annonces de programmes d’investissement publics.
Nous sommes convaincus que les besoins auxquels répondent les entreprises du portefeuille — sécurité, technologies stratégiques, capacités industrielles ou infrastructures essentielles — s’inscrivent dans des transformations économiques profondes et durables.
Ces besoins ne disparaissent pas avec un changement de gouvernement ou une évolution ponctuelle des priorités budgétaires.
Cela étant, nous sommes pleinement conscients que les décisions politiques et réglementaires peuvent avoir une influence significative sur les perspectives des entreprises et sur leur valorisation boursière.
Les arbitrages budgétaires, les politiques industrielles, les évolutions réglementaires ou encore les tensions géopolitiques constituent autant de facteurs susceptibles de provoquer des fluctuations importantes.
Pour maîtriser ces risques, notre premier levier repose sur une diversification rigoureuse du portefeuille.
Nous veillons à répartir nos investissements entre plusieurs pays européens, différentes thématiques stratégiques et des entreprises exposées à des marchés finaux distincts.
Cette diversification vise à limiter la dépendance de la performance du fonds à une décision politique particulière, à une évolution réglementaire ou à un événement affectant un secteur spécifique.
Notre deuxième levier repose sur une gestion active et une surveillance permanente de l’environnement économique et politique.
Nous suivons attentivement les évolutions susceptibles de modifier les perspectives des entreprises et ajustons nos positions lorsque nous estimons que le niveau de risque devient moins favorable.
À titre d’exemple, entre la fin de l’année 2025 et le mois d’août 2026, nous avons réduit de plus de 15 % notre exposition aux sociétés cotées françaises.
Cette décision répondait notamment à notre volonté de limiter les incertitudes entourant les élections françaises de 2027 et les discussions budgétaires prévues à l’automne 2026.
Il s’agit d’une illustration concrète de notre capacité à adapter le portefeuille en fonction de l’évolution des risques identifiés.
Toutefois, il convient également de souligner que l’incertitude politique peut constituer une source d’opportunités, et pas uniquement un facteur de risque.
Les marchés financiers peuvent parfois réagir de manière excessive à certaines annonces, en intégrant dans les cours des scénarios particulièrement défavorables.
Lorsque ces anticipations ne s’accompagnent pas d’une dégradation réelle des fondamentaux des entreprises, les corrections peuvent créer des points d’entrée intéressants.
Notre rôle consiste précisément à distinguer les risques susceptibles d’affecter durablement la valeur économique d’une entreprise des fluctuations de marché qui ne remettent pas en cause ses perspectives de long terme.
En définitive, notre processus d’investissement reste fondé sur l’analyse fondamentale.
La qualité du modèle économique, la solidité du bilan, le positionnement concurrentiel et la valorisation demeurent au cœur de nos décisions.
Nous cherchons avant tout à investir dans des entreprises capables de créer de la valeur sur la durée, indépendamment des fluctuations politiques et des mouvements de marché à court terme.
| Le Tikehau European Sovereignty Fund est éligible au PEA et à l’assurance-vie, avec un horizon d’investissement recommandé d’au moins cinq ans. À quel profil d’épargnant s’adresse-t-il et quelle place peut-il occuper dans un portefeuille diversifié ? | |
| « La souveraineté européenne constitue, selon nous, une dynamique appelée à se déployer sur plusieurs années, voire plusieurs décennies. » | |
Le Tikehau European Sovereignty Fund s’adresse principalement aux investisseurs qui disposent d’un horizon de placement de long terme et souhaitent accompagner les transformations structurelles de l’économie européenne.
La souveraineté européenne constitue, selon nous, une dynamique appelée à se déployer sur plusieurs années, voire plusieurs décennies.
Les investissements nécessaires au renforcement des capacités industrielles, technologiques, sanitaires et militaires du continent s’inscrivent en effet dans des cycles longs.
Il est donc essentiel d’adopter un horizon d’investissement suffisamment étendu pour permettre aux entreprises concernées de concrétiser leurs perspectives de croissance.
