L'Europe finit dans le rouge avec le recul du luxe, la Fed attendue
par Diana Mandia
28 janvier (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en baisse mercredi, les valeurs du luxe ayant été pénalisées par le ton prudent du géant français LVMH, tandis que les investisseurs attendent la décision de politique monétaire de la Réserve fédérale (Fed) américaine prévue dans la soirée.
À Paris, le CAC 40 a perdu 1,06% à 8.066,68 points. À Francfort, le Dax a reculé de 0,20% et ?à Londres, le FTSE 100 a abandonné 0,52%.
L'indice EuroStoxx 50 a fini en baisse de 0,88%, le FTSEurofirst 300 de 0,85% et le Stoxx 600 de 0,66%.
Les résultats financiers ont donné le ton mercredi en Europe, la déception suscitée par les prévisions de LVMH (-7,8%) sur la reprise de la demande pesant sur la performance de l'ensemble du secteur, qui a abandonné 3,41%.
Les résultats financiers du sud-coréen SK Hynix, un fournisseur de premier plan de Nvidia, et du néerlandais ASML ont initialement déclenché un rallye ?sur les valeurs technologiques, y compris en Europe, mais les gains se sont essoufflés au fil de la journée. Le géant néerlandais, qui a fait état des commandes supérieures aux prévisions, a ainsi terminé en baisse de 1,91%, contre un recul de 0,47% pour l'ensemble du secteur.
Au-delà des résultats d'entreprises, les investisseurs se tournent vers les États-Unis, où la Réserve fédérale (Fed) annoncera sa décision de politique monétaire mercredi à 19h00 GMT et, si un statu quo ?sur les taux est largement attendu, les déclarations de son président Jerome Powell seront très suivies alors que le patron de la banque centrale est menacé d'une enquête pénale par l'administration Trump.
Le locataire de la Maison blanche ?a reproché à plusieurs reprises à Jerome Powell de ne pas avoir procédé aux baisses agressives de taux d'intérêt qu'il juge nécessaires pour relancer l'économie américaine.
Dans le pays voisin, la Banque du Canada (BoC) a laissé mercredi son taux d'intérêt directeur inchangé à 2,25% et son gouverneur a prévenu que le niveau élevé d'incertitude rendait difficile toute projection concernant l'évolution de la politique monétaire.
Plusieurs grandes capitalisations américaines ?dévoileront par ailleurs cette semaine leurs résultats trimestriels, des publications à fort enjeu pour les investisseurs ?à l'affût de preuves que les investissements dans l'intelligence artificielle (IA) portent leurs fruits.
Les investisseurs recevront mercredi, après la clôture de la Bourse de New York, les résultats trimestriels ?de trois grands noms de la tech, Meta, Microsoft et Tesla, avant ceux d'Apple jeudi soir.
VALEURS
Kering et Hermès ont perdu plus de 3%, tandis que Burberry et Richemont ont abandoné 4,7% et 2,2% respectivement, pénalisés par LVMH.
Le compartiment de la santé, qui a fini en recul de 2,39%, pèse aussi sur la tendance en Europe. A Paris, Sanofi s'est replié de 2,7%.
Volvo, dont le bénéfice d'exploitation trimestriel a dépassé les attentes, a pris 2,6%.
A WALL STREET
A l'heure de la clôture en Europe, et en ?attendant la Fed, le Dow Jones grappille 0,01%, le Standard & Poor's 500 recule de 0,13% et le Nasdaq Composite perd 0,11%.
L'optimisme autour de l'IA a par ailleurs brièvement propulsé l'indice S&P 500 au-delà des 7.000 points pour la première fois de son histoire mercredi à l'ouverture.
LES INDICATEURS DU JOUR
L'Allemagne a annoncé mercredi une révision à la baisse de ses prévisions de croissance pour 2026 et 2027 sur fond d'incertitudes en matière de commerce international.
Le gouvernement de la première économie d'Europe table désormais sur ?un produit intérieur brut (PIB) en progression de 1,0% cette année, contre 1,3% précédemment, comme rapporté par Reuters la semaine dernière.
CHANGES
Le dollar s'apprécie mercredi face à un panier de devises de référence, tout en restant près du ?plus bas niveau en quatre ans touché lors de la séance précédente.
Sous pression depuis le retour au pouvoir de Donald Trump en janvier 2025, le billet vert bénéficie ?ce mercredi des déclarations du secrétaire américain au Trésor, Scott ?Bessent, qui a réaffirmé la préférence des États-Unis pour un dollar fort.
Il a par ailleurs nié que les États-Unis intervenaient sur les marchés des devises pour soutenir le yen japonais. Le dollar prend 0,9% par rapport à la devise japonaise après ?les commentaires de Scott Bessent.
L'euro gagne pour sa part 0,92% à 1,1930 dollar.
La monnaie européenne a franchi mardi la barre de 1,20 dollar ?pour la première fois depuis 2021, soulignant la détérioration continue du sentiment envers le dollar.
Ce niveau marque un seuil psychologique crucial pour les investisseurs comme les responsables de la Banque centrale européenne (BCE). Le gouverneur de la Banque de France et membre du conseil des gouverneurs de l'institut de Francfort, François Villeroy de Galhau, a dit mercredi que les responsables de la politique monétaire suivaient avec attention l'appréciation de l'euro et ses conséquences éventuelles sur l'inflation.
TAUX
Les rendements des obligations de la zone euro ont légèrement baissé mercredi, les responsables de la BCE ayant signalé que l'appréciation de l'euro pourrait avoir un effet sur l'inflation et donc l'évolution des taux d'intérêt.
Le rendement du Bund allemand à dix ans a perdu 1,7 point de base à 2,8545%, tandis que celui de l'obligation à deux ?ans, le plus sensible aux anticipations sur les taux, a abandonné 2,6 points de base à 2,0740%.
Les marchés ont légèrement renforcé leurs anticipations d'une baisse des taux de la BCE d'ici l'été, les contrats à terme laissant entrevoir environ 22% de chances d'une baisse des taux d'ici juillet, contre environ 15% mardi.
Aux Etats-Unis, le rendement des Treasuries à dix ans prend 2,4 points de base à 4,2472%. Le deux ans évolue en légère hausse à 3,5773%.
PÉTROLE
Les cours du brut ont atteint leur plus haut niveau depuis septembre, soutenus par les perturbations dans la production aux Etats-Unis, touchés par une violente tempête hivernale, la faiblesse du dollar et les difficultés dans la production kazakhe.
Le Brent prend 0,65% à 68,01 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) 0,82% à 62,90 dollars.
MÉTAUX
Le prix de l'or continue de battre des records et a dépassé mercredi pour la première fois la barre des 5.300 dollars l'once, poussé par l'incertitude économique et l'affaiblissement du dollar américain.
A SUIVRE LE 29 JANVIER :
(Certaines ?données peuvent accuser un léger décalage)
(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Kate Entringer)