Air France-KLM pénalisée par la flambée du pétrole, le titre plonge

Publié le 23 Mars 2026

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(Zonebourse.com) - La flambée du kérosène, liée aux tensions au Moyen-Orient, pèse lourdement sur Air France-KLM et l'ensemble du secteur aérien. Malgré une stratégie de couverture partielle qui la protège des hausses du kérosène, la compagnie tricolore a fait le choix de répercuter une partie de la facture sur les prix des billets.

Avec quel impact sur la demande ? "Il est encore trop tôt pour le dire", affirme son service de communication. Les investisseurs, eux, jouent la carte de la prudence : le titre affiche un recul de près de 6% ce matin à la Bourse de Paris. Air France-KLM recule de 6% ce matin à Paris, victime, comme ses consoeurs du secteur aérien, de la flambée des cours du pétrole.

Le recul du titre dépasse même les 30% en un mois. Contactée ce matin par Zonebourse, la compagnie tricolore rappelle disposer d'une couverture carburant de l'ordre de 70% sur le trimestre courant et le prochain et indique suivre la situation au Proche-Orient avec la plus grande attention.Concrètement, l'envolée des prix du kérosène est d'environ 150% en 3 semaines, portée par la baisse des exportations de brut au Moyen-Orient et des capacités de raffinage.

"Les contrats à terme anticipent des prix encore nettement supérieurs en 2026, avec 100% au T2 et jusqu'à 63% au second semestre par rapport à 2025", souligne-t-on chez UBS.Chez AlphaValue, on rappelle que la flambée des cours "exerce une pression sur les marges des compagnies aériennes, limite leur pouvoir de fixation des prix et accroît les risques de baisse des prévisions de trafic et de capacité à moyen terme".Ainsi, la couverture partielle mise en place par Air France-KLM ne l'empêche pas s'adapter rapidement pour protéger ses marges.

Le voyageur devra ainsi ajouter 50 euros pour un aller-retour en classe économique sur les vols long-courriers émis depuis le 11 mars et 70 EUR sur les vols vers les États-Unis, le Canada et le Mexique pour les billets émis à compter du 19 mars 2026.De quoi impacter la demande ? "Il est pour l'instant trop tôt pour le mesurer", prévient la compagnie.Dans ces conditions, Saïma Hussain, spécialiste de l'aérien chez AlphaValue, estime que le profil risque/rendement du secteur reste défavorable, avec un potentiel de hausse limité à un rebond technique et un risque baissier en cas de pétrole élevé ou de tensions accrues.

Des pressions supplémentaires pourraient venir d'un ralentissement des cadences et de l'après-vente, pénalisant notamment Safran et MTU."Les risques portent désormais sur d'éventuelles pénuries de kérosène et une rationalisation des capacités, notamment chez les compagnies les moins rentables. À l'inverse, les acteurs affichant des marges EBIT (résultat opérationnel) élevées apparaissent mieux positionnés pour maintenir leur offre", conclut UBS.Copyright (c) 2026 Zonebourse.com - All rights reserved.

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