Le fonds étant investi en actions, il s’adresse également à des épargnants qui présentent une certaine appétence pour les marchés boursiers et qui sont en mesure d’accepter leurs fluctuations.
Cette exposition implique naturellement un risque de volatilité et de perte en capital, en contrepartie d’un potentiel de rendement à long terme qui demeure incertain.
Notre philosophie de gestion vise néanmoins à privilégier des entreprises de qualité, disposant de fondamentaux solides, d’avantages concurrentiels durables et de modèles économiques que nous considérons comme relativement résilients.
Nous cherchons ainsi à sélectionner des sociétés capables de bénéficier des transformations structurelles de leurs marchés tout en conservant une certaine robustesse face aux évolutions de l’environnement économique.
Enfin, ce fonds s’adresse également aux investisseurs qui souhaitent donner une dimension stratégique à leur épargne.
En accompagnant des entreprises qui contribuent au développement des capacités industrielles et technologiques européennes, ils peuvent participer au renforcement de l’autonomie et de la résilience du continent.
Notre ambition est ainsi de conjuguer une recherche de performance financière sur le long terme avec une exposition à des entreprises qui jouent un rôle essentiel dans l’avenir économique et stratégique de l’Europe.
| De plus en plus de sociétés de gestion proposent des fonds consacrés à la souveraineté européenne. Qu’est-ce qui distingue le Tikehau European Sovereignty Fund des stratégies concurrentes ? | |
| « Nous n’avons pas attendu que la souveraineté européenne devienne une thématique d’investissement largement reconnue pour nous intéresser à ces industries. » | |
Notre principal facteur de différenciation réside dans l’expertise que Tikehau Capital a développée depuis de nombreuses années dans les secteurs stratégiques européens.
Nous n’avons pas attendu que la souveraineté européenne devienne une thématique d’investissement largement reconnue pour nous intéresser à ces industries.
Comme je l’évoquais précédemment, nous avons commencé à investir dans plusieurs de ces domaines dès 2018, notamment au travers de nos activités de capital-investissement consacrées à la décarbonation, à la cybersécurité et à la défense.
Cette antériorité nous a permis d’acquérir une connaissance approfondie des enjeux industriels, technologiques et économiques propres à ces secteurs.
Elle constitue aujourd’hui un atout important dans la gestion de notre stratégie investie en entreprises cotées.
L’une de nos spécificités réside précisément dans les synergies entre nos équipes spécialisées dans les marchés privés et celles qui interviennent sur les marchés cotés.
Cette collaboration nous permet de bénéficier d’une expertise sectorielle approfondie, construite au contact direct des entreprises et des différents acteurs de leurs écosystèmes.
Au fil des années, nous avons également développé un réseau particulièrement riche de spécialistes, comprenant notamment des dirigeants d’entreprises, d’anciens responsables militaires et des professionnels directement impliqués dans les industries stratégiques.
Ces relations nous donnent accès à des analyses et à des perspectives qui enrichissent notre compréhension des transformations à l’œuvre.
Elles nous permettent notamment de mieux appréhender les enjeux technologiques, les contraintes industrielles, les évolutions de la demande et les dynamiques concurrentielles propres à chaque secteur.
Cette connaissance approfondie constitue un avantage pour identifier les entreprises qui disposent des meilleures perspectives de développement.
Elle nous aide également à distinguer les sociétés réellement positionnées au cœur des transformations structurelles de celles dont l’exposition à la souveraineté européenne pourrait être plus indirecte.
Notre valeur ajoutée repose donc sur la combinaison de trois éléments : une expertise sectorielle ancienne, un réseau de spécialistes particulièrement développé et une approche fondamentale rigoureuse de la sélection des entreprises cotées.
C’est cette complémentarité qui nous permet d’aborder la souveraineté européenne non pas comme une simple tendance de marché, mais comme un véritable univers d’investissement de long terme.
Pour aller plus loin
N'hésitez pas à consulter la fiche transactionnelle Achat/Vente du fonds Tikehau European Sovereignty Fund
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Imen Hazgui
Tikehau Capital : défense, intelligence artificielle, sécurité énergétique... Comment investir dans la souveraineté européenne ?