États-Unis: L'indice ISM des services au plus haut depuis trois ans et demi en février
4 mars (Reuters) - L'activité du secteur des services aux États-Unis a atteint en février son plus ?haut niveau depuis plus de trois ans et demi, grâce à une forte demande, ce qui conforte les espoirs d'une accélération de la croissance économique au cours ?de ce trimestre.
Cependant, la guerre au Moyen-Orient fait peser un risque sur ce tableau optimiste.
L'Institute for Supply Management a annoncé mercredi que son indice des directeurs d'achat dans le secteur non manufacturier avait augmenté à 56,1 le mois dernier, son plus haut niveau depuis juillet 2022, contre 53,8 en janvier. Les économistes interrogés par ?Reuters avaient prévu un recul de l'indice PMI des services à 53,5.
Un indice supérieur à 50 indique une croissance dans le secteur des services, qui représente plus des deux tiers de l'activité économique américaine.
Le PMI a ?renforcé les prévisions des économistes concernant une croissance économique solide au premier trimestre, ?après un ralentissement du produit intérieur brut à un taux annualisé de 1,4% au quatrième trimestre. L'économie a connu une croissance de 4,4% au ?cours du trimestre juillet-septembre.
L'enquête a toutefois été menée avant que les États-Unis et Israël n'attaquent l'Iran samedi, ce qui a entraîné des représailles de la part de Téhéran et élargi une guerre qui, selon les analystes, peut dégénérer rapidement en un conflit régional ?plus vaste. La guerre a fait grimper les prix du ?gaz naturel et du pétrole et provoqué une volatilité sur les marchés boursiers mondiaux.
Les économistes de Goldman Sachs ?ont estimé que chaque augmentation de 10 dollars du prix du baril de pétrole réduirait la croissance du PIB du quatrième trimestre 2026 d'environ 0,1 point de pourcentage par rapport au quatrième trimestre, si les prix se stabilisaient à un niveau plus élevé.
"Cette estimation reflète un frein à la consommation dû à la baisse du ?revenu réel disponible, partiellement compensé par ?une augmentation des dépenses d'investissement dans le secteur de l'énergie", ont-ils écrit dans une note.
"L'incertitude entourant la durée du conflit et ?la récente baisse de la sensibilité des investissements énergétiques aux prix du pétrole pourraient limiter cette compensation des dépenses d'investissement, poussant le frein au PIB à environ ?0,13 point de pourcentage".
FORTE HAUSSE DES NOUVELLES COMMANDES
L'indice ISM des nouvelles commandes a atteint 58,6 le mois dernier, son plus haut niveau depuis ?septembre 2024, contre 53,1 en janvier.
L'indice des commandes à l'exportation a fortement rebondi, tout comme celui des commandes ?en attente. L'indice des prix payés par ?les entreprises pour leurs intrants a légèrement baissé, passant de 66,6 le mois précédent à 63,0, un niveau qui reste toutefois élevé.
Les économistes de Wells Fargo ont ?estimé qu'une hausse soutenue de 10% des prix du pétrole ajouterait environ 0,3 point ?de pourcentage au taux d'inflation des prix à la consommation en glissement annuel au cours des deuxième et troisième trimestres de cette année.
L'ISM a déclaré lundi dans son rapport sur le secteur ?manufacturier qu'il y avait eu une forte hausse des prix à la sortie des usines. Il a attribué cette hausse à "l'augmentation des prix de l'acier et de l'aluminium qui a un impact sur l'ensemble de la chaîne de valeur, ainsi qu'aux droits de douane appliqués à de nombreux produits importés".
L'indice ISM mesurant ?les livraisons des fournisseurs a reculé à 53,9, contre 54,2 en janvier. Un indice supérieur à 50% indique un ralentissement des livraisons.
Son indice mesurant l'emploi dans le secteur des services a augmenté à 51,8, contre 50,3 en janvier. Il ne s'agit pas d'un indicateur fiable du marché du travail. Le marché du travail s'est stabilisé après avoir connu un ralentissement l'année dernière, attribué par les économistes aux droits de douane.
Selon une enquête Reuters auprès d'économistes, les emplois non agricoles ont probablement augmenté de 59.000 en février, après une accélération de 130.000 en janvier. Le taux de chômage devrait s'être maintenu à 4,3%.
(Reportage Lucia Mutikan, rédigé par Mara Vîlcu, ?édité par Benoit Van Overstraeten et Sophie Louet